L’adaptation de la Bande Dessinée à succès de Christophe Blain et Abel Lanzac fournit à l’éclectique Bertrand Tavernier l’occasion d’une première comédie truculente et réussie. Une des meilleures de l’année : drôle, intelligente, brillamment dialoguée, rythmée et dotée d’un casting impeccable, avec un Thierry Lhermitte retrouvé, un Niels Arestrup épatant dans son premier rôle comique (celui du chef de cabinet au calme olympien dans la tourmente) et un Raphaël Personnaz brillant, en jeune attaché « chargé du langage ». Tavernier multiplie les trouvailles visuelles (l’effet vlon!) et scénaristiques (le gag récurrent de l’ours Cannelle) et signe là un de ses meilleurs films.Il est à craindre, cependant, que Quai d’Orsay n’améliore pas foncièrement l’idée que les Français se font du travail de leurs hommes politiques.La fin, surprenante, hisse pourtant le film au-dessus de la simple caricature.