À l’occasion du Midem, qui s’est ouvert hier à Cannes, le point sur les différentes offres de musique en streaming, qui connaissent un succès de plus en plus important et participent au renflouement de l’industrie musicale, sinistrée depuis l’apparition du MP3 et du téléchargement en Peer to peer (P2P).
En matière de streaming (écoute en direct, sans téléchargement), deux plateformes dominent le marché français : Spotify et Deezer. Grâce aux abonnements couplés avec les forfaits Orange, Deezer a connu dans notre pays un développement rapide, mais elle est désormais talonnée par Spotify qui séduit par la qualité de son interface, la multiplicité des services associés et la richesse de son catalogue (plus de 10 millions de titres).En rendant illimitée, en décembre dernier, l’écoute gratuite sur les ordinateurs, les mobiles et les tablettes, la plateforme suédoise a poussé son avantage.Mais les coupures publicitaires qui financent le service sont rédhibitoires pour les vrais amateurs de musique, qui n’ont pas envie d’entendre vanter les mérites du camembert entre deux chansons d’Iggy Pop.
Ceux-là se tourneront rapidement vers un abonnement Premium qui permet l’écoute illimitée de tout le catalogue, y compris hors connexion.Deezer, Spotify et Zune, le service de streaming de Microsoft accessible depuis les consoles xBox et les Windowsphones, facturent ce type d’abonnement autour de 10 € par mois.Une excellente affaire pour les clients, moins bonne pour les artistes qui ne perçoivent que des miettes en royalties et ne vendent quasiment plus de CDs. A noter que la plateforme MusicMe, uniquement accessible sur ordinateur, met son catalogue de 6,4 millions de titres à disposition pour moitié moins cher : 5 € par mois! À ces tarifs -là, télécharger illégalement devient aussi has been qu’inutile : quel besoin d’encombrer son disque dur de gigaoctets de fichiers souvent mal identifiés et de mauvaise qualité quand toute la musique du monde est accessible d’un clic depuis son ordi ou son smartphone avec une interface sympa?
À côté de ces poids lourds du streaming, d’autres plateformes essaient d’exister dans des niches spécialisées et méritent d’être mieux connues.C’est le cas notamment du français Qobuz, présent au Midem cette année encore, dont la spécialité et de proposer de la musique en qualité CD (FLAC) et au-delà (24 bits).Allez écouter la différence (un mois gratuit offert sans engagement en ce moment) : c’est incomparable, même sur des enceintes d’ordi.L’offre Premium de Qobuz est facturée 9,99 €/mois en MP3 et 19,99 € en Hi-fi. La plateforme propose même un abonnement de musique Classique à 14,99 €. Ajoutez -y les informations agrégées sur les artistes en écoute (notes de pochettes, actualités, biographies, critiques… ) et vous aurez ce qui ressemble fort au meilleur service de streaming du monde.
À tester également : 22tracks (une sélection hebdomadaire de 22 titres de clubs effectuée par les meilleurs Dj de la planète), Noon Pacific (une mixtape envoyée tous les lundis dans votre boite mail), SoundCloud (partage de playlists) et les apps Spotify des webzines musicaux Pitchfork et The Fader (playlists de nouveautés et de découvertes). En attendant le lancement, cette année, de Baboom, la plateforme de streaming de MegaUpload et de Beats Music, celle du fabriquant des casques Beats Electronics, qui annoncent des services encore plus novateurs…
Philippe Dupuy