Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam (Tom Hiddleston), un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve (Tilda Swinton), son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve (Mia Wasikowska), aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux?

Déambulation nocturne, musicale, onirique et nostalgique dans un monde finissant, Only Lovers Left Alive n’est pas un film de vampires conventionnel. Jim Jarmusch, qu’on avait un peu perdu depuis Ghost Dog (1999) et Broken Flowers (2005), y revisite magnifiquement le mythe d’Adam et Eve, au travers d’un couple d’amants unis depuis des temps immémoriaux, qui semblent poursuivre éternellement une conversation entamée des siècles plus tôt. Lui (Tom Hiddleston, über sexy) , collectionne les guitares de collection et compose, pour tromper son ennui, des airs déchirants. Elle (Tilda Swinton, toujours aussi troublante) essaie de lui redonner goût à la vie en lui confectionnant, avec amour, des glaces à l’hémoglobine. La nuit, ils trainent en voitrure dans les rues désolées de Détroit, s'arrêtant devant la maison de jack White ou les anciens studios de la Motown. On ne se lasse pas de les regarder s’aimer dans les décors chargés des souvenirs d’une infinité de vies...