Dans La vie rêvée de Walter Mitty, Ben Stiller joue le rôle d’un archiviste du magazine Life, maladroit et timide, qui vit par procuration et se réfugie dans les rêves pour oublier sa vie ennuyeuse. Alors que le magazine connaît une grave crise et s’apprête à publier son dernier numéro, Walter a égaré la photo qui devait faire la Une.Pour la remplacer et sauver sa place, il part à la recherche du photographe qui l’avait envoyée.Un baroudeur qu’il a toujours admiré et qui va l’entraîner à sa suite dans une course effrénée autour du monde… Steven Spielberg d’abord pressenti pour réaliser ce remake d’un film de 1947, s’étant désisté, Ben Stiller a accepté de remettre sa casquette de réalisateur cinq ans après l’hilarant Tonnerre sous les tropiques.Il nous explique ce qui l’a séduit dans ce remake très réussi…

Qu’est ce qui vous intéressait particulièrement dans l’histoire de Walter Mitty?
La combinaison de plusieurs éléments.Il y a d’abord la noblesse de ce personnage qui s’oblige à dépasser ses limites par pure conscience professionnelle.Ensuite, la description de l’univers de la presse, au moment où elle doit se réinventer pour passer au numérique. J’ai trouvé que cela offrait la possibilité d’une comédie très contemporaine.
La crise que traverse la presse écrite vous préoccupe-t-elle?
Oui.On a vu beaucoup de journaux fermer aux États-Unis et je crois que c’est un phénomène mondial.C’est assez inquiétant.J’en ai parlé avec Bill Shapiro, qui a exercé le même métier que Walter Mitty à ses débuts à Life et qui est aujourd’hui rédacteur en chef du site internet du magazine.J’ai aussi vu le documentaire sur le New York Times, « Page One ».Et on a tourné dans l’immeuble de Time Magazine auquel appartenait Life.Tout ça m’a beaucoup servi pour transposer l’histoire, qui se déroulait dans une maison d’édition dans la version de 1947.

Vous avez souvent joué ce type de personnage. Walter Mitty Vous ressemble-t-il?
Je me suis effectivement très vite senti proche de lui.Je n’ai eu aucune difficulté à me connecter au rôle.Mais je crois que beaucoup de spectateurs pourront également s’identifier à lui.En dehors de ses épisodes fantasmatiques, c’est quelqu’un d’assez normal.
C’est aussi quelqu’un qui cherche à dépasser ses limites.Quelles étaient les vôtres pour ce film?
L’idée était d’aller au-delà de la comédie sentimentale classique.Il fallait coller au voyage intérieur du personnage. Mais tout acte de création est une manière de se dépasser.
Walter essaie de s’inventer une vie sur les réseaux sociaux.Les utilisez vous?
Je ne suis pas accro à Internet ni aux réseaux sociaux.Je crois que la relation humaine, c’est ça la véritable idée révolutionnaire aujourd’hui.Le tournage a été une expérience collective extraordinaire, notamment en Islande où j’ai fait de très belles rencontres.

Vous êtes considéré comme l’un des grands comiques de l’époque.Ce statut vous impose-t-il une pression particulière au quotidien?
Non, je suis juste un acteur vous savez, pas un humoriste.On ne s’attend pas à ce que je sois drôle 24 h sur 24.Heureusement, car ce n’est pas le cas.Ma vie est même assez ennuyeuse.Je vis à la campagne, avec ma femme et mes enfants et j’essaie de profiter d’eux au maximum quand je ne suis pas en tournage.J’ai une vie sociale très limitée.

Votre film est aussi un hommage à l’age d’or de la comédie américaine.Comment jugez-vous son évolution?
Je ne suis pas très fort pour analyser les tendances.Il me semble que j’en ai vu d’assez drôles, cette année encore.Bien sûr, j’ai été bercé par les comédies et spectacles de stand-up des années 60-70 et j’en ai gardé une certaine nostalgie et pas mal d’influences.C’est sans doute sensible dans ce film, même si j’essaie que ce ne soit pas trop spécifique.

Pour bien commencer l'année

Walter Mitty est employé au service photo du prestigieux magazine Life. Maladroit et timide, il vit par procuration et se réfugie dans ses rêves pour oublier sa vie ennuyeuse. Alors que le magazine connaît une grave crise et s’apprête à publier son dernier numéro, Walter a égaré la photo qui devait faire la Une.Pour la remplacer et sauver sa place, il part à la recherche du photographe qui l’avait envoyée.Un baroudeur qu’il a toujours admiré et qui va l’entraîner à sa suite dans une course effrénée autour du monde…

Ce remake de La vie secrète de Walter Mitty, dans lequel jouait Danny Kaye en 1947, a beau être un film de commande (Steven Spielberg et Gore Verbinsky étaient pressentis pour le réaliser) , Ben Stiller se l’est parfaitement approprié pour en faire une de ces comédies déjantées dont il détient la recette (Disjonté, Zoolander...). Le personnage de raté maladroit que les circonstances vont pousser à se surpasser lui va comme un gant et la réalisation réserve de grands moments de délire, quand Walter se rêve en super-héros. Le scénario est assez malin pour que le film ne soit pas qu’une simple farce. Même si on rit beaucoup aux déboires du malheureux héros, le contexte très contemporain (crise de la presse , developpement des mondes virtuels) incite à la reflexion. L’interprétation fait le reste, avec deux jolis caméos de Shirley MacLaine et de Sean Penn, dont la composition, en photographe baroudeur, n’est pas loin d’égaler celle de Tom Cruise dans Tonnerre sous les tropiques. Idéal pour commencer l’année avec le sourire.