Rien de tel qu’une bonne comédie noire pour évacuer les 3h16 d’un film turc éreintant (Winter Sleep) et remonter le moral des troupes sérieusement entamé par un thriller canadien glaçant (Captives d’Atom Egoyan). On remercie donc chaleureusement le Festival d’avoir osé programmer ce petit film à sketches, qui n’avait rien à faire en compétition, mais aura au moins eu le mérite de faire rire aux éclats les festivaliers (ce qui ne leur arrive pas tous les ans)...
Inconnu sur la Croisette, Damian Szifron est un réalisateur argentin de 38 ans, auteur de deux longs métrages inédits en France (El fondo del mar en 20903 et Tiempo de valientes en 2005) qui travaille aussi pour la télévision dans son pays.Surtout, il est produit par Pedro Almodovar, ce qui n’a sans doute pas échappé aux sélectionneurs et a permis au bon Pedro de revenir faire un petit tour à Cannes. Le premier (et le meilleur) des six sketches qui composent Relatos Salvajes (Les nouveaux sauvages) semble d’ailleurs tiré du dernier Almodovar (Les Amants passagers): dans un avion, tous les passagers s’aperçoivent qu’ils connaissent le même homme, un certain Gabriel Pasternak, et tous lui ont causé du tort. Ils risquent de le regretter rapuidement puisque le gars vient justement de s’enfermer dans la cabine de pilotage...La vengeance constitue le fil rouge du film qui, après ce décollage en chandelle, a du mal à tenir le cap, mais finit quand même en beauté avec un diner de mariage qui vire au cauchemar.
Aucune chance au palmarès, mais quelle poilade !