Anthologie permanente : Herberto Helder *****
Enfant au bord de l’air. Il marche parmi les couleurs prodigieuses, les illuminations
D’eau, émeraudes
Exaspérées, les pourpres. Il entre en la clairière. Il passe,
Entier. Il est couvert de pollen.
La convulsion d’un joyau qui roule,
Abruptement allumé. La cicatrice au thorax est une
Arborescence
D’or et de sang. S’y soûlent les essaims des images
Stellaires, rouges
ExtrĂŞmes.
Les alvéoles dans le noir rendent l’enfance folle.
Dans ses maisons profondes, Dieu attend qu’on démontre
Le théorème parfait
Et terrible.
•
Il y a un arbre de gouttes dans chaque paradis.
Le visage ruisselant,
je peux rester le visage ruisselant
Et les yeux grands ouverts.
En ce lieu absolu grâce au souffle,
Des nœuds de vipères d’or frémissent
Sur les pierres enterrées. Des léopards
Lèchent mes mains giratoires.
Et j’ouvre la pierre pour voir l’eau frissonner.
L’eau me soûle.
Comme l’air brille dans les couloirs d’une maison,
Comme l’air brille entre mes doigts.
- Ma vie est incalculable.
•
Les tubes dont le corps est formé,
Les tubes violents, les troubles tubes de plomb,
Un or lyrique, sensible, alchimique les emplit :
Le luxe le luxe
et seulement alors le corps est monstrueux.
Herberto Helder, extrait de Science ultime, trad. du portugais par Laura Lourenço et Marc-Ange Graff. Postface de Gabrielle Althen, Lettres vives, 1993.
poezibao.typepad.com/poezibao/2008/01/anthologie-p-10.html
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Armando Tabordapro says:
mariAna replies:
ao acaso de nocturnas navegações internet afora. Encontrar estes três fragmentos na Poesia Toda
do Herberto é como descobrir uma agulha num palheiro. Mas vou fazer por isso. Muito obrigada pelo teu comentário e até breve.
Béa says:
mariAna replies:
J'ai vu des gens et pas des pires appeller d' "écorchée vivante" l'écriture de ce poète que j'aime tant.
mariAna edited this comment 3 months ago.
Béa replies:
J'aimerais le connaître davantage!
Béa replies:
mariAna replies:
mariAna replies:
HELDER, Herberto
[PORTUGAL] (Funchal, île de Madère, 1930). Bibliothécaire, journaliste et auteur de programmes pour la radio. Collaborateur de nombreuses revues, il fréquente les surréalistes et participe aux travaux du mouvement de poésie concrète (ou expérimentale). En 1958 il publie L’Amour en visite, inclu par la suite dans La Cuiller dans la bouche qui, en 1961, marque son entrée fulgurante sur la scène poétique portugaise. Depuis il a élaboré une œuvre lyrique impressionnante par sa masse, sa cohérence et son originalité. Influencée, au départ, par les grands romantiques allemands (Hölderlin) ou post-romantiques (Rilke), il a très vite assimilé les avant-gardes poétiques de l'après-guerre, aussi bien le post-surréalisme que l'expérimentation poétique. « Dès les années soixante-dix, il atteint cependant une forme de démesure cosmologique, une objectivité qui peu à peu confine au fantastique, une condensation du réalisme et un dépassement par l’ironie qui, dans son cas, vont de pair. ». Publié en 1963, Les Pas en rond est une suite de textes d'humour pataphysicien, brefs et rapides, intermédiaires entre le poème en prose et le conte.
ANTHOLOGIES / REVUES : Poèmes dans Esprit n°7-8, 1967 ; Anthologie de la poésie portugaise, Gallimard, 1971 ; Bicephale, 1982 ; Cahiers du groupe n°16, 1982 ; Europe n°660, 1984 ; Cahiers de Pandora n°14, 1987 ; Action poétique n°119, 1990 ; Cahiers de Louvain n°111, 1991 ; Le Journal des poètes n°7, 1991 ; Po&sie n°66, 1993 ; Poésie portugaise