Simonne Depoux m'exaspère. Elle a pourtant du talent, un vrai talent de conteuse. Au travers des portraits qu'elle brosse sur France-Inter, des fantômes du passé ressurgissent, très vivants, prennent chair dans des évocations à la fois poétiques et vigoureuses. Mais bon sang, pourquoi cette femme de talent, auteur et productrice de la radio nationale, utilise-t-elle systématiquement l'imparfait de l'indicatif, quand un passé simple, ou un passé composé conviendraient bien mieux?
Cela fait plusieurs années déjà que j'écoute les "fictions" écrites par Simonne Depoux sur France-Inter.
Mélangeant réalité historique et extrapolation psychologique, les petits récits de cette femme me plairaient infiniment.... si elle n'avait cette habitude bien à elle d'appauvrir la langue française par un usage exagéré de l'imparfait de l'indicatif.
Certains reprochent à l'espéranto une prétendue "pauvreté" dûe à sa simplicité, et à son supposé manque "d'histoire". Il n'existe en espéranto qu'un temps passé, marqué par la désinence "is. "Or, Mme Depoux fait plus "fort" (façon de parler!): elle pulvérise carrément des siècles d'histoire de la langue française, en usante et abusant de l'imparfait, là où il serait bien plus élégant, selon moi, de trouver des passés simples (à la rigueur, des passés composés).
Voir et écouter sur le site de France-Inter:
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/climats
Pourtant, même si le passé simple est tombé partiellement en désuétude (notamment dans le discours oral), on sait que tout le monde le comprend quand il est utilisé dans une création de type littéraire (roman, nouvelle etc).
La parti-prix de S Depoux relève-t-il de l'incompétence? Cela me semblerait assez surprenant.
D'une sorte d'orgueil, qui la pousserait à imposer une nouvelle grammaire, simplifiée, de la langue française?
A force de m'interroger sur cette curiosité médiatique, je me dis que le plus surprenant est tout bonnement que ces récits soient "validés" dans leur forme "incorrecte" par la direction de Radio-France. Mais je me demande aussi si cet usage minimaliste des temps passés du français, faisant tout bonnement disparaître le passé simple, n'est pas d'une certaine façon une conséquence indirecte de la présence toujours plus grande de l'anglais, qui distingue peu les nuances du passé.
Et si Simonne avait reçu une éducation bilingue, à base d'anglais, ne serait-elle pas en quelque sorte "contaminée" par la syntaxe de cette langue?....
Fort heureusement, ma pratique de la littérature me montre que ce "style" n'a pour le moment qu'une place très marginale. Le passé simple se porte bien en littérature, et ce n'est sans doute pas demain que l'imparfait le supplantera. N'empêche... l'oreille de quelques auditeurs risque d'en être "contaminée", alors qu'en sera-t-il "après-demain"? Cela m'indispose assez pour que j'aie voulu en faire la matière d'un billet, chose que je me propose de faire depuis au moins cinq ans...
Si comme moi vous avez déjà remarqué ce genre de "dérive", je vous propose d'en discuter.
Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, allez écouter les créations de Simonne Depoux, et revenez donner votre avis.
_________________________________________________
(A suivre un peu plus tard: quelques exemples de l'usage que fait Mme Depoux de l'imparfait)
translate into English
Send a message
Search for members
Roland Platteau says:
Nino Castione says:
ciao Onagrino
nino