16h00, jardins du Sporting de Monaco: une armée d’ouvriers et de serveurs s’affairent pour finir de dresser le décor «Out of Africa» du dîner de gala. L’endroit est superbe, on s’étonne qu’il n’ait encore jamais été utilisé pour ce type de soirées. Un plancher en teck vernis a été posé sur toute la surface, de grandes voiles sont tendues dans les arbres et un cheminement de photophores conduit aux tables sur lesquelles chaque convive trouvera, en plus de son couvert, un éventail en bois siglé «Gala de la Croix Rouge 2008».

La scène posée en bordure de pinède dos à la plage donne des idées de festival de jazz au directeur artistique de la SBM, Jean-René Palacio. Ses amis Harry Lapp (Jazz à Juan) et Drouot (Nice Jazz) vont sans doute être ravis de l’apprendre...
 
16h30, salle aux Etoiles du Sporting: sur scène les répétitions du concert ont commencé. Bill Wyman joue les chefs d’orchestre, accueillant tour à tour ses «guests stars» de luxe: Donovan, Bertignac, Robin Gibb, Eddie Floyd , Mary Wilson. Les Rhythm Kings de l’ancien bassiste des Rolling Stones, parmi lesquels Albert Lee (guitare), Georgie Fame (claviers) et Gary Brooker (claviers et chant) s’adaptent à tous les répertoires avec une facilité confondante. Pour ces gens là, «répéter» signifie se mettre d’accord sur un morceau et le jouer à la perfection dés le premier jet. Donovan chantera «Mellow Yellow», Robin Gibb «Massachussets», Bertignac «Hey Joe», Garry Brooker «Whiter Shade of Pale» , Mary Wilson «You can’t Hurry Love»... Dans la salle, les «Rock and Folk Boys», Philippe Manoeuvre et Jerome Soligny, n’en reviennent carrément pas.
 
16h45, jardins du Sporting: Philippe Manoeuvre et Frédérique Courtadon, maîtres de cérémonie de la soirée répètent leur texte: «Monseigneur, altesses, mesdames et messieurs, c’est avec un grand honneur, blabla bla...». Dans la bouche du rocker télévisuel, tout en noir, Ray ban et bagues à tête de mort, ces mots sonnent bizarrement. Lui-même ne peut s'empêcher d’éclater de rire en les prononçant. La soirée promet d’être intéressante...
 
 
18h00, coulisses du Sporting: branle-bas de combat général, les danseuses, roadies, fournisseurs, musiciens, photographes, cameramen et chargés de production s'entrecroisent , se bousculent et s’interpellent en plusieurs langues dans les coursives du Sporting. Seul à garder un calme impérial, Jean René Palacio jouit de cette agitation familière des grandes soirées du Sporting. On file enfiler un smoking pour assister à l’arrivée des invités.
 
20h00, jardins: à la lumière tombante du soir, l’endroit est encore plus somptueux. Le défilé des toilettes et des bijoux commence. SAS le prince Albert arrive au bras de Charlène, encadré de ses deux soeurs, les princesses Caroline et Stéphanie. La beauté et l’élégance de Charlène Wittstock, ce soir, éclipse toutes les autres. Pourtant, le modèle féminin standard de la soirée est la bombe blonde d’1,95m (talons aiguilles non compris) en robe couture et parure de diamants. Sidérant ! On s’étonne par contre de voir si peu de people parmi les invités (Denise Fabre et Ivana Trump font figure de vedettes pour les photographes, c’est dire), alors que la moindre soirée blanche à trois euros cinquante les fait fourmiller à Saint-Tropez ou à Cannes. L’explication tient peut-être à un chiffre: ici on paye sa place 1000 euros par tête. Mais c’est pour la bonne cause.
 
23h00, salle aux Etoiles: après le feu d’artifice, Manoeuvre réclame «Un tonnerre d’applaudissements pour Bill Wyman et ses Rhythm Kings»... et obtient une discrète petite salve. Le concert débute néanmoins sous les meilleurs auspices: Ray Charles, Louis Prima, Chuck Berry... Les perles fifties et sixties défilent comme à la parade, carrossées par le big band de Wyman. Ca danse dans le carré princier et les allées du parterre. Les invités se succèdent sur scène, chaque apparition entraînant des oh ! et des ah ! de ravissement dans la foule.
 
2h00, salle aux Etoiles: le groupe continue d’enfiler les succès sans le moindre signe de fatigue ni de lassitude, alors que la salle se vide peu à peu. Arrive Mary Wilson qui casse littéralement la baraque avec les hits des Supremes. Philippe Manoeuvre en tombe ses Ray Ban et file devant la scène prendre une photo de la chanteuse et toucher sa main. Par le miracle de la voix de Mary, il est redevenu un petit enfant du rock. Et le Gala de la Croix Rouge Monégasque, jadis empesé dans son faste mondain, a trouvé, lui aussi, une nouvelle jeunesse.