P'tit texte poétique, le premier d'une série que je téléchargerai peut-être sur ipernity.
Les Poils
Les poils, c’est comme les gros seins
Si tu les montres pas, t’es un crétin
Depuis toujours, depuis l’aube des temps,
Les poils cajolent archaïques frivoles
Contes et légendes impriment poilants
Et laissent trace du sauvage symbole
La toison d’or ou le yeti fascinent
Les Hindous, les Grecs, les Japonais
Exotique appendice, parures et patines
Les poussent au fantasme, à l’attrait
Enkidou d’Ourouk à Sumer
Demi-dieu surdimensionné
Pelage vigoureux mystère
Recouvert de la tête aux pieds
Mythique loup-garou,
Force brute croque fatal
Hanuman et enfant-loups
Royal archétype animal
Le disco seventies épicuriens
Barbes et moustaches libérées
Ode d’odeurs et de poils libertins
Signent aérien la baise éclairée
Sean Connery et Andy Garcia,
Envoutent Hollywood, virils sexys
Héros des dames, puissants ébats
Aiguisent leurs phéromones en folie
Au soleil levant, fantasmes pubiens
Filtrés pour ne pas choquer, pour stimuler
En Occident, fourrures au masculin
Figurent les hordes barbares régurgitées
Marque de l’étrange étranger culbute
Telle la diversité colorée, le noir occulté
Hair is beautiful, hirsute culture d’un culte
Adulte, je dois les assumer avec fierté
Car depuis l’enfance, ici en France
Suscite jalousies, préjugés et moqueries
Physique décalée et interne substance
Confond, intégré, la crainte d’être banni
Virilité confisquée par l’idée totalitaire
Poils et saletés aux yeux des aseptisés
Le totem rappelle les fascistes volontaires
L’emblème suggère l’animalité débridée
A l’adolescence, corps transformé,
Le système connexe rend perplexe,
Doucement, j’apprends à les dénuder
A crier : poils attitrés, poil au sexe
Raser, épiler, gommer sa sexualité
Au nom propre du civilisé malodorant
Hères imberbes d’une société laserisée
D’artifice bridé, me les brise dorénavant
Oh ma belle dame, au cœur si flou
Cachons ce poil que je ne saurais voir
Chemises boutonnées jusqu’au cou
Complexe à mourir étrangle l’auditoire
Résultat provoqué : solidarité des poilus
Gloire aux mâles, aux crins méditerranéens
Vive le tribut, sauvage attribut de ma tribu
Chantons cul nu les jeux herculéens
Lisses et soyeux polissent délicieux
Les vices féminins et leur calice fripon
L’israélienne glisse ses doigts langoureux
Jouit à sa façon entre mes poils polissons
Elle s’accroche et les tire à force de désir
Et moi, raw bite, je lui mords les tétons
Verge et vagin imbriqués à n’en plus finir
Enflamme sanguin le cuir de nos suçons
Les poils, c’est comme les gros seins
Si tu les montres pas, t’es un crétin
Michael Gutmann