Après une 66e édition généralement considérée comme l’une des plus réussies de l’histoire du Festival (exceptée pour la météo!), la sélection 2014 était condamnée à décevoir ou à surprendre.C’est la deuxième solution qu’a clairement choisie le délégué général du Festival, Thierry Frémaux, en privilégiant, parmi les quelque 1800 films proposés cette année, les découvertes, les surprises et les films chocs. Une sélection de 18 films qu’il a lui même défini comme « audacieuse » en la présentant, hier matin, à Paris. Elle fait une large place aux films français et francophones, avec, en ouverture, le film d’Olivier Dahan Grace de Monaco et en compétition ceux d’Olivier Assayas (Sils Maria), du Niçois Bertrand Bonello sur Yves Saint Laurent (Saint-Laurent), des frères Dardenne déjà favoris pour une troisième palme d’or (Deux jours une nuit), de Jean-Luc Godard (Adieu au langage) et de Michel Hazanavicius, le réalisateur de The Artist qui revient sur la croisette avec un film de 2h40 (!) sur la guerre de Tchétchénie.

Deux films US
Après une année 2013 très « américaine », le cinéma US est réduit, cette année, à la portion congrue avec deux films en compétition, celui de Tommy Lee Jones, The Homesman, un western sur la Conquête de l’ouest et The Foxcatcher de Benett Miller. .Mais trois films canadiens (ceux de Xavier Dolan, Atom Egoyan et David Cronenberg) et deux Anglais (Mike Leigh et Ken Loach) représenteront le cinéma nord américain et anglophone.Le recul du cinéma asiatique se confirme avec un seul film (Japonais) en compétition et on se réjouit de voir représentés le cinéma Africain (Tombouctou d’Abderrahmane Sissako) et Italien (Les Merveilles d’Alice Rohrwacher).
Quatre films, au moins, risquent de sérieusement diviser la Croisette: celui de Jean Luc Godard, l’histoire d’un chien qui parle en 3D (!), fait déjà figure d’Ofni (Objet filmique non identifié) de l’année.Celui de l’Argentin Damian Szifron, film à sketches totalement surréaliste, risque de réveiller les festivaliers qui devront avaler les 3h16, possiblement indigestes, du film Turc (Sommeil d‘hiver de Nuri Bilge Ceylan) et les 2h20 du film Russe (Leviathan d’Andrey Zvyagintsev).
Au rayon des affaires étrangères, on verra aussi (en séances spéciales) un film sur la crise Ukrainienne (Maidan de Serguei Loznitsa) et un sur la guerre en Syrie (Eau Argentée de Mohammed Ossama). Heureusement, question réjouissances, on pourra quand même compter sur la projection (hors compétition) de Dragons 2, film d’animation 3D, qui sera accompagnée d’une célébration des 20 ans des studios Dreamworks...

Ryan Gosling à UCR
Généralement considérée, comme « la compétition bis », la section Un Certain Regard accueille cette année 19 longs métrages, parmi lesquels on relève le premier film de réalisateur de Ryan Gosling (Lost River avec Chistina Hendricks et Eva Mendes), le deuxième de Mathieu Amalric (La Chambre bleue), adapté de Simenon, le troisième d’Asia Argento (L’Incomprise) qualifié de « très personnel » par Thierry Fremaux, celui de Pascale Ferran (Bord People) 8 ans après Lady Chaterley, et celui de Wim Wenders sur le photographe Sebastiao Salgado (Le sel de la Terre).
Comme la compétition, Un Certain Regard fait une large place aux films francophones ( Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis en ouverture), aux « films du monde» (un Indien, un Grec, un Chinois, un Australien, un de Cote d’ivoire) et aux films possiblement chocs, comme ceux de l’Autrichienne Jessica Hausner (Amour Fou), de l’Israélien Keren Yedaya (Loin de son absence) et de Judy Jung (A Girl At My Door), remake Coréen d’A bout portant de Fred Cavayé , qui promet son lot de décapitations et d’éviscérations...



COMPETITION
Sils Maria d’Olivier Assayas (France)

Saint Laurent de Bertrand Bonello (France)

Sommeil d’hiver de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)

Maps to the Stars de David Cronenberg (Canada)

Deux Jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique)

Mommy de Xavier Dolan (Canada)

Captive d’Atom Egoyan (Canada)

Adieu au langage de Jean-Luc Godard (France)

The Search de Michel Hazanavicius (France)

The Homesman de
Tommy Lee Jones (USA)

Deux Fenêtres de Naomi Kawase (Japon)

Mister Turner de Mike Leigh
(Angleterre)

Foxcatcher de Bennett Miller (USA)

Jimmy’s Hall de Ken Loach, (Angleterre)

La Merveille d’Alice Rohrwacher (Italie)

Relatos Salvajes de Damian Szifron (Argentine)

Leviathan d’Andrey Zvyagintsev (Russie)

Tombouctou d’Abderrhamane Sissako (Mauritanie)

UN CERTAIN REGARD

Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis (France)

Jauja de Lisandro de Alonso (Argentine)

La Chambre bleue de Mathieu Amalric (France)

L’Incomprise d’Asia Argento (Italie)

Titli de Kanu Behl (Inde)

Eleanor Rigby de Ned Benson (USA)

Bird People de Pascale Ferrand (France)

Lost River de Ryan Gosling (USA)

Amour fou de Jessica Hausner (Autriche)

Le Monde de Charlie de Rolf de Heer (Australie)

Snow in Paradise d’Andrew Hulme (GB)

A Girl at My Door de July Jung (Corée)

Xenia de Panos Koutras (Grèce)

Run de Philippe Lacôte (Cote d’Ivoire)

Touriste, force majeure de Ruben Östlund (Suède)

La Belle Jeunesse de Jaime Rosales (Espagne)

Le Sel de la terre de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado (Allemagne)

Fantasia (Chine)

Loin de son absence de Keren Yedaya (Israël)

HORS COMPETITION
Grace de Monaco d’Olivier Dahan (France)

Coming Home de Zhang Yimou (Chine)

Dragon 2 de Dean DeBlois (USA)

Célébration des 70 ans du journal Le Monde
Les Gens du monde d’Yves Jeuland (France)

SEANCES DE MINUIT

The Target de Chang (Thailande)
The Salvation de Kristian Levring (Danemark)
The Rover de David Michod (Australie)

SEANCES SPECIALES
Les ponts de Sarajevo (collectif)
Red Army de Polsky Gabe
Maidan de Sergueï Loznitsa (Russie)
Eau Argentée de Mohammed Ossama (Syrie)
Caricaturistes , fantassins de la démocratie de Stéphanie Valloatto (France)