New York, 1974. Chris (Clive Owen), la cinquantaine, est libéré pour bonne conduite après plusieurs années de prison pour un règlement de compte meurtrier. Devant la prison, Frank, son jeune frère (Billy Crudup), un flic prometteur, est là, à contrecœur. Ce ne sont pas seulement des choix de « carrières » qui ont séparé Chris et Frank, mais bien des choix de vies et une rivalité depuis l’enfance. Leur père Léon, qui les a élevés seul, a toujours eu pour Chris une préférence affichée, malgré les casses, la prison… Pourtant, Frank espère que son frère a changé et veut lui donner sa chance : il le loge, lui trouve un travail, l’aide à renouer avec son père (James Caan) et son ex-femme , Monica (Marion Cotillard). Malgré ces tentatives, Chris est vite rattrapé par son passé et replonge. Pour Frank, c’est la dernière des trahisons, il ne fera plus rien pour Chris. Mais c'est déjà trop tard et le destin des deux frères restera lié à jamais.


Étrillé à Cannes, où Canet se mesurait à trop forte partie (c’est là que les cinéphiles français ont découvert Scorsese, Coppola, Schatzberg et consorts en version originale), Blood Ties mérite peut-être d’être revu avec plus d’indulgence, pour ce qu’il est : l’hommage sincère et appliqué d’un encore jeune réalisateur français aux grands maîtres qui l’ont inspiré.Hommage doublé d’une déclaration d’amour au New York des années 70, dont les images ont marqué son imaginaire.De ce point de vue, c’est réussi.La reconstitution est si fidèle et la photographie si vintage (merci Instagram!) qu’on se croirait par instants dans un mash up de French Connection, Mean Streets, Taxi Driver et Le Parrain.Clive Owen et Billy Cudrup, tout en moumoutes et pattes d’eph, ne déparent pas le casting d’époque et James Caan est comme un pont jeté entre les seventies et aujourd’hui. Certes, on a déjà vu ces images et vécu ces situations des milliers de fois et tout est surligné et surjoué (l’accent de Marion Cotillard, sa mèche de cheveux à la Sue Ellen, sa bouche tordue et ses fuck à répétition, vont faire le bonheur des haters d’internet). Mais on peut quand même éprouver quelque plaisir coupable à ce voyage dans le temps d’un cinéma que, comme Guillaume Canet, on a adoré, pour un tas de bonnes mais aussi de mauvaises raisons.