Une carrure de boxeur, une tchatche d’enfer et l’envie de bouffer la scène.Tel se présente Sami Ameziane, alias le comte de Bouderbala, prince déguenillé et star montante du stand-up, dont le premier spectacle cartonne à l’Alhambra et en tournée.L’histoire d’un mec qui voulait être basketeur international, l’a été, s’est blessé, a dû abandonner prématurément la compétition et a trouvé le moyen d’en rire et de faire rire les autres.Pour sa première venue à Nice, au Palais de la Méditerranée, le bon comte a accepté de revenir sur son itinéraire décidément atypique…

Comment passe-t-on du basket de haut niveau au spectacle comique?
J’ai toujours fait rire les copains et la famille .A l’école, où je bénéficiais d’une sorte de dérogation parce que j’étais bon élève, dans les vestiaires, où à la maison, je vannais sans arrêt.J’écrivais des trucs aussi, mais j’étais trop timide pour seulement penser à monter sur scène pour en faire un métier. C’est aux États-Unis, où je jouais au basket dans l’équipe universitaire du Connecticut, que j’ai pris le goût au spectacle de stand up. En rentrant en France, ma blessure à l’épaule m’a forcé à reconsidérer mon avenir et je me suis dit que, moi aussi, je pourrais raconter ma vie sur scène.

On dit que c’est Grand Corps Malade qui vous y a encouragé.Vous le connaissiez d’où?
De Saint-Denis et du basket.On est amis depuis l’âge de 11 ans.On a commencé à écrire des trucs ensemble et à se produire.Avec Jacky Ido, on faisait une sorte de trio.Mais j’étais vraiment trop mauvais en slam, j’ai dû bifurquer sur l’humour.

On a appris grâce vous que « bouderbala » signifiait « guenilles ».Mais pourquoi avoir choisi « comte » comme nom de scène?
Je viens de Saint Denis, c’est un peu la cité des rois avec la basilique, tout ça.La blague, là-bas, c’est qu’on est tous des aristos… crades.L’avantage du comte, c’est que n’étant ni prince, ni roi, il garde toujours son titre.


Quelles étaient vos références en matière de spectacle comique?
Fellag, bien sûr.Mais aussi Desproges, Coluche, Dupontel… Les Inconnus même. Et les Américains comme Lenny Bruce… Mais contrairement à ce qu’on croit, le stand-up c’est plutôt une tradition française, qui vient du Vaudeville.

C’est pour cela que vous avez été présenter votre premier show aux États-Unis?
Exactement. Pour moi c’était une manière de leur rendre un peu de tout ce que j’ai appris là-bas.Et aussi de me moquer gentiment des stéréotypes qu’ils ont sur la France et les Français.

Et ce n’est pas un peu compliqué de retourner à Saint denis aujourd’hui, avec ce que vous balancez sur les rappeurs du coin?
Non, la chariade c’est dans la culture hip-hop. A la base, c’était un mouvement de dénonciation, subversif, transgressif.Sauf qu’aujourd’hui, c’est dans la grammaire française qu’ils subvertissent (rires).

Que retenez vous de l’affaire Dieudonné ?
Sur scène, on peut tout se permettre, on crée une connivence, un contexte. C’est le seul vrai espace de liberté qui reste.On peut y dire des choses qu’on ne pourrait pas dire à la radio ou à la télévision .C’est quand les choses sont sorties du contexte que ça pose problème. C’est ce qui arrive souvent, hélas, avec Internet. Après, ce n’est pas a moi de dire si Dieudonné a franchi la ligne rouge et s‘il fallait ou pas interdire son spectacle. C’est à la justice de le faire.

Votre sketch sur les mendiants roms est assez politiquement incorrect.Il n’a pas suscité de polémique ?
Pas trop, non.Sans doute parce qu’on comprend bien que je ne m’attaque pas à une éthnie.Plutot à une catégorie de travailleurs...
De quoi sera fait 2014 pour le Comte de Bouderbala?
L’écriture du nouveau spectacle est bien avancée. Je pense pouvoir le jouer en mars.On l’appellera « Le comte de Bouderbala 2 ».Je ne suis pas trop du genre à me fatiguer pour les titres.