Quel effet ça fait de se retrouver pour la troisième fois mariée à Ethan Hawke ?
C’est très agréable. On a une relation que je qualifierai d’amitié créative. Il s’est passé 9 ans entre chaque films, on ne s’est pratiquement pas vu en dehors, mais quand on se retrouve, on ne se quitte plus pendant des semaines. Ca a commencé avec Before Sunrise : Richard Linklater nous avait demandé de retravailler le scénario avec lui et en fin de compte on a tout réécrit. Depuis, le processus est toujours le même : on s’enferme dans un bureau tous les trois, on échange des idées et on écrit. Puis on répète assez longuement les dialogues parce qu’on sait que le tournage sera court (18 jours pour Before Midnight NDLR) et que Richard adore les plans séquences.

Tourner en plans séquences, c’est difficile ?

Pour les acteurs, c’est un exercice périlleux. Mais c’est très gratifiant quand c’est réussi et ça permet de rentrer à fond dans la psychologie des personnages. On n’imagine pas les contraintes que ça suppose quand on le voit à l’écran. La première scène dans la voiture doit durer 13 ou 14 minutes. Il y avait les enfants derrière, la circulation… On n’a réussi à la faire qu’une fois en entier. Idem pour la scène où on parle en allant de la villa à l’hôtel. Difficile d’avoir l’air relax et de se concentrer sur les dialogues, quand vous avez toute l’équipe devant vous qui marche en arrière et se casse la figure tous les dix mètres (rires)

Aviez-vous dés le départ l’idée d’une trilogie ?

Non, pas du tout. Même après le deuxième (Before Sunset), on n’imaginait pas en faire un troisième. Ce serait dangereux, je trouve. Y en aura-t-il un quatrième ? Difficile à dire. Pour l’instant, on est un peu secs évidemment. Mais à l’approche de la cinquantaine, les personnages auront très probablement de nouvelles choses à raconter sur le couple. On en reparle dans 9 ans.