Dans une tribune libre, l'hebdomadaire indépendant (mais plutôt au centre) donne la parole à Marc Favre d’Échallens, pour une analyse très pertinente des rapports entre la langue impériale et l'idéologie dominante prédatrice qui nous conduit au suicide de l'Humanité
Secrétaire de l’Académie de la Carpette anglaise et Administrateur de Défense de la langue française, Marc Favre d’Échallens, dénonce la dérive du sarkozysme qui conduit à marchandiser les services publics en imposant de plus en plus massivement l'usage de l'anglais comme langue du management.
Pour ma part, cela fait longtemps que j'en suis persuadée, et je m'étonne que tant de gens encore se laissent illusionner par cette prétendue "incontournabilité" de l'anglais, décliné en "globish" pour les masses, et "langue universelle" du point de vue de l'oligarchie...
Voici ce que j'ai écrit en commentaire (pour l'article lui-même et les autres réactions, dont je cite une partie dans les miennes, voir le site de Marianne)
------------------------------------------------------------------------------------------------------
Dans le titre de l'article, j'aurais écrit "comment et pourquoi Sarkozy impose le tout-à-l'anglais"
1) il ne s'agit pas que de Sarkozy, mais la tendance est générale en Europe, et même dans le monde.
A savoir: le gouvernement de Berlusconi est en train de rendre facultatif l'enseignement des autres langues!!!
2) Tant qu'on ne sortira pas de l'illusion qu'il serait possible de résister à cette pression par un "multilinguisme" pur et dur, plurilinguisme genre "galaxies de langues" de Louis-Jean Calvet et Françoise Ploquin (donc sans aucune alternative à l'anglais comme langue véhiculaire commune), la tendance ne pourra que continuer et même s'accentuer.
3) Donc, pour enrayer et inverser la progression de l'anglais, il convient de promouvoir une langue n'appartenant à aucun état, porteuse d'une idéologie humaniste (et non pas prédatrice comme l'est le plus souvent celle liée à l'obligation d'anglais): l'espéranto. Tout ou presque est en place pour y parvenir rapidement. Ne manquent plus que l'information du grand public, et les volontés politiques et tout d'abord le soutien des partis "de gauche".
-------------------------------------------------------------------------------------
54. Posté par aramis le 09/02/2009 21:25
"Certes lorsqu'on voyage la maitrise de l'anglais est une source de confort...."
Pas toujours, cela dépend comment on voyage. Voir ceci: www.ipernity.com/blog/42554/126053
45. Posté par EREVAN le 09/02/2009 18:03
"Vous pouvez pérorer autant que vous voulez sur l'invasion de l'anglais. C'est la seule langue qui permette de traverser les frontières. C'est un fait."
Idem, vous avez un fitre sur les yeux ou êtes simplement ignorant (ou les deux, l'un entraînant l'autre).
J'ai parlé directement avec des Chinois, des Russes, des Mongols, des Serbes, des Israeliens, des Népalais etc...sans utiliser l'anglais.
Quand je vais en Italie, je parle italien, en Espagne, je parle espagnol (parfois aussi français...) mais je me refuse à y parler anglais. Mon allemand est rudimentaire, mais cela peut servir. En tous cas, jusqu'à présent, c'est l'espéranto qui m'a permis les contacts les plus variés et authentiques!
Le même (EREVAN);
"Un autre fait réside dans la nullité crasse des enseignants français qui parlent anglais comme un poteau télégraphique."
Ah on y est: le rideau de fumée!!! Sur les paralogismes, voir: www.ipernity.com/blog/onagrino/89327
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------
86. Posté par Couturier Dominique le 11/02/2009 09:42
"Pour reprendre votre exemple, le mandarin ou l'hindi sont des langues régionales, l'anglais est une langue internationale."
Non, 3 fois non... l'anglais n'est pas une "langue internationale"!!! C'est une langue nationale (de quelques pays) utilisée internationalement comme langue véhiculaire. Aucune langue (pas même l'espéranto) n'est "internationale" parce que c'est simplement impossible.
