À l’affiche de deux comédies (Des gens qui s’embrassent et Les Gamins) et bientôt d’une troisième (Max le millionnaire de Nicolas Cuche), dans laquelle il tiendra cette fois le premier rôle (celui d’un millionnaire d’internet qui rachète l’usine où travaille celle qu’il veut séduire en se faisant passer pour un ouvrier), Max Boublil est bien parti pour devenir un incontournable des comédies françaises, quelque part entre Gad Elmaleh et Manu Payet.
À 33 ans, cet enfant d’internet et du stand-up a coécrit le scénario et les dialogues des Gamins avec son copain et complice Anthony Marciano, qui l’a réalisé. Il y joue le rôle du futur gendre d’un quinquagénaire que sa vie bourgeoise ennuie profondément (Alain Chabat) et qui va se servir de ce nouveau venu dans la famille pour tout envoyer balader…
Invité des Rencontre d’Avignon, le jeune acteur-humoriste raconte pourquoi ce film-là lui tenait particulièrement à cœur…


De quoi parle le film, selon vous?
De l’engagement et de la liberté. On a tous un pote qui avait un groupe de rock et qui a décidé de devenir médecin ou pharmacien à la place. On se demande toujours ce qui se serait passé s’il était allé au bout ses rêves. Question subsidiaire : faut-il renoncer à ses rêves pour s’engager dans la vie? C’est ce qu’a fait Gilbert, le personnage joué par Alain Chabat. À 50 ans, il le regrette et il déprime. Quand il voit arriver Thomas, il se revoit à son âge et saisit l’occasion pour s’échapper.

C’est Mon beau-père et moi, à l’envers, non?

Oui : au lieu de vouloir le cadrer, dans notre histoire le type pousse son futur gendre à renoncer aux joies du mariage pour vivre sa vie d’artiste. On n’y avait pas pensé à l’écriture, on s’en est rendu compte après coup.

C’est un projet que vous portiez depuis longtemps?

Ce film-là, c’est mon bébé! Il y a tellement longtemps que je bosse dessus… Avec Anthony (Marciano, le réalisateur N.D.L.R.), on se connaît depuis des lustres. Ce scénario, on l’a écrit ensemble dans notre coin pendant 4 ans. Ca facilite les choses de travailler avec son pote : on ne perd pas de temps à faire semblant d’écouter l’autre. Quand une idée n’est pas bonne, on lui dit : « C’est nul, t’es qu’un ringard! » et on passe à autre chose. On ne voulait pas faire juste un film à gags, avec des personnages caricaturaux. On voulait qu’il y ait un peu de fond et de vérité. Pour ça, on a regardé autour de nous et mis pas mal de notre vécu dedans. Gilbert, il existe vraiment. On le connaît bien…

Et Alain Chabat, vous le connaissiez?

Non, pas du tout. Mais j’étais hyperfan des Nuls et on pensait à lui en écrivant le rôle. On a eu de la chance qu’il accepte! C’est le grand enfant par excellence. Il s’est vraiment éclaté sur le tournage. On lui a donné un passeport pour faire le con et il a pris le premier vol!

Vous, vous avez choisi le rêve ou l’engagement?
Je fais partie des irresponsables qui ont choisi leurs rêves, puisque je suis artiste. Je n’ai pas fait comme tous mes copains, qui ont des métiers sérieux. En même temps, je ne me voyais rien faire d’autre. C’est un choix un peu suicidaire, d’embrasser une carrière artistique. On sait qu’il y a peu de chances de percer. À 18 ans, j’ai donc décidé de me « suicider » de cette manière, après avoir raté mon bac au rattrapage à deux points près : j’étais trop dégoûté.

Le stand-up, c’est fini?
Oh non, surtout pas! Je compte bien continuer. Je n’ai pas fait du stand-up juste pour me faire connaître et faire du cinéma, comme certains : c’est un vrai besoin. J’espère pouvoir alterner les deux.