Deux inspectrices de la police des polices, Esther Lafarge (Isabelle Huppert) et Sally Marinelli (Sandrine Kiberlain) son adjointe, débarquent dans un commissariat de province pour enquêter sur la mort de l' indic d’origine algérienne de l'inspecteur Robert Mendes (François Damiens). Leur rôles sont bien répartis : l'une (Huppert) tape, l’autre (Kiberlain) mate. L'enquête s'annonce tip top...


Au début, on se dit qu'on va avoir droit à de grands numéros de n'importe quoi punk réjouissant, dans la lignée du tandem Kervern- Delepine (Le Grand Soir, Mammuth) ou d'un certain cinéma belge. Sauf qu'à force de vouloir faire décalé à tout prix, Serge Bozon (La France, prix Jean Vigo 2007) oublie tout simplement de faire un film (comique par dessus le marché). Restent une suite de vignettes surréalistes, qui vont du presque drôle (la première scène dans le café arabe) au carrément génant (la scène de sexe SM entre Isabelle Huppert et Sami Naceri). Entre les deux, on s'ennuie énormément, malgré les efforts désespérés des acteurs pour donner dans le « burlesque moderne » (sic) et ceux du réalisateur pour se persuader qu'il a un argument de fond à défendre (le rapport de la France à l'immigration, par exemple). Le fait que le scénario soit l'oeuvre d'Axelle Ropert (à laquelle on doit l'excellent Tirez la langue mademoiselle, sorti la semaine dernière), ajoute encore à l'incompréhension : « C'est quoi cette m... ? »