On s’étonnait de voir le nouveau film de Sofia Coppola programmé en ouverture d’Un CertainRegard plutôt qu’en compétition.Cette section parallèle de la sélection officielle a, certes, gagné en prestige et en intérêt au fil des années, mais la réalisatrice de Lost in Translation, portée aux nues par la critique, est largement capable de briguer la Palme (Ce qu’elle fit d’ailleurs en 2006 avec son Marie Antoinette).Surtout avec un sujet aussi cool (l’histoire vraie d’un gang d’adolescentes, fans d’Angelina Jolie, de Lindsay Lohan et de Paris Hilton, qui avaient mis en coupe réglée les maisons de stars de Hollywood) et un casting aussi pop (Emma Watson, Taissa Farmiga, Georgia Rock, Leslie Mann).Pourquoi alors cette descente en deuxième division? Parce que son film n’est, tout simplement, pas terrible.

Descente chez les people

Où sont passées la délicatesse et la sensibilité de la réalisatrice de Virgin Suicides et de Somewhere?Elles semblent s’être dissoutes dans le Bling Ring.Le film se contente d’empiler les scènes de cambriolage dans les maisons de stars. Oh le dressing de Paris Hilton! Ah, le salon d’Orlando Bloom! Wouah, la vue sur L.A de Megan Fox! et de les faire alterner avec des séquences filmées dans les chambres d’ados, où les petites voleuses essaient leurs plus belles prises en programmant leurs prochaines descentes chez les people, dont les photos tapissent leurs fonds d’écrans.Mal filmé (on dirait un Envoyé Spécial sur les maisons de stars), mal joué (aucune des filles ne sort du lot), mal rythmé (même la BO est décevante), The Bling Ring n’a presque aucun intérêt, si ce n’est peut-être de rappeler aux ados qui iront le voir que voler et s’introduire dans des propriétés privées sont des actes punis par la loi. Les membres du Bling Ring ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 4 ans de prison ferme et 800000 $ d’amendes pour un butin tout de même estimé à plus de 3 M$.