L'anglais est surtout la langue de l'oligarchie, et des classes aisées ou très aisées. Quid de tous les autres? Ils sont privés de parole au plan international.
Il n'en reste pas moins que l'espéranto, à l'heure actuelle, est celle qui objectivement a le plus haut degré d'internationalité, quelle que soit la classe sociale à laquelle on appartient (*): vocabulaire indo-européen, qui rend son lexique facile à assimiler pour une grande partie des Terriens: toute l'Amérique (Sud et Nord), toute l'Europe, une grande partie de l'Afrique (ou les 2 langues des ex-colonisateurs sont très répandues).
Reste donc l'Asie. Mais de toutes façons, là comme ailleurs, la pression pour l'anglais y est très forte, avec très très peu de succès (sauf dans l'oligarchie, élevée en Occident (GB ou USA, parfois CH), et la bourgeoisie, dont les enfants reçoivent une éducation + orientée, avec divers soutiens comme cours privés ou voyages linguistiques).
En ce qui concerne l'Asie, donc, ses habitants trouvent quand même leur compte avec l'espéranto, puisqu'à l'aide, disons d'un millier de racines, quelques préfixes et suffixes, on peut former au moins 5000 à 7000 mots. L'accent tonique est régulier (avant dernière syllabe) et l'orthographe plus facile que celles de l'italien, allemand ou espagnol (une lettre -> un phonème, sauf pour c [ts] ĉ [tch] et ĝ [dj]). Par ailleurs ce qui plait beaucoup aux Chinois, c'est que la structure agglutinante de l'espéranto leur rappelle la structure du putong-hua (="langue commune" ou "mandarin" selon les Occidentaux).
"Universelle", "internationale", "artificielle" (opposée à "naturelle") sont des raccourcis qui faussent la vision.
L'espéranto est: une langue auxiliaire construite accessible à tous. Sa structure est rigoureuse, régulière, son écriture quasiment phonétique, ce qui la rend la plus simple de toutes les langues à apprendre, quelle que soit la région du monde où l'on réside. Point.
Dire que l'hindi ou le putong-hua sont des langues "régionales " est "exact" sur le plan de la diffusion (quoique les Chinois aient une politique très volontariste pour diffuser leur langue vers l'extérieur). Mais dans ce sens, ni le français ni l'espagnol ne sont complètement "régionales" car elles sont utilisées dans de nombreuses régions du monde.
(* son côté "trans-classes sociales, c'est la raison pour laquelle elle constitue mon choix!!! Et je présume que Marianne, qui défend un humanisme respectueux de tout(e) un chacun(e) peut approuver cela)
--------------------------------------------------------------
80. Posté par Northmannus le 10/02/2009 23:28
"(...)l'oeuvre civilisatrice menée par la France (...), je jubilais en voyant comment ils utilisent les mêmes arguments que les défenseurs des langues dites (...) régionales, alors que, en temps normal, ils écrasent de tout leur mépris (...) les discours de défense des langues autres que le français.
Je jubilais en rappelant que les arguments des tout-anglais sont exactement ceux des partisans du tout-français."
BRAVO!
"C'est bien la loi française, (...) qui" Je souscris!
"L'ennemi, c'est en France qu'on le trouve: c'est le nationalisme français (...)" Je préfèrerais dire: ce sont tous les nationalismes...tous les types d'oppression.
-----------------------------------------------------------
81. Posté par krokodilo le 10/02/2009 23:35
" (...)exigent de nous, de vous, de tous, qu’on sacrifie environ 10.000 heures de notre vie (plus les séjours, les livres, le coût global) à apprendre leur langue, tandis qu’eux se la coulent douce (...)."
Je n'en suis pas sûre! Ils se contenteraient de bien moins de 10 000 h pour la plèbe... Le globish suffit pour créer une diglossie généralisée: l'anglais pour les "élites", et le globish pour les masses manipulables. Un globish qui sert à faire acheter, donc consommer, mais qui ne donne pas accès à la rhétorique. Ne pas piger cela, croire que "l'accès à l'anglais" peut "libérer", c'est le piège dans lequel tombent les naïfs!
