Habitué de Cannes où il revient pour la cinquième fois, après y avoir présenté notamment Plaisirs Inconnus en 2002 et le documentaire24 City en 2008, Jian Zhang-ke revient cette année avec un film à sketches sur le sujet qui lui tient à cœur : l’adaptation difficile de la société chinoise aux contraintes de son développement galopant.Délaissant l’esprit de sérieux qui guidait ses films précédents, le réalisateur Chinois, livre avec Touch of Sin une fable énervée en quatre volets, dont certains auraient pu être signés Kitano ou Tarantino.
On y croise un mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village qui décide de faire le ménage au fusil de chasse. Un travailleur itinérant qui découvre les surprenantes possibilités que lui offre son revolver.Une hôtesse de sauna qui pète les plombs et finit par égorger deux clients un peu trop insistants, et un jeune ouvrier qui quitte son usine pour partir à la recherche de la gloire et de l’amour.Sa destinée sera, hélas, aussi tragique que celle des trois autres.
Quatre vies fracassées, (inspirées de faits divers réels), filmées dans quatre provinces différentes, pour un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal gangrenée par la corruption et la violence.
Le film s’annonçait violent, spectaculaire, politiquement sans concession et d’un humour féroce.Il ne l’est, hélas, que sporadiquement. Le reste du temps, on s’ennuie un peu. Dommage.