Lorsque le médecin Colin (Hippolyte Girardot) apprend par mégarde à sa femme Kathryn (Caroline Silhol) que les jours de son patient George Riley sont sans doute comptés, il ignore que celui-ci a été le premier amour de Kathryn. Les deux époux, qui répètent une pièce de théâtre avec leur troupe amateur locale, persuadent George de se joindre à eux. Cela permet à George, entre autres, de jouer des scènes d’amour appuyées avec Tamara (Sabine Azéma), la femme de son meilleur ami Jack (Michel Vuillermoz) , riche homme d’affaires et mari infidèle. Jack, éploré, tente de persuader Monica (Sandrine Kiberlain), l’épouse de George qui s’est séparée de lui pour vivre avec le fermier Simeon (André Dussollier), de revenir auprès de son mari pour l’accompagner dans ses derniers mois. Au grand désarroi des hommes dont elles partagent la vie, George exerce une étrange séduction sur les trois femmes : Monica, Tamara et Kathryn...


Difficile d’émettre un avis critique objectif sur ce qui restera donc le dernier film d’Alain Resnais. La disparition de l’immense cinéaste qu’il fut renforce, évidemment, l’aspect testamentaire du scénario. Adapté d’une pièce d’Alan Ayckbourn, auteur favori du réalisateur (Smoking/No Smoking, Cœurs), le film s’attache aux relations de trois couples, bouleversées pendant quelques mois par le comportement énigmatique d'un ami commun, qu’ils savent malade et proche de la fin.
Mélangeant avec sa maestria habituelle théâtre, cinéma et BD, Resnais offre à Sandrine Kiberlain, André Dussollier, Sabine Azéma, Hippolyte Girardot, Caroline Silhol et Michel Vuillermoz des duos savoureux, pour une critique à la fois malicieuse et cruelle de la vie de couple.
Moins pesant que Vous n’avez encore rien vu, son prédécesseur présenté à Cannes 2012, Aimer, boire et chanter n’est, hélas, pas aussi euphorisant que le laissait espérer son titre, mais mérite d’être vu pour ce qu’il est : la dernière œuvre d’un grand maître qui n’a jamais renoncé à inventer de nouvelles formes pour distraire et émouvoir.