------------------------------------------------
84. Posté par Bonard Guillaume le 11/02/2009 01:37
"(...) la gauche pétard avec leur esperanto.(...)L'esperanto utilise le même alphabet que le notre, bref latin, européen ! Ensuite la grammaire utilise quasimment les mêmes principes que celle du français ou l'anglais. Cette langue sera beaucoup plus facile a assimiler par les occidentaux que par le reste du monde.
1) Qu'est-ce qui vous autorise à nous qualifier de "gauche pétard"? Vous parlez de ce que vous ne connaissez pas, et l'ironie n'est pas un argument pouvant remplacer la connaissance des faits.
Je pourrais vous citer de nombreux linguistes, ou des personnalités qui défendent activement l'espéranto: Probal Dagsputa, linguiste indien, Humphrey Tonkin (Britannique spécialiste de Shakespeare, ex-enseignant à Harvard) Charles Durand professeur de technologie et informatique (plutôt à droite, je le suppose gaulliste), Albert Jacquard, plusieurs députés du parlement de l'UE, notamment Bronislaw Geremek hélas décédé l'été dernier, ex vice-président du parlement, Reinard Selten, prix Nobel d'économie, Robert Phillipson, prof d'anglais dans une école de commerce de Copenhague, et auteur de "Linguistic Imperialism" (Oxford University press), John Wells, prof de phonétique à l'Université de Londres, François Grin, Suisse docteur en économie des langues, www.geneve.ch/sred/collaborateurs/pagesperso/d-h/grinfrancois/francoisgrin.html
Pour répondre quand même à votre objection: il y a une faille dans votre "raisonnement" car l'important n'est pas de savoir si l'espéranto est plus difficile à assimiler pour les Asiatiques que pour les Européens, mais de savoir s'il est plus facile à assimiler pour eux que l'anglais.
Or le fait est: pour eux aussi, une fois passé l'obstacle du lexique (qui existe bien moins que pour l'anglais, voir plus haut ma réponse à ZapPow dans cette même contribution: la combinaison de racines et affixes soulage la mémoire ***), ils n'ont à surmonter aucun problème grammatical ni phonétique. Qui oserait nier que le hiatus entre oral et écrit est épouvantable en anglais????
2) Vous ne connaissez apparemment rien à la grammaire de l'espéranto(**), sinon vous ne vous hasarderiez pas à affirmer qu'elle est semblable à celles de l'anglais ou du français. C'est la grammaire la plus rigoureuse, souple et "internationale" qui puisse exister. A ce sujet, voir Claude PIron
notamment structures linguistiques et accusatif et
langue occidentale?
Mais aurez-vous l'honnêteté intellectuelle d'aller lire ce qui vous montrera vos erreurs?
(**) C'est bien d'ailleurs un des problèmes constants dans les relations humaines: l'assurance têtue de tous ceux qui, croyant savoir, veulent imposer leur point de vue boiteux (parfois méprisant ou haineux) à tout le monde. Socrate est loin qui recommandait: "Connais-toi toi-même"
(***) En outre, l'apprentissage de l'espéranto joue un rôle propédeutique: une fois assimilé le lexique indo-européen de cette langue, les Asiatiques ont plus de facilités, ensuite, pour apprendre une langue européenne!
http://www.ipernity.com/onagrino
Send a message
Search for members
Hermes says:
Onagrino (Dominique)--- (*)pro replies:
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
--------------------------------------------------
Pas de quoi... Cependant il ne s'agit pas vraiment d'un travail "de" Marianne. Ce n'était qu'une tribune ibre. Espérons qu'un jour, la presse va commencer à informer sur la réalité actuelle de l'espéranto, et sur ses riches potentialités pour les peuples (et non l'oligarchie).
Granad'Apro says:
Après tout c'est une langue que je comprend et on me comprend... Pourquoi un langage serait-il plus prédateur qu'un autre ? L'esperanto n'est pas une langue innée et j'avoue ne pas en comprendre le sens par ce qu'elle ne se rattache à aucune culture...
mais je n'ai rien contre, je ne constate que l'échec patent... L'italen s'en sort mieux !
