Adaptant un livre qui l’obsède depuis des années (Psychothérapie d’un Indien des plaines de Georges Devereux), Arnaud Desplechin raconte la rencontre improbable de Jimmy Picard (Benicio Del Toro) , un Indien Blackfoot blessé pendant la seconde guerre mondiale et de Georges Devereux (Mathieu Amalric) , un ethnologue et psychanalyste français.Appelé au chevet de Jimmy, qui souffre de vertiges et de troubles psychologiques, le Dr Devereux va entamer avec lui une psychothérapie originale, au terme de laquelle les deux hommes se sentiront libérés de leurs névroses respectives…


Spécialiste des psychodrames familiaux (Esther Kahn, Un conte de Noël), Arnaud Desplechin s’est visiblement fondu dans le moule hollywoodien pour ce premier film américain, qui a toutes les caractéristiques du grand film de studio, adapté d’une œuvre littéraire.À commencer par son casting international : Benicio Del Toro est parfait en grande carcasse d’Indien bourré de complexes et prêt à exploser. Gina McKee fait quelques apparitions délicieuses et fournit la note féminine du film. Mathieu Amalric en fait, comme à son habitude, « presque trop mais pas tout à fait », dans le rôle du psy français, spécialiste des cultures indiennes en rupture avec la faculté.
Intelligemment filmé, dans une reconstitution d’époque extrêmement soignée, le face à face entre les deux hommes tient ses promesses, mais le film souffre de longueurs et se révèle , au fond, plutôt déceptif (tout ça pour ça?).