Premier avocat noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela défend la veuve et l’orphelin avec conviction.Mais ce brillant avocat au charme ravageur n’obtient que très rarement justice pour ses clients dont la couleur de peau fait des coupables tout désignés.Lassé de se battre en vain contre la ségrégation dans le prétoire, il rejoint les rangs de l’ANCet finit par accepter l’idée que seule la lutte armée permettra d’en finir avec l’apartheid.Arrêté et condamné, il passera près de 30 ans à casser des cailloux dans un pénitentier.Mais c’est là que, contre toute attente, il sera le plus utile à la cause qu’il défend…

La mort de Nelson Mandela donne évidemment à la sortie de ce film une importance particulière.On ne pourra pourtant pas taxer son producteur, le sud africain d’origine indienne, Adnan Singh, d’opportunisme, puisque l’idée d’adapter à l’écran les mémoires de Mandela remonte à l’année de leur publication… en1995!
Adoubé par Mandela lui-même, qui tenait à ce que le film soit produit dans son propre pays plutôt qu’à Hollywood, Adnan Singh a connu de grandes difficultés pour financer le projet, mais il y est finalement parvenu avec l’aide de Pathé qui distribue le film.Le réalisateur anglais, Justin Chadwick a donc eu les moyens nécessaires pour réaliser un biopic d’une facture très classique, mais d’une belle ampleur, qui rend hommage au personnage sans en gommer les aspérités, ni sombrer dans l’hagiographie pure et simple. Le film met ainsi en lumière les persécutions endurées par la femme de Nelson Mandela Winnie et explique bien pourquoi elle soutiendra jusqu’au bout l’option de la lutte armée, contre l’avis de son mari, quitte à provoquer leur rupture.
Idris Elba incarne un Mandela très séduisant et le choix de la James Bond Girl Naomie Harris (c’est la Moneypenny de Skyfall) pour jouer Winnie s’avère payant, bien au-delà de la touche de glamour qu’elle donne au film.