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Alors, "pas inné" l'espéranto? En quoi cela serait-il un handicap? Il n'est pas concurrent du français, ni même de l'anglais (en tant que langue de culture) car l'utiliser n'empêche pas d'apprendre aussi l'anglais... le russe ou l'espagnol etc...
Tu veux dire qu'il ne s'est pas construit au fil des millénaires d'une façon "naturelle", mais qu'il a été construit, sur la volonté d'un individu.
Et c'est bien là que le bât blesse pour beaucoup de gens. Il y a comme un blocage. Pourtant, cela n'empêche pas que l'espéranto soit enraciné dans la culture et l'histoire européenne par son vocabulaire. En ce sens, on ne peut pas dire qu'il soit "artificiel". Certes, sa grammaire est régulière et logique. Et, bien qu'il soit classé dans les langues "agglutinantes" cela l'apparente aussi aux langues isolantes comme le chinois (similarité de fonctionnement).
D'où sa grande internationalité.
"Ne se rattache à aucune culture"??? Mais... il faudrait d'abord préciser ce qu'est la "culture"!!!
La "culture" de l'espéranto, c'est avant tout l'écoute de l'autre, d'où qu'il provienne, c'est la tolérance, le respect. Et la langue "espéranto", au cours de ses 122 ans de vie et de développement, a non seulement été utilisée pour créer des oeuvres originales, mais aussi pour diffuser auprès de ses locuteurs les oeuvres de régions du globe méconnues. C'st un vecteur pour les cultures humaines, et pas seulement pour la culture de deux ou trois nations dominantes...
dormomusopro says:
L'intérêt de l'esperanto est :
- qu'il demande moins de temps pour être appris, ce qui laisse du temps pour les autres langues, et qui permet de les apprendre plus facilement (parce que plus on parle de langue,et plus on les apprends vite).
- Qu'il n'est pas lié à une culture géographiquement délimité, ce qui ne l'empêche pas d'être lié à de nombreuses cultures et à un embryon de culture commune. Concrètement il ne phagocyte pas les petites cultures locales, au contraire, il les fait connaître, par le biais de traduction plus proche de l'original.
Le problème de l'espéranto, c'est qu'il n'a pas encore atteint la masse critique. Une fois atteint, je parie que le phénomène sera exponentiel et irréversible. En attendant (ou pas) cette masse critique, on s'amuse bien, et c'est déjà ça :-) Et, sur la question de la démocratie mondiale et du respect de la diversité linguistique, on est une alternative crédible dans un monde qui semble en manquer dramatiquement.
dormomuso edited this comment 9 months ago.
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Pour un certain nombre de gens, apprendre d'autres langues nationales n'est pas "perdre son temps", mais découvrir d'autres façons de dire les choses, donc de les penser. C'est aussi un moyen de montrer aux peuples qu'on visite qu'on s'intéresse à leur culture, donc à eux...
En ce qui concerne le danger pour les langues ethniques si l'espéranto était très répandu, comme je pense qu'il faudrait bien plus d'un siècle our arriver à cela, et que je pense aussi et surtout que le premier péril est la simple survie de l'humanité (pour des causes dûes à la surexploitation du milieu naturel et confié qu'est la Terre)... eh bien je pense vraiment qu'on n'a rien à perdre à essayer l'espéranto!
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
dormomusopro says:
Les "effets" de l'espéranto sont très variables selon les individus pour des tas de raisons.
Et je suis également assez flemmard sur l'apprentissage des autres langues.
Cependant globalement, je crois que l'espéranto a plus tendance à faire découvrir de nouvelles langues que le contraire. C'est ce que j'observe chez la plupart des espérantistes autour de moi, en tout cas.
Quoi qu'il en soit, mon raisonnement faisait plutôt l'hypothèse d'un monde où l'espéranto était plus répandu, et où l'on pouvait apprendre cette langue à l'école. Je suis convaincu que cela contribuerait bien plus à la diversité des langues, qu'à leurs disparitions comme c'est le cas actuellement.
