« Arles in Black » : l’intitulé sonne comme une chanson d’AC/DC.Pour leur 44e édition, les Rencontres Internationales Arles Photographie frappent forte et s’affichent presque intégralement en noir et blanc.
Un choix esthétique radical que François Hebel, directeur des Rencontres justifie en rappelant que la suprématie de la couleur en photographie n’est pas si ancienne et en posant la question de la place qu’occupe aujourd’hui le noir et blanc dans la création photographique : « Réalisme ou fiction, poéie, abstraction ou pure nostalgie? ».
La réponse est à chercher dans les 50 expositions disséminées aux quatre coins de la ville dont les charmes ne se révèlent jamais mieux que pendant ces Rencontres photographiques.Elles constituent chaque année, de juillet à septembre, un excellent alibi pour une escapade en pays camarguais.

Tirages à 2M€
Prévoir un couvre-chef (le soleil y tape dur), de quoi s’hydrater, des vêtements légers et de bonnes chaussures de marche.Et ne pas oublier l’appareil photo qui, ici (et seulement ici), vous différenciera du touriste de base, faisant de vous, par exemple, un émule de Jacques-Henri Lartigue, dont l’exposition « Les années Bibi » (hommage à sa première épouse, Madeleine Messager, mère de son unique fils Dany, peintre tropézien bien connu) est une des plus courues de l’édition. Arles est ainsi le seul endroit au monde où il est difficile de différencier un touriste japonais d’un artiste contemporain hypercoté.
C’est d’autant plus vrai cette année, puisque la star de l’édition n‘est autre qu’Hiroshi Sugimoto, l’un des photographes d’art les plus côtés au monde.Ses sublimes marines en noir et blanc de trois mètres de haut, exposées à l’Espace Van Gogh, sont assurées à hauteur de deux millions d’euros pièce!

24 h de Flickr
Autres expos à ne pas manquer avant de profiter des charmes de la vieille ville et du pays camarguais : la première rétrospective au monde du travail du photogaphe Chilien Sergio Larrain (Eglise Sainte-Anne), les collages et les photomontages poétiques du Marseillais Gilbert Garcin (Parc des Ateliers), les photo-sculptures nocturnes de Jean Michel Fauquet (exposées dans la pénombre à l’atelier de chaudronnerie) et surtout les « 24 h de photos » d’Erick Kessels, qui a amoncelé, sur le sol d’une salle du Palais de l’Archevêché, les tirages des milliers de clichés téléchargés pendant 24 heures sur le site de partage de photos Flickr.Un hommage à l’album-photos de famille, dont le numérique et la couleur ont sonné le glas.