18945285 20130919131540875.jpg-c 100 100 x-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx Après Olivier Dahan (My Own Love Song) et Jérôme Salle (Zulu), Forest Whitaker a une nouvelle fois fait confiance à un réalisateur français, Rachid Bouchareb, pour La voie de l’ennemi, un film noir inspiré de Deux hommes dans la ville (José Giovanni 1973), dans lequel il met pour la deuxième fois ses pas dans ceux d’Alain Delon (Ghost Dog de Jim Jarmusch était déjà une transposition du Samouraï de Melville).L’acteur oscarisé du Dernier roi d’Ecosse, encore nominé cette année pour son admirable prestation dans Le Majordome, explique ses liens privilégiés avec le cinéma français et parle de son travail sur ce tournage…


Qu’est ce qui vous attire particulièrement chez les réalisateurs français?
Ce que je cherche chez un cinéaste, américain, français ou autre, c’est d’apprendre et de m’enrichir grâce à lui.Ils seront comme des guides pour moi, c’est ainsi que je les vois.Les trois réalisateurs français avec lesquels j’ai travaillé sont des artistes au plus profond de leur cœur et de leur être.J’ai vécu des expériences incroyables avec eux parce qu’ils ont une vision particulière.Ils sont uniques en leur genre et racontent des histoires d’une manière magnifique et puissante.

Comment avez-vous rencontré Rachid Bouchareb?
Nous nous sommes vus il y a quelques années à Los Angeles et nous avions parlé de notre envie commune de faire un film ensemble, car j’aime beaucoup son cinéma, que je trouve très original dans le paysage cinématographique.Je savais qu’il me pousserait à aller plus loin dans un profond respect commun.

Aviez-vous vu Deux hommes dans la ville?

Non c’est Rachid qui m’a envoyé le DVD en me disant qu’il voulait en faire un remake américain.L’idée de départ a évolué au fil du temps.Rachid a travaillé sur le scénario pendant deux ans et m’envoyait au fur et à mesure les nouvelles versions pour que nous en discutions.Je lui donnais mon avis sur le personnage de William Garnett.La Voie de l’ennemi a été un vrai travail de collaboration.C’est le genre de relation que j’apprécie et que je recherche chez un réalisateur.

En quoi a consisté votre préparation pour ce film?

J’ai appris l’arabe et l’espagnol et étudié les traditions de la religion musulmane avec un Imam de Los Angeles.Je me suis particulièrement concentré sur les prières qui sont très importantes pour mon personnage car elles lui permettent de canaliser sa violence et de trouver une certaine forme de paix à travers sa relation avec Dieu.J’ai fait assez de films de prison et j’ai rencontré assez de prisonniers pour savoir ce que cela fait d’en sortir et de ne plus sentir cette odeur de métal et de peur à chaque instant. Pour chaque rôle que j’interprète, j’essaie de montrer l’expérience humaine unique du personnage plongé dans une histoire particulière. Ce qui m’importe c’est de comprendre le voyage individuel unique de chaque personnage.

Êtes vous croyant ?

C’est difficile pour moi de vous répondre simplement, car c’est une expérience absolument personnelle et intime.Je crois en la vérité.J’ai étudié différentes traditions religieuses et j’ai pu voir que différentes vérités coexistaient à travers toutes celles-ci.Si on les réunit, il y a une vérité universelle qui émerge et qui est celle qui m’intéresse profondément.