Robert Pattinson en limousine?On a déjà vu le film! Il s’appelait Cosmopolis et on s’y était considérablement ennuyé. C’est donc avec une légère appréhension qu’on embarque à ses côtés, sans « Carte des stars » (Maps to the Stars en VO), pour une ballade dans les collines d’Hollywood. Première surprise, le beau Robbie n’est pas la vedette du nouveau film de David Cronenberg.Il n’y tient qu’un second rôle, celui de Jérôme, un apprenti acteur qui, en attendant de percer, joue les chauffeurs de maître pour boucler ses fins de mois. C’est lui qui va conduire la véritable héroïne du film, Agatha (Mia Wasikowska) à la rencontre de son destin.
Que vient faire à Hollywood, cette toute jeune fille, qui cache ses fêlures sous une bonne humeur forcée et de graves brûlures sous ses cheveux et des gants qu’elle porte en permanence malgré la chaleur du soleil californien? C’est ce que l’on découvrira au fil de ses rencontres avec une actrice d’âge mûr (Julianne Moore, épatante) qui intrigue pour obtenir le premier rôle dans le remake d’un film dont sa mère tenait la vedette, un enfant-star (Evan Bird, grande découverte) qui s’apprête à tourner la suite de son premier succès après sa première cure de désintoxication, un psychothérapeute de stars ultra médiatique (John Cusack, toujours parfait) et divers autres personnages, tous plus égocentriques, cyniques, pervers et névrosés les uns que les autres.
Adapté du roman de Bruce Wagner Dead Stars (lui-même tiré d’un script qui n’avait pas trouvé preneur en 2007), Maps to the Stars, dont le titre fait référence aux plans que l’on peut acheter pour quelques dollars à Los Angeles pour aller voir les « maisons de stars » (une arnaque, comme le dit Jérôme à Agatha), est un portrait au vitriol d’Hollywood, que l’on pourra classer directement entre The Player (Robert Altman) et Mulholland Drive (David Lynch) au panthéon des grands films barrés sur l’usine à rêve.
Brillamment dialogué et mis en scène, drôle et cruel à la fois, il mérite de connaître succès en salles, même si Cannes fait la fine bouche et préfère ses Cronenberg dans une veine plus radicale.