Spielberg Alors que le jury de Steven Spielberg va rentrer en délibération et que le gros des troupes festivalières a déjà déserté la Croisette, que retient-on du 66e Festival de Cannes?
La sélection officielle, fastueuse sur le papier, a tenu ses promesses.Chaque jour ou presque a été l’occasion d’un nouveau coup de cœur cinématographique.Les films de 2013 nous ont divertis, amusés, émus, rarement choqués ou ennuyés. Il y a beaucoup été question de sexe et sa représentation à l’écran s’est faite de plus en plus explicite (notamment chez les Français Guiraudie et Kechiche)
20188751.jpg-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx Pas de grande découverte cette année, mais peu de déceptions, à part James Gray (The Immigrant) et Takashi Miike (Shields of Straw).
Du coup, on se retrouve avec beaucoup de candidats potentiels à la palme. La vie d’Adèle, formidable ode à l’amour d’Abdellatif Kechiche est le grand favori de la critique française.On a rarement connu une telle unanimité autour d’un film, surtout français! La critique étrangère y a également été sensible.Mais elle lui préfère majoritairement le film des frères Coen, Inside Llewyn Davis, faux biopic tragicomique d’un chanteur folk imaginaire, dans le New York d’avant l’avènement de Bob Dylan.
Le Passé L’iranien Asghar Farhadi (Le Passé), le chinois Jia Zhangke (A Touch of Sin) et le Japonais Kore-eda (Tel père, tel fils) figurent parmi les outsiders que pourrait privilégier le jury. Mon petit doigt me dit que, si c’était le cas, le président Spielberg pourrait peser en faveur du Kore-eda : une histoire d’échange de bébés à la maternité, qui se termine par une leçon de vie très zen. Un vrai feelgood movie!
21006804 20130517155215519.jpg-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx Côté prix d’interprétation, deux tandems dominent largement les pronostics : Michael Douglas et Matt Damon pour leur performance en couple homo dans Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh et Adèle Exarchopoulos - Lea Seydoux pour leur engagement total dans La Vie d’Adèle.
Mais la prestation ébouriffante d’Emmanuelle Seigner dans le film de Roman Polanski (La Vénus à la fourrure) présenté en dernier, pourrait modifier la donne.
Compte tenu de tous ces paramètres, voici quel serait mon « palmarès idéal » (sachant que celui établi par un jury composé de 9 personnalités très différentes sera forcément tout autre):

Palme d’Or : La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (1)

21003660 20130506161618531.jpg-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx Grand Prix : Tel Père, tel fils de Kore-eda Hirokazu

Prix du Jury : Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen

Prix du scénario : Le Passé d’Asghar Farthadi

21000216 20130419192202667.jpg-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx Prix de la mise en scène : Only God Forgives de Nicolas Winding Refn (2)

Prix d’interprétation masculine : Michael Douglas et Matt Damon dans Ma Vie avec Liberace

20541851.jpg-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx Prix d’interprétation féminine
: Emmanuelle Seigner dans La Venus à la fourrure de Roman Polanski

(1) Associé aux deux actrices du film (comme l’avait été Amour l’an dernier) car, selon les règles du Festival, la palme d’or exclut tout autre prix.
21002178 20130429173420254.jpg-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxx (2) La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino mériterait aussi largement le prix de la mise en scène mais le film de NWR, plus radical, a finalement eu ma préférence. J'ai également des regrets pour Nebraska (Alexander Payne) et Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch) que j'ai beaucoup aimés mais auxquels je n'ai pas trouvé de place.