Plutôt que de louer à l’Etat un pont métallique initialement destiné à la continuité d’un itinéraire bis, la ville de Crest s’est offert un superbe pont écologique en bois.

Le pont de Crest est un ouvrage routier à double sens et à deux voies. Ses caractéristiques autorisent le passage de véhicules de 3,5 tonnes. Sa conception permet également le passage des cyclistes et des piétons.

La réflexion approfondie du projet a permis à la commune d’atteindre deux objectifs :
- mettre en oeuvre, dans les choix du projet urbain " Crest 2000-2020 ", le développement de la ville au nord et au sud dans des conditions exigeantes d’environnement
- participer à la redynamisation de la filière bois, ressource naturelle de la région.

Cette opération est la première d’une telle ampleur. Avec près de 100 mètres de portée, ce pont sur la Drôme est le plus long pont de bois de France. Le partenariat étroit de la commune maître d’ouvrage, dès l’origine du projet, avec le CNDB (Comité National pour le Développement du Bois), a permis de réaliser cet ouvrage de franchissement innovant. Le pont de Crest s’inscrit d’ores et déjà comme une solution innovante dans la construction bois de structures porteuses.

Fiche technique :

Maîtrise d’ouvrage : Maîtrise d’œuvre :
Architecte :
Ingénieur bois :
Construction :


Partenaires
:





Budget :



Ville de Crest
Scétauroute mandataire
Atelier de l’Entre
Arborescence
Entreprises GTM Construction
et Fargeot
Conseil Général de la Drôme
Conseil Régional Rhône-Alpes
Etat
Union Européenne
FIBOIS / FIBRA / CNDB
1,5 million d'euros
(10 millions de francs)



Outre l’intérêt urbain et économique évident de la construction d’un pont pérenne pour remplacer le pont métallique provisoire, l’impact sur l’environnement et le développement touristique de la commune ont incité à privilégier un choix de pont particulièrement valorisant pour l’environnement.

Différentes solutions ont été développées selon les critères suivants :
- l’économie par une réduction de la portée grâce aux appuis intermédiaires en limitant les perturbations sur l’hydraulique du cours d’eau,
- l’élégance d’un ouvrage en bois tout en affirmant sa légèreté et sa technicité,
- la protection constructive de la structure bois pour assurer sa pérennité.
La solution retenue fut celle proposée conjointement par le Cabinet de l’Entre et Arborescence : un pont de bois de trois travées non couvert.

L’architecte et l’ingénieur, passionnés du bois, ont travaillé la structure autour d’une arborescence qui se caractérise par la forme naturelle des arbres et témoigne de leur efficacité. La ramification des branches spatiales vers des piliers en béton canalise les efforts de compression et permet l’allégement du tablier.

Les caractéristiques du pont sont les suivantes :

- longueur totale du tablier 92m, répartie sur trois travées de 29+33+29m,
- largeur totale entre garde-corps 8m,
dont deux voies de circulation de 2,75m et deux trottoirs de 1,25m.

Le tablier est composé de quatre nervures en bois lamellé collé constitué de planches de Douglas purgé d’aubier, mais de qualité courante, représentant 60m3. Cette essence est disponible en Rhône-Alpes et dans le Massif central.
Les superstructures telles que les consoles supportant les trottoirs, les platelages et les mains courantes sont réalisés en bois massif. Il s’agit du chêne pour les platelages et les bordures de trottoirs, ainsi que du Douglas pour les garde-corps et les solives, qui représentent 60m3 de bois massif.


La qualité environnementale des bâtiments et plus timidement celle des ouvrages d’art va de plus en plus s’imposer aux professionnels comme un critère supplémentaire de décision. Compte tenu des engagements internationaux et la prise de conscience des impacts générés par le bâti sur l’environnement, les choix des décideurs pour de nouveaux projets devront évoluer.

En pionnier, la maîtrise d’oeuvre, soutenue par la maîtrise d’ouvrage du pont de Crest, a conçu un ouvrage de franchissement plus respectueux de l’environnement :
- intégration de l’ouvrage dans le site,
- utilisation du bois, seul matériau de construction naturel et renouvelable qui stocke le gaz carbonique,
- priorité donnée aux essences de bois locales : impact sur le transport qui sur un trajet court apporte peu de nuisances,
- implantation des piles respectant le cours d’eau: pas de surcreusement du lit de la rivière.

 

Ouvert à la circulation le 30 juin 2001 après 10 mois de chantier, le pont en bois fait la fierté des Crestois et déclenche l’enthousiasme des visiteurs.

Le pont en bois a reçu le Prix Territoria 2001 de l’Observatoire national de l’innovation publique et le Label " Merci dit la Planète " instauré par le Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement.