Rachel (Julia Garner) vit avec ses parents dans une communauté mormone de l’Utah. Le jour de ses 15 ans, elle découvre par hasard, sur un vieux magnéto, la chanson "Hanging on the telephone" interprétée par un rocker local. Rachel n’a jamais rien entendu de tel et vit ce moment comme une expérience exceptionnelle, mystique et sensuelle. Lorsque, 3 mois plus tard, elle se retrouve enceinte, l’adolescente soutient que c’est la chanson qui en est la cause. Soucieux des convenances, ses parents tentent de la marier de force. Mais Rachel s’enfuit à Las Vegas avec son petit frère, M. Will (Liam Aiken), à la recherche du chanteur, qu’elle croit fermement lié au mystère de cette curieuse immaculée conception…

Ce premier film de Rebecca Thomas a été une des très bonnes surprises du Festival de Deauville, avant de faire, en février dernier, l’ouverture de la Berlinale. Son charme tient beaucoup à celui de l’actrice principale, Julia Garner, dont c’était la première expérience au cinéma (on l’a vue depuis dans Le Monde Charlie de Stephen Chbosky). Avec sa jeunesse, son air angélique et ses grands yeux étonnés, elle parvient à rendre crédible l’idée saugrenue de cette immaculée conception rock’n’roll. La rencontre de l’univers innocent des deux jeunes mormons avec celui des enfants « électriques » et délurés de Las Vegas, tient ses promesses, permettant à Rebecca Thomas de marcher tranquillement sur les plates bandes de Sofia Coppola.