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Nous avons besoin de tout le monde: les espérantophones ("movadanoj" ou "raumistoj", les esperantophiles, les esperantographes.. et même les soutiens "par raison", comme il s'en trouve par exemple chez les Verts.
Et je souscris à ce que dit le petit loir (dormomuso). Globalement, l'espéranto favorise plutôt la découverte des autres langues. Mais on ne peut parier ce qu'il en serait si 1/4 (ou plus) de la population mondiale le parlait (ce qui est loiin d'être la cas actuellement pour l'anglais)
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Je vais me faire prophète à peu de frais : si 25% de la population mondiale parlait espéranto (ou ido, pour ne pas faire de jaloux), McDonald se mettrait à l'espéranto, et le monde continuerait à tourner en mode connard, mais en espéranto. Un monde où l'espéranto serait très répandu, ne favoriserait pas davantage l'apprentissage de l'inuktituk, parce que par nature, l'homme est paresseux et qu'il préfère la ligne droite entre deux points : l'espéranto ne favoriserait pas la survie de l'inuktituk, il le ferait disparaître. Curieusement, aujourd'hui, c'est grâce à l'anglais que l'inuktituk (et une multitude de petites langues amérindiennes) peut être enseigné aux non-inuits (ce qui, incidemment, signifie "non-humains").
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Je comprends que vous ayez de la distance par rapport à l'enrégimentement. Je suis moi-même plutôt franc-tireur (féminin???), mais je collabore volontiers avec des tas de gens y compris des gens avec lesquels j'ai, sur d'autres points, des désaccords....
dormomusopro replies:
En ce qui me concerne, j'avoue que j'ai un peu trop tendance à chercher un catalyseur, qui par effet boule de neige changerait le mode d'organisation actuelle pour rendre ce monde un peu moins cruel et un peu plus palpitant, pour soi et les autres. Un peu moins absurde. On sent qu'il y a du potentiel gaché.
Je sait bien que c'est complexe comme un être vivant, et que l'espéranto ne changera pas tout. Je doute et suis à l'écoute. Je m'intéresse à d'autres sujets, quand j'ai le temps. Parfois même, je parviens à vivre ce que je revendique, souvent je me content de survivre. On fait ce qu'on peut.
Et pourquoi le McDonald ne pourrait-il pas lui aussi se transformer radicalement, pas uniquement sur l'espéranto ? Sommes-nous si certain de la puissance de nos maitres ? Leur puissance ne provient-elle pas essentiellement de nos croyances ? A force de penser que rien ne peut éclore par manque de rapport de force, on finit par manquer d'imagination et d'esprit ludique !
En ce qui concerne l'inuktituk, c'est vrai que c'est un contre-exemple intéressant. Ce n'est pas l'obligation de l'apprentissage de l'anglais qui fait que ses locuteurs le parlent de moins en moins, puisqu'ils connaissent déjà l'anglais. Arithmétiquement, la situation serait encore pire pour l'inuktikuk si la langue de leur colonisateur n'était pas aussi la langue impériale.
Mais je persiste, l'inuktikuk est une exception : L'espéranto, en mettant toutes les langues à égalité, en remettant à leur place l'anglais (mais aussi le chinois, l'espagnole et d'autres...) est un moyen permettant de sauver de nombreuses langues. L'espéranto laisserait au culture locale suffisamment d'espace pour se moderniser autrement qu'en étant phagocyté par l'anglais (et par quelques autres super-langues.)
Je dirais même par provocation que l'espéranto pourrait bien avoir la qualité de ses défauts : on ne voudra pas de lui pour remplacer les langues locales, ce qui les préservera d'autant plus :-p
Michel, nous conseille-tu d'autres pistes à explorer pour changer un peu ce monde ? Ou pense-tu seulement qu'il est vain de vouloir changer le monde et que l'on ne peut, au mieux, que se changer soi-même ?
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Pour ce qui est du rôle protecteur de l'anglais, je pourrais te faire une liste incroyable de langues dont l'apprentissage n'est possible que via l'anglais. En Inde, par exemple, on peut apprendre des dizaines et des dizaines de langues du subcontinent en achetant dans n'importe quelle librairie une méthode anglais-langue X. Ici, la seule façon d'apprendre le cree, l'iroquois, et bien d'autres langues améridiennes, c'est d'ouvrir un manuel en anglais.
