Les premiers films en compétition pour ce 39e Festival de cinéma américain de Deauville offrent une nouvelle plongée dans l'Amérique White Trash , celle des déclassés où alcool et les armes à feu créent un univers de violence dont personne ne sort indemne. Dans Blue Ruin de Jeremy Saulnier, un jeune garçon qui n'a pas supporté le meurtre de ses parents est devenu SDF. Lorsqu'il apprend que l'assassin va être remis en liberté, il ne pense plus qu'à se venger. Dans A Single Shot de David Rosenthal, un fils de fermier dont l'exploitation familiale a été liquidée est réduit au braconnage. Dans les bois, il tue par accident une jeune campeuse et découvre qu'elle cachait un magot. Ses propriétaires ne vont pas tarder à venir le lui réclamer. Blue Caprice d'Alexandre Moors, raconte l'histoire (vraie) d'un père et de son fils qui, à bord de leur voiture, tuaient des innocents dans la rue. Fruitvale Station de Ryan Coogler, revient également sur un faits divers réel : une bavure policière raciste à San Francisco. The Retrieval de Chris Eska et Sherif Jackson de Logan et Noah Miller font remonter l'origine de la violence au Far West et offrent le même regard désespéré. A ce stade de la compétition, Fruitvale Station déjà primé à Sundance (Grand Prix) et à Cannes (prix UCR du regard vers l'avenir) semble le mieux placé pour faire consensus dans le jury présidé par Vincent Lindon.