En transit dans un hôtel international près de Roissy, après une réunion de travail qui s’est plus ou moins bien passée, un ingénieur en informatique américain (Josh Charles, une découverte), soumis à de lourdes pressions professionnelles et affectives, décide de changer radicalement le cours de sa vie. Il vend les parts de la société qu’il a créée à ses associés et appelle sa femme par Skype pour lui annoncer qu’il ne rentrera pas à la maison. Dans le même temps, une jeune femme de chambre de l’hôtel (Anaïs Demoustiers, parfaite comme d’habitude), qui travaille de nuit pour payer ses études, voit son existence basculer à la suite d’un événement surnaturel. Pendant quelques jours et quelques nuits, leurs destins vont se croiser entre l’hôtel et l’aéroport pour, peut-être, finir par converger…
Bien qu’il n’ait pas été primé à Cannes, où il était présenté en section Un Certain Regard, Bird People, le nouveau film de Pascale Ferran (réalisatrice multicésarisée en 2007 pour Lady Chaterley et l’homme des bois), a été l’un des rares véritables chocs esthétiques de l’édition. Au point que beaucoup estimaient qu’il aurait eu sa place en compétition officielle.
Fable planante, à la fois réaliste et surréaliste, sur le désir de changement dans le monde contemporain, Bird People doit, autant que possible, être vu sans trop en connaître les ressorts scénaristiques, afin de préserver au maximum l’effet de surprise. Disons seulement que sa mise en scène en apesanteur, son esthétique épurée et son interprétation très zen en font un des objets cinématographiques les plus originaux et les plus poétiques de l'année. Un drôle d'oiseau !