Quant à la partie provocatrice de ton texte, eh bien, je dirais que si demain matin on enseignait systématiquement l'espéranto (ou même l'anglais) aux enfants d'une tribu qui parle une langue menacée, trois générations plus tard, on enterrerait cette langue, ou tenterait de la réapprendre via l'espéranto ou l'anglais.
Pour changer le monde, je n'ai pas de piste malheureusement. Mais la sortie du subjectivisme radical serait déjà quelque chose.
Michel de Sainte-Déprime edited this comment 9 months ago.
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Hermes says:
Sinon est ce que l'eo conduirait à la mort de certaines langues contrairement à l'anglais dans certains cas, je ne pense pas. L'anglais est selon moi l'outils le plus utilisé au niveau mondial, ce n'est pas l'anglais en lui même qui sauvegarde les langues, cela pourrait être n'importe quelle langue que ce soit le francais, l'allemand, l'espagnol ou l'esperanto qui servirait de véhicule de transmission de l'information, la seule condition est un véhicule de communication au niveau mondial.
Sinon pour l'apprentissage des langues, oui il en existera des paresseux, il en existe aussi car cela demande un gros travail aussi et que pour certains l'anglais est si present ou si contraignant dans leur vie que cela les décourage d'apprendre d'autres langues. De tout cela je pense que l'esperanto restera un bon stimulant, une bonne approche des langues qu'il déchargera les programmes pour faire un réel apprentissage de culture des langues, contrairement à ce que l'on fait maintenant ,un apprentissage à but professionnel. Bien sur les langues ne passionerons pas tout le monde, mais je pense que le nombre pourrait augmenter.
Sinon pour les mentalités, la barriere des langues conduit obligatoirement à une mentalité differente puisque qu'on ne peut pas tous communiquer facilement. Sinon une mentalité particulière à chaque langue, si elle existe, chaque langue conduit à une mentalité differente. Par exemple l'absence d'article dans certaine slangues donne des expressions bien differentes, le tutoiement francais qui fait étrange dans d'autres langues, la classification de famille en indonésien, en japonais et en chinois je crois, tout cela conduit à une mentalité differente qu'il est diffcille de dépasser quand on apprend une autre langue, comme dans le cas des idiotismes, de la poésie, des calques, ect.
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Majorité, mais aussi minorité mal informées, sont toujours sur le mauvais chemin. Le problème est de savoir si et quand on est suffisamment informé. Sur la question de la langue auxiliaire, je suis d'avis qu'il y a encore quelques pas prudents à franchir avant de "forcer un peu".
Tu as raison de dire que ce n'est pas l'anglais en soi qui contribue à sauver certaines langues en déclin. Mais il aurait fallu ajouter que ce n'est pas l'espéranto en soi non plus (pourtant, on le chante sur les toits). À mon avis, l'espéranto ferait bien pire à cause de la "contrainte" de sa facilité. Avec l'invention du moteur à explosion, on a vite oublié le cheval de trait. On continuera peut-être à faire de l'algonquin comme on fait de l'araméen biblique aujourd'hui, mais pas plus. sans doute moins. Et Mc Donald vendra ses hamburgers en espéranto.
Pour ce qui est des mentalités spécifiques à chaque langue, le milieu des linguistes reconnaît la valeur toujours incontestée des travaux de James Barr au sujet du mythe de la différence de mentalité entre l'hébreu et la koinè (The Semantics of Biblical Language, Oxford, 1961). Les spécificités que tu soulignes me paraissent tenir davantage de la culture que du fonctionnement des langues, non ? Et selon Barr, aucune langue n'enferme les esprits dans une vision particulière du monde (je ferais une exception : le toki pona).
Michel de Sainte-Déprime edited this comment 9 months ago.
Hermes replies:
Pour les pas prudent, oui faire des tests mais par ces tests on aide en forcant un peu.
