S’il y avait un concert à ne pas manquer cette année au Midem, c’était celui qu’a donné lundi soir l’Orchestre régional de Cannes Paca, sous la direction de Laurent Petitgirard. Au programme : des musiques de films signées par les plus grands compositeurs français. Michel Magne ( Angélique, Marquise des Anges Les Tontons Flingueurs ), Georges Delerue (Jacquou le Croquant, la Passante du Sans Souci), Francis Lai (Love Story), François de Roubaix (Les Aventuriers), Antoine Duhamel (La Sirène du Mississippi) On s’étonne à peine de trouver parmi ces noms célèbres celui d’Ibrahim Maalouf.A33 ans, le petit prodige de la trompette jazz a signé cette année sa première B.O pour le biopic de Jalil Lespert sur Yves Saint Laurent. « Cela faisait très longtemps que j’avais envie de faire une musique de film, confie le musicien.Mon quatrième album est d’ailleurs une musique de film puisqu’il a été écrit sur les images du film de René Clair La Proie du vent.Une commande de la Cinémathèque Française.Mais Yves Saint Laurent est ma première vraie B.O ». Sur sa lancée, alors qu’il était en tournée pour défendre son nouvel album Illusions, Ibrahim a signé deux autres musiques de films (dont celle du nouveau Kim Chapiron, La Crème de la crème qui sort au mois de mars) et composé l’intégralité des musiques du dernier album de Grand Corps Malade, Funambule. Et lorsqu’on lui demande sur quoi il travaille ces jours-ci, ce garçon pourtant aussi modeste que doué, confie tranquillement qu’il travaille sur quatre albums différents à la fois! Si l’éclectisme était une religion, Ibrahim Maalouf serait son prophète : « L’avantage d’être un artiste indépendant, c’est qu’on peut faire exactement ce qu’on a envie, quand on en a envie, expliquait-il hier matin au public ébahi de son keynote du Midem. Quand Sting a sorti son disque de musique baroque j’ai trouvé super de sa part
de rompre avec l’attente de son public pop.Mais, même si je ne suis pas une rock star, je me suis dit que je n’attendrai pas d’avoir son âge et sa notoriété pour le faire ».
En voilà un, en tout cas, qui n’a pas volé son titre d’ « artiste de l’année 2013 » aux Victoires du Jazz!