Citoyen Grolandais, Niçois d’adoption, co-réalisateur de films punks (Louise Michel, Mammuth, Le Grand Soir) et jusqu’ici acteur occasionnel, Gustave Kervern tient son premier «premier rôle» dans le nouveau film de Pierre Salvadori, Dans la cour, dont il partage l’affiche avec (excusez du peu !) Catherine Deneuve.Il y campe un dépressif chronique, chanteur de rock et amoureux démissionnaire, buveur de bière invétéré et amateur de sniffette qui , faute de mieux, accepte un job de gardien d’immeuble et s’aperçoit que le voisinage est au moins aussi à la ramasse que lui.Notamment Mathilde (Catherine Deneuve), bénévole dans une association humanitaire, qu’une fissure dans le mur du salon révèle à ses propres déchirures...

On connaissait le réalisateur, on va découvrir l’acteur avec ce film...
Je cherchais effectivement un rôle de comédie quand Pierre Salvadori m’a proposé celui -là. On ne gagne pas d’argent avec nos films, tous les ans je me dis que Groland va s’arrêter (ça va faire 20 ans !) , j’ai 50 balais, deux enfants de 8 et 12 ans à élever...Ce serait pas mal que je trouve un vrai boulot ! (rires)

Pierre Salvadori t’a-t-il dit pourquoi il avait pensé à toi pour ce rôle?

C’était à Cannes l’an dernier, pendant la fête du Grand Soir. J’étais dans l’euphorie de la présentation du film, je me suis retrouvé sur scène avec les Wampas ce qui était mon fantasme ultime puisque j’ai toujours voulu être chanteur de rock.A la fin, j’embrassais tout le monde ! (rires) Pierre était là avec Catherine Corsini, ce que j’ignorais totalement.C’est là , qu’il a eu l’idée de me proposer le rôle d’Antoine.Il cherchait depuis un moment qui pourrait le jouer et ne trouvait pas.Et là à quatre heures du matin , il a eu l’illumination en me voyant ! (rires)

Ce n’est pas la première fois qu’un truc pareil t’arrives à Cannes je crois ?

Non, effectivement.C’est aussi pendant une fête au Festival que j’ai rencontré Moustique et Délépine qui m’ont proposé de les rejoindre comme auteur pour Groland ! C’était la première fois qu’on me proposait du boulot à quatre heures du mat’ (rires)

Comment s’est passée la rencontre avec Deneuve ?
On s’était croisés aux César pour Mammuth.Elle avait traversé la salle pour nous dire qu’elle avait beaucoup aimé le film.Je n’en revenais pas.Pour le tournage, j’étais mort de trouille, mais elle a été géniale.Après notre première scène ensemble ( j’avais bossé le texte comme un dingue), elle m’a invité à déjeuner en tête à tête plutot que d’aller à la cantine.On a parlé de tout et de rien, de jardinage surtout (rires).A la fin du repas, on était collègues.J’avais accès à sa loge, je pouvais caresser son chien et elle m’a initié thé au gingembre.Je n’ai bu que ça pendant tout le tournage !

Tu as eu d’autres propositions de rôles depuis ?
Oui, beaucoup de juenes réalisateurs me proposent des trucs mais c’est souvent un peu trop Grolandais.Au cinéma, j’ai plutôt envie de faire d’autres trucs.J’ai un projet qui me plait bien avec Virginie Effira , un autre avec Soko , Benjamin Biolet et Jean Pierre Daroussin.J’ai aussi un tournage de prévu dans un film de potes avec Corinne Masiero, où on jouera les parents d’un enfant malade...J’ai besoin d’avoir plusieurs trucs en route pour me rassurer, sinon je déprime
A quand le prochain Kervern/Delépine ?
On a tourné un truc à l’arrache, en dix jours, avec Benoit, qu’on espère pouvoir montrer à Cannes.Mais c’est vraiment de l’art et essai et j’ai l’impression qu’ils cherchent plutôt des films qui peuvent marcher.Sinon, on écrit un film pour 2015 :une comédie musicale avec Jean Dujardin et Yolande Moreau, sur des chorégraphies de Phlippe Decoufflé.

Sérieux ?
Mais oui, tu verras.