1983, cité des Minguettes à Lyon.Alors qu’il veut porter secours à un jeune du quartier poursuivi par un chien, Mohamed (Tewfik Jallab) se fait tirer dessus par un policier. À peine remis de ses blessures, avec l’aide de quelques amis et du curé de la paroisse (Olivier Gourmet), le jeune homme décide de lancer une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme.Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King. Ils uniront à leur arrivée à Paris plus de 100000 personnes venues de tous horizons, et donneront à la France son nouveau visage…

Il a fallu tout le soutient de Jamel Debbouzze pour permettre au film de Nabil Ben Yadir d’exister.Dommage que ce soit en contrepartie d’une participation « comique » qui tire plutôt le film vers le bas. Jusque-là, en effet, le réalisateur belge avait réussi à tenir son film entre biopic et comédie dramatique, dans une belle reconstitution d’époque, bien servie par une troupe de comédiens épatants, au premier rang desquels les admirables Olivier Gourmet, Hafsia Herzi, Tewfik Jallab et Lubna Azabal.
Se gardant d’idéaliser outre mesure les protagonistes de ce qui fut improprement appelé « La marche des beurs », Nabil Ben Yadir filme leur aventure comme un road movie, avec ses moments de découragement, d’exaltation, de peur mais aussi de drôlerie.
Le mélange de fiction et de reconstitution documentaire est assez harmonieux, les dialogues sont souvent savoureux, on y croit et on ne peut que ressentir de l’empathie pour les marcheurs et leur combat « contre le racisme et pour l’égalité ». Ce qui n’est pas rien par les temps qui courent.
En cela, le film est une belle réussite.On lui pardonne donc volontiers les quelques lourdeurs qui lestent le parcours : 1000 kilomètres à pied, ça n’use pas que les souliers.