Pour l'esperanto, il faut voir avec l'anglais, ce dernier mange enormement d'heures dans les langues et tellment dans certains pays que c'est maintenant la seule seconde langue apprisse, la France est un exemple parfait reduction de l'allemand , de l'italien, du russe, quasi disparition de la 3eme langue. L'avantage de l'eo c'est par son apprentissage plus rapide permettre aux heures restantes d'être utiliser par exemple pour une diversité d'apprentissage des langues. L'esperanto faire pire c'est possible, à condition d'oublier de mettre des barrières de sécurités.
AU sujet des langues les specificités viennent vraiment des langues, en fait d'une partie culturelle liée aux langues. Et l'histoire de l'esperanto par sa facilité montre bien cela, le principe de la réformite aigue. Sinon je n'ai pas dis que les langues enferment les esprits, j'ai dis par contre qu'il existait des difficultés et le problème des calques le montre parfaitement.
dormomusopro says:
J'ai toujours moins de solutions, mais j'entrevois déjà un peu plus de questions...
Merci.
Mais cependant je préfère croire :-p
Imaginons que l'espéranto remette un peu les langues sur un pied d'égalité : peut-être que je me re-localiserai en apprenant l'occitan et en participant à l'invention d'une forme moderne de sa culture.
Ce serait à la fois plus ludique et plus réel alors de voyager (à pied). Ce serait peut être même plus passionnant qu'un roman d'aventure, ça vaut le coup d'essayer.
Ou alors je choisirai une langue étrangère d'adoption parce que sa "mentalité" me plait contribuant à la naissance de culture trans-national. Mais comment voyagera-t-on alors à la rencontre d'autres cultures si tout est de plus en plus a-géographique.
Zut encore des questions. Je veux juste croire ! Des groupes de personnes partout sur la planète utiliseraient une langue neutre pour inventer une démocratie mondiale, son assemblée sous l'égide de l'ONU se rassemblerait à Jérusalem, devenu pour l'occasion territoire international, comme l'antarctique. On y discuterait de démilitarisation et de clauses éthiques dans les accords de libre-échanges, en attendant mieux. Il y aurait des ONG mais également des partis politiques réellement internationaux.
Zut, je suis en retard pour le travail.
Peut-être que je devrais m'intéresser à des sujets plus concrets pour le moment. Combien de temps passer vous par semaine à faire le ménage ?
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Pour ce qui est du ménage, beaucoup moins de temps que devant cette saloperie d'ordinateur :-(
dormomusopro says:
Comme dans la chanson d'Higelin
www.youtube.com/watch?v=dfi-R5zQPMY (je précise je ne sais pas qui c'est)
Saloperie d'ordinateur, aussi.
A+ tous.
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Le ménage, il faut le refaire de toutes façons, alors pour ma part, je le fais quand ça commence à me sembler nécessaire, c'est à dire une ou deux fois par semaine, mais de façon sélective.
Onagrino (Dominique)--- (*) edited this comment 9 months ago.
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Michel de Sainte-Déprimepro replies:
Onagrino (Dominique)--- (*)pro says:
Je suppose que vous le savez : quand on discute de langues et de l'espéranto dans un groupe (que ce soit dans la "vraie vie" ou en virtuel), il se trouve presque toujours une partie des interlocuteurs pour proposer comme alternatives soit la langue des signes, soit l'interlingua, soit le latin... Le volapük c'est plus que rare (en général ils n'en ont jamais entendu parler), et l'ido, bien évidemment ils ne savent même pas que ça existe.
A vrai dire, je ne sais pas grand-chose à son sujet. Mais la démarche de départ me semble surprenante, et j'ai l'impression que ça participe de la même démarche psychologique que celle des défenseurs de l'interlingua... A savoir, il faut absolument réintroduire de la difficulté et de l'irrégularité, comme si le péché originale de l'e-o était justement cela: sa logique.
Piron ne parlait pas de l'ido ou de l'interlingua dans son article "Réactions psychologiques", mais je suppose que ça participe du même tabou, intégré très tôt dans l'enfance, et insurmontable pour certains.