Une histoire

En étant lucide, objectif et amoureux de la nature, je me demande souvent si la race humaine mérite d'être hébergée sur Terre et j'en conclue que non! Je pense le contraire au sujet de sa conscience et l'imagine universelle. Pour illustrer cette idée et ton titre, une de mes nouvelles intitulée "Réveille de la conscience".
Il est cinq heures trente ; j'ouvre les yeux, subitement.
Un réveil pas comme les autres, trop soudain pour être naturel.
Je me lève, la maison semble vide. Ce n'est pas normal.
J'inspecte les pièces une à une : il n'y a personne.
Quelle est cette rumeur que je perçois au dehors, pénètre à l'intérieur, traverse les murs,
S'infiltre, gronde et baigne maintenant partout jusque sous mes pieds ?
La tête encore embuée de mes dernières vapeurs de sommeil,
Je me dirige vers la fenêtre, l'ouvre et pousse les volets, quant
Un frisson me traverse de la tête aux pieds.
Un paysage de silence s'ouvre à mes yeux;
Un monde entièrement vidé de ses occupants, une terre complètement muette, inerte,
S'offrant un crépuscule trop chaleureux.
Plus bas, pas un son, pas un souffle. Aucun bruit:
Pas de bourdonnement de moteur, pas de chant d'oiseau;
Aucun frisson dans l'air, ni respiration, ni vibration…
Où suis-je ?
Quel est ce monde qui semble ne plus vouloir tourner ?
A mesure que se dissipent mes brumes matinales,
Je perçois plus intensément ce silence enveloppant chaque endroit, chaque recoin,
Avec le soin méticuleux de ne laisser au hasard
Aucune parcelle de terre, aucune molécule de matière.
Seuls résonnent le bruit de mes doigts agrippés au chambranle,
Les coups de marteau dans ma poitrine, recouverts par un chahut grandissant :
…Celui de mes pensées.
Ce que j'avais imaginé, durant mes rêves éveillés,
Était en train de se produire, mais à une échelle qui me dépassait.
Toutes portes battantes, les commerces étaient désertés. Plus aucune trace de matière vivante : Disparue, envolée. Dans un désordre indescriptible,
Les véhicules étaient abandonnés au milieu des rues
Comme si leurs occupants, dans un soudain délire collectif,
Avaient pris le temps de fuir, tranquillement, sans peur, simplement, en douceur.
Mais où sont les fleurs ? Où sont les arbres ?
"Quel est donc ce monde où je ne peux trouver une seule goutte d'eau ?" Pensais-je !
Quand une voix, dans le dos, me répondit :
"Inutile de vous étonner de la sorte, cher ami ! L'eau ne sert à rien ici;
Et puis, il me semble que vous n'en n'ayez nul besoin !..."
Exalté, je me retourne et m’éveille réellement.
Je suis assis par terre, le dos appuyé sur un rocher.
Autour de moi, l’océan à perte de vue, l’horizon à portée de main.
Tout est bleu et plus étrange encore que dans mon rêve;
Seules, les étoiles, que je n'ai jamais vues briller autant, dispensent leur lumière.
Au loin, je distingue un point lumineux un peu plus gros que les autres:
Ce doit être le Soleil, et là, cette rocaille, probablement Pluton,
Nommé aussi Hadès, dieu des Enfers...
Je réalise soudain que je ne suis plus vraiment seul,
Et semble bien… être du bon côté.

Voilier (Sarcelles 95) jeudi 18 octobre 2007