Henri (Pippo Delbono), la cinquantaine, d’origine italienne, tient avec sa femme Rita (Lio) un petit restaurant près de Charleroi, « La Cantina ». Une fois les clients partis, Henri retrouve ses copains, Bibi (Jackie Berroyer) et René (Simon André), des piliers de comptoirs; ensemble ils tuent le temps devant quelques bières en partageant leur passion commune, les pigeons voyageurs. Rita meurt subitement, laissant Henri désemparé. Leur fille Lætitia (Gwen Berrou) propose alors à Henri de se faire aider au restaurant par un « papillon blanc », comme on appelle les résidents d’un foyer de handicapés mentaux proche de « La Cantina ». Rosette (Miss Ming) est de ceux-là. Elle est joyeuse, bienveillante et ne voit pas le mal. Son handicap est léger, elle est simplement un peu « décalée ». Elle rêve d’amour et de normalité. Avec l’arrivée de Rosette, une nouvelle vie s’organise…

Présenté en clôture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, Henri est le second film de Yolande Moreau réalisatrice après Quand la mer monte (César du meilleur premier film en 2005).On y retrouve les qualités de son prédécesseur et notamment cette aptitude à mêler, parfois dans un même plan, l’humour et l’émotion.Yolande Moreau filme le petit peuple du bistrot et les pensionnaires du foyer avec une tendresse souvent déchirante.Comme son héros, Henri est un film de peu de mots.Tout est dans les images (la photo est superbe), le cadrage et le regard que porte la réalisatrice sur ses acteurs, la plupart formidables.Pippo Delbonno, dans le rôle-titre, est une sacré découverte et on retrouve avec plaisir l’étrange Miss Ming, égérie lunaire du tandem Kervern-Delepine (Louise Michel, Mammuth, Le Grand Soir), dans un rôle qui lui va mieux qu’un gant.