Après Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese dans lequel il jouait un banquier Suisse ripou, on retrouve Jean Dujardin dans une nouvelle production hollywoodienne, Monuments Men, dans laquelle il donne la réplique, entre autres, à George Clooney, Matt Damon, Bill Murray et John Goodman…Excusez du peu! Malgré ses nouvelles fréquentations prestigieuses et son Oscar d’Hollywood, l’ex-Chouchou de Loulou n’a pas pris la grosse tête.Avant de rejoindre ses camarades stars d’Hollywood pour la conférence de presse du film, dans un palace parisien, il a même tenu à rencontrer la presse de province pour parler de son expérience et de ses projets, avec son naturel et son franc-parler habituels. John from the garden is back!

Connaissiez-vous l’histoire des Monuments Men avant de lire le scénario?
Pas du tout, je n’en avais jamais entendu parler et j’ai été très étonné que presque personne ne la connaisse. Je savais qu’il y avait eu cette idée macabre de faire un Führer muséum, mais j’ignorais qu’Eisenhower avait envoyé un commando de spécialistes de l’art pour récupérer des œuvres volées par les nazis. C’était une mission à la fois noble et naïve.

À l’instar de certains des héros du film, pourriez-vous sacrifier votre vie pour sauver une œuvre d’art? Et si oui, laquelle?
Ouh la! Je n’en sais vraiment rien (rires).Je ne suis pas du tout collectionneur, ni amateur d’art.Bien sûr, quand on est devant un Caravage, un Jérôme Bosch ou un Dali, il y a comme une évidence…Mais je peux aussi aimer des croûtes, de vraies merdes (rires). C’est un peu comme avec la musique : dès que je ressens une émotion, ça me plaît.Je m’en fous si c’est ringard.

C’est le deuxième film que vous tournez aux USA.Vous n’avez pas peur d’être cantonné au rôle du français de service?
Tourner avec Scorsese, dans Le Loup de Wall Street, ça ne se refuse pas.En plus, le rôle de banquier suisse pourri était plutôt sympa. Dans le film de George Clooney, je joue un mec bien, pas une caricature de Français. Après, c’est à moi de faire des choix. Je tourne peu en France, ce n’est pas pour accepter toutes les daubes aux États-Unis. On m’y a proposé des rôles complètement idiots que j’ai refusés
Est-ce qu’on vous considère différemment depuis que vous avez décroché l’Oscar du meilleur acteur pour The Artist?
« Oh oui! Mais c’est beaucoup plus évident à Hollywood qu’en France. Ici, ça ne compte pas tellement et ce n’est d’ailleurs pas plus mal… Pour les Américains, par contre, c’est très important, en particulier pour les grosses productions. Ca a été le cas pour le film de Scorsese, par exemple.

Ce doit être plus facile de jouer un français parmi des Américains, que de faire « The Artist » ou de travailler avec Nicole Garcia et Bertrand Blier, non?
Disons que c’est plus confortable. Encore faut-il trouver les nuances en anglais. C’est difficile de savoir si on joue juste, quand ce n’est pas dans sa langue maternelle. Les Américains ont un jeu plus expressif, les expressions sont plus appuyées. C’est moins le cas aujourd’hui mais on m’a souvent reproché d’être trop expressif.Pour le coup, en anglais, c’est bienvenu et on m’y encourage.Sur Monuments Men, George m’a souvent demandé de pousser un peu mon jeu…
Vous a-t-il dit pourquoi il avait fait appel à vous pour ce rôle?

Non, je ne sais pas.D’autant que mon personnage, Jean-Claude Clermont, n’existait pas. Sans doute l’a-t-il ajouté pour la caution française, le symbole. Après tout, le film parle de notre histoire à tous, de notre patrimoine. On s’était bien entendus, avec George, au moment des Oscars.Je pense qu’on se fait la même idée du métier.
Il a besoin d’avoir sa bande de potes autour de lui quand il tourne. Il ne travaille pas dans la pénibilité, mais plutôt dans l’harmonie.Une fois qu’il a tout préparé, il est dans le plaisir. C’est aussi ce que j’aime.
Avez-vous l’intention de vous installer à Hollywood, comme Omar Sy?
Oh, non! Je ne pourrais pas : j’aime trop le fromage et la province (rires). Si j’allais aux États-Unis, ce serait juste quelque temps, pour apprendre la langue. Quand je fais une bouffe avec George et sa bande, que j’assiste aux joutes verbales entre eux, je suis toujours un peu frustré.Je voudrais mieux comprendre ce qui se dit et pouvoir participer. Mais au fond de moi, je me sens profondément Français et j’ai très hâte de retravailler en France.De préférence pour une comédie.J’ai envie de faire le con! (rires).