Prix du jury 2010 pour son 4e film, l’excellent Un homme qui crie, puis membre du jury l’année suivante, le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun est de retour en compétition avec un nouveau long-métrage tourné dans son pays d’origine.
L’histoire de Grigris, un jeune handicapé (Souleymane Démé) qui caresse le rêve de devenir danseur de hip-hop, malgré une jambe mal formée et la misère dans laquelle il vit avec ses parents. Il est doué et sait faire de son handicap un atout : ses contorsions intriguent et impressionnent le public.Hélas, la maladie de son oncle va l’obliger à renoncer à son rêve et à travailler pour des trafiquants d’essence, afin de rembourser les frais médicaux. Peu taillé pour jouer les malfrats, Grigris va s’attirer de sérieux ennuis et pas qu’avec la police.Heureusement, Mimi, une prostituée au grand cœur (Anais Monory) veille sur lui...
À force de vivre en France, Mahamat Saleh Haroun semble avoir perdu le sens des réalités africaines.On était pourtant tout disposé à se laisser emporter par l’histoire de ce jeune danseur, dont le corps supplicié pourrait être le miroir du continent Africain, et à apprendre ,au passage, des choses sur les bas-fonds de la capitale tchadienne et son économie souterraine.
À la place, Saleh Haroun livre un polar bancal , doublé d’une histoire d’amour peu crédible, qui se termine par une ode un peu ridicule à la femme africaine. La mise en scène est poussive, le propos naïf et l’interprétation pas très bonne (pour ne pas dire autre chose). L’acteur principal n’a que trois lignes de texte et les autres ont plus l’accent de la banlieue parisienne que de celle de D’jamena. Encore un film qui ne devrait pas encombrer le palmarès.