Le géant américain de la vidéo à la demande Netflix devrait être disponible en France à la rentrée de septembre.Son arrivée prochaine inquiète énormément les chaînes de télévision françaises et les professionnels du cinéma.Voici pourquoi…

Netflix s’est fait connaître aux États-Unis en 1997 dans la location de DVD par correspondance.A l’arrivée du haut débit, l’entreprise, basée à Los Gatos en Californie, a rapidement évolué en service de vidéo à la demande sur internet.Le succès a été immédiat grâce à l’inertie des chaînes câblées, puis a été conforté par les séries TVproduites directement par Netflix, comme House of Cards, dont même le président Obama s’est déclaré accro. Aujourd’hui, Netflix compte 33 millions d’abonnés aux États-Unis et continue à s’y développer.Mais c’est désormais à l’étranger que la société californienne cherche ses relais de croissance (déjà 14 millions d’abonnés hors USA). Après le Canada, le Mexique et le Brésil, Netflix a commencé à s’implanter en Europe.La Grande Bretagne, les Pays-Bas et la Scandinavie ont été investis à partir du Luxembourg, où la société a installé son siège social européen. Restent deux territoires à conquérir : L’Allemagne et la France. L’assaut final est prévu pour la fin de l’année 2014.

Du souci à se faire
Dès la rentrée de septembre, les téléspectateurs français pourraient ainsi souscrire un abonnement qui leur permettrait d’accéder en illimité, sur leur tv, leur tablette, leur smartphone ou leur ordinateur, à l’énorme catalogue de films et de séries TV de Netflix. Et ce, pour moins de 10 euros par mois (1) : le prix de deux films loués sur un des services de VODfrançais, au catalogue rachitique et à l’ergonomie déficiente.Moins cher qu’un abonnement à Canalplay, le service de VOD lancé l’an dernier par Canal Plus pour occuper le terrain et qui ne dispose, lui aussi, que d’un catalogue très restreint…
Les chaînes françaises ont donc du souci à se faire, même si le gouvernement, par la voix de la ministre de la culture Aurélie Filippetti, a prévenu que le géant américain devrait respecter les mêmes contraintes que ses concurrents français en matière de chronologie des médias (un film ne peut pas être proposé en VOD moins de deux ans et demi après sa sortie en salles) et de production (les chaînes participent au financement des films et doivent justifier de quotas de productions propres). Mais on sait la considération que les géants du Net ont pour la réglementation française…
Première chaîne payante directement visée par la concurrence de Netflix, Canal+ a certes l’avantage de pouvoir diffuser des films dix mois après leur sortie et produit déjà ses propres séries à succès. Mais, avec un abonnement à près de 40 € par mois, Braquo, Mafiosa et Les Revenants risquent d’avoir du mal à faire le poids face à House of Cards ou à Lillyhammer, dont des saisons entières seront disponibles sur Netflix pour quatre fois moins cher. D’où l’inquiétude des professionnels du cinéma : qui financera les productions françaises si les revenus des chaînes de TV s’effondrent?

(1) L’abonnement à Netflix est facturé 8 dollars (6euros) aux États-Unis