Jeune trader aux dents longues, Jordan Belfort fait son entrée à Wall Street la veille du crash boursier.Licencié de la société de courtage qui l’employait, il retrouve rapidement du boulot dans un bureau de change de province qui vend des actions de start-up sans grande valeur, mais avec de fortes commissions.Le peu que Jordan a eu le temps d’apprendre à Wall Street ajouté à un bagout et à une avidité sans limite vont faire merveille.Belfort pourra bientôt monter sa propre société de courtage et faire le genre de fortune qui pousse à dépasser les bornes.Et c’est bien connu : quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites…

Du Scorsese sous amphétamines ! Depuis Casino (1995) le bon Martin ne nous avait plus invités à pareille fiesta sexe, drogue et rock’n’roll. Le Loup de Wall Street, c’est Les Affranchis de la finance.On ne s’y envoie pas des décharges de chevrotine, mais des rails de cocaïne longs comme un relevé d’opérations boursières. Avec des hectolitres de whisky pour les faire descendre.
On voit bien ce qui a intéressé le réalisateur de Taxi Driver dans l’histoire (vraie) de Jordan Belfort, émule de Gordon Gekko (« Greed is good »), qui a tellement fraudé avec le fisc que le FBI a fini par le jeter en prison et saisir sa fortune.Une histoire très scorsesienne d’ascension vertigineuse suivie d’une chute abyssale...
Leonardo DiCaprio, qui avait acquis les droits d’adaptation au prix d’une homérique bataille contre Brad Pitt, retrouve pour la cinquième fois son réalisateur préféré et s’en donne à cœur joie dans l’outrance et la provoc’. Sa scène de défonce aux quaaludes restera dans les annales de la débauche au cinéma.
Film gonzo sur le dépassement des limites, Le Loup de Wall Street les dépasse aussi en s’étirant sur presque trois heures.C’est évidemment beaucoup trop pour ne pas souffrir de complaisance.Trop de fric, trop de partouzes, trop de drogues, trop de numéros d’acteurs (celui de Matthew McConaughey, en trader fou, fera date), trop de dialogues hallucinés, trop de tavellings à tout berzingue… Ce film est décidément «too much». Mais quand on aime, on ne compte pas.