Bienvenue du côté obscur de la Corse! Le Niçois Fabrice Begotti, qui signe avec Les Francis son premier long-métrage, nous raconte le makin of...


Quelle est la génèse des Francis?
C’est un scénario qu’on avait écrit il y a une douzaine d’années, en arrivant à Paris, avec mon ami Pierre Marie Mosconi, qui joue Antoine dans le film. Je faisais une école de cinéma et lui était apprenti acteur. Personne ne nous attendait et nous passions notre temps à écrire des scénarios. La comédie nous paraissait la meilleure porte d’entrée pour faire du cinéma.Jean Charles est Corse et moi j’ai des origines du côté de ma mère.Nous avons logiquement trouvé l’inspiration dans ce que nous connaissions.Le clivage entre Corse et continentaux nous semblait une bonne matière à comédie. Et de fait, parmi tous les scénarios qu’on a écrits à l’époque, c’est celui-là qui a retenu l’attention des producteurs. Mais il a quand même fallu attendre une dizaine d’années pour le réaliser…

Qu’avez vous fait entre-temps?

Des vidéo clips et de la publicité.Ca me paraissait la meilleure école possible pour le genre de films que je voulais faire.

C’est-à-dire?

Je suis né avec le nouvel Hollywood : Spielberg, Lucas, Coppola…J’ai la culture des blockbusters américains.Mais j’ai aussi adoré les films de De Broca, d’Henri Verneuil, de Georges Lautner, que je regardais en VHS…Du cinéma familial et populaire au bon sens du terme.C’est ce que j’avais envie de retrouver avec Les Francis : une comédie d’action à voir en famille, le samedi soir.

Comment avez-vous composé le casting des Francis?
Je voulais un mélange de nouvelles têtes et de vedettes populaires.Jenifer, je l’avais dirigée dans deux vidéo clips et j’étais certain qu’elle ferait une bonne actrice.En plus, elle est d’origine Corse, elle aussi.Elie Semoun fait un numéro épatant en gendarme. Jacques Dutronc, je le voyais bien en vieux cow-boy, genre Clint Eastwood vieillissant, une sorte de Blondin Corse. Il a été ravi qu’on lui propose autre chose que des rôles de malade ou de suicidaire. Et Claudia Cardinale, pour moi, c’est à jamais l’héroïne féminine d’Il était une fois dans l’Ouest.Or, la Corse, c’est un peu notre Far West à nous…

À l’image, ça ressemble plutôt à l’Irlande comme le remarquent vos héros…

On a tourné au printemps l’an dernier et il faisait un temps pourri. À la fin, c’est devenu un sujet de plaisanterie.La scène où Thomas VDB dit « C’est là qu’on a tourné BraveHeart » était totalement improvisée, mais on l’a gardée en clin d’œil.

D’où vient l’expression « Les Francis »?

C’est une invention de Pierre Marie Mosconi et ses copains, quand ils étaient ados en Corse.C’est comme ça qu’ils appelaient les Français du continent pour s’en moquer.Ca sonne un peu comme Les Bronzés.J’espère que ça restera et qu’on aura le même succès!

Comment envisagez-vous la suite?

Ca dépendra évidemment du succès du film, mais j’espère bien réaliser d’autres films, sans me cantonner à un genre particulier.C’est un peu un hasard si mon premier est une comédie.Il y a d’autres histoires que je voudrais filmer.