Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d’août. Céline (Julie Delpy) , son mari Jesse (Ethan Hawke) et leurs deux filles passent leurs vacances d’été sur une île grecque dans la magnifique villa d’un écrivain local. On se promène dans la nature, on se baigne, on partage des repas arrosés, on refait le monde… C’est le paradis. Seule ombre au tableau, Jesse doit raccompagner à l’aéroport son fils ainé, né d’un premier mariage, et qui vit avec sa mère aux Etats Unis. Il vit de plus en plus mal cette séparation et c’est source de conflit avec Céline. La veille de leur retour à Paris, les amis offrent au couple une nuit dans un hôtel de charme, sans les enfants. Les conditions sont idylliques, mais les vieilles rancoeurs remontent à la surface et la soirée en amoureux tourne vite au règlement de comptes. Céline et Jesse seront-ils encore ensemble le matin de leur départ ?

Before Midnight est le troisième film d’une série entamée en 1995 avec Before Sunrise et poursuivie en 2004 avec Before Sunset. On y retrouve les personnages créés par Julie Delpy et Ethan Hawke. Ils ont atteint la quarantaine, ont eu des jumelles et se posent les questions existentielles d’un déjà vieux couple de cet âge. Le film est construit autour de quatre grandes scènes, filmées en plans séquences, au cours desquelles le couple se déchire sur la question de son avenir. Ce pourrait être ennuyeux ou sordide, c’est tout au contraire drôle et passionnant, grâce à la qualité des dialogues (co -écrits par les deux acteurs et le réalisateur) et à la performance que représente le tournage en plans séquences. Une technique que maitrise parfaitement Richard Linklater. La première scène, dans la voiture, s’étire sur près de 15 minutes, la dispute finale sur près d’une demi heure. Entre les scènes d’affrontement verbal, les paysages paradisiaques de l’île fournissent une respiration bienvenue. Bien sur, ce n’est pas une comédie romantique conventionnelle, il faut avoir un minimum d’intérêt pour la problématique et ne pas craindre les dialogues à rallonge. Mais si on y consent, le bonheur est au bout du chemin.