A mi parcours (9 films projetés sur 17), la sélection Un Certain Regard (UCR), compétition parallèle à la course à la Palme d’or (jury présidé par Thomas Vinterberg), tient ses promesses avec des films d’un très bon niveau même si aucun jusqu’ici n’a créé de choc comparable à celui des Bêtes du Sud Sauvage (Benh Zeitlin), l’an dernier.
Son successeur au Grand Prix de Sundance, Fruitvale Station, sur une bavure policière qui a défrayé la chronique aux États-Unis, est d’une facture beaucoup plus classique.Malgré une réalisation prometteuse et un casting très investi, le film de Ryan Coogler pêche par excès de pathos.
Grand Central de Rebecca Zlotowski (Belle épine) est, à ce jour, le film le plus intéressant qu’on ait vu dans cette section.La description qu’il fait des conditions de travail des ouvriers intérimaires dans les centrales nucléaires est particulièrement effrayante.Bien qu’il se passe dans le sud de la France, on se croit revenu au temps des corons Du coup, l’histoire d’amour entre Tahar Rahim et Lea Seydoux passe au second plan, ce qui n’est pas plus mal. Mention spéciale à la costumière de Lea Seydoux qui méritera le César du mini-short. Mais le plus gros buzz d’UCR, on le doit à L’Inconnu du Lac d’Alain Giraudie, moins pour ses qualités formelles d’ailleurs que pour ses scènes de sexe explicites entre garçons au bord du lac de Sainte-Croix (Var) qui ont mis la Croisette en émoi.
Comme l’ont noté avec finesse certains twittos-critiques de cinéma : « Les queues n’étaient pas qu’à l’entrée de la salle! ».
Miele, le premier film de réalisatrice de Valeria Golino, a fait couler moins d’encre et de liquide en général, mais on le conseillera de préférence au grand public, lors de sa sortie en salles (25 septembre).L’inoubliable fiancée de Rainman signe avec ce film une œuvre délicate et personnelle sur un sujet difficile : l’euthanasie.