Sylvester Stallone, les Expendables, Saint Laurent, Robert Pattinson et Justin Bieber réunis n’ont rien pu y faire : il n’y en avait samedi à Cannes que pour Depardieu et Welcome To New York, le film d’Abel Ferrara sur l’affaire DSK.« Film » est pourtant un grand mot. Pour ce qu’on peut en voir en « vidéo à la demande » (moyennant un tarif prohibitif de 7 e), la chose ressemble plutôt à un téléfilm.Voire à une reconstitution vidéo pour Faites entrer l’accusé. De cinéma, il n’est guère question là-dedans.
Introduit par un petit speech de Gérard Depardieu , expliquant pourquoi il a tenu à faire ce film («Je n’aime pas ces hommes politiques, en fait je les déteste» ), Welcome to New York s’ouvre sur deux scènes de partouzes dignes du porno soft du dimanche soir sur M6. Depardieu y grogne comme un sanglier en rut et se soulage sur des call girls en porte-jarretelles. Le ton est donné. Le viol de Nafissatou Diallo, l’arrestation de DSK (rebaptisé Devereaux), sa comparution devant le juge et son placement en résidence surveillée sont ensuite reconstitués sur la base de ce que tout le monde en sait, façon magazine télé. Arrive Anne Sinclair (Simone dans le film), jouée par Jacqueline Bisset. Ses rapports avec DSK pendant leur séjour new yorkais constituent la suite du programme. La thèse du film (car il y en a une) est que DSK souffrait d’une « dépendance sexuelle » (sic), que sa femme n’en ignorait rien, mais qu’elle l’a poussé malgré tout à se présenter à la présidence de la République par goût du pouvoir et de l’argent.
Cela permet au réalisateur de placer dans la bouche de Depardieu des allusions sur les origines juives et sur la provenance de la fortune de la famille Sinclair, qui devraient logiquement leur valoir des poursuites.Et faire fuir en courant le spectateur qui aurait tenu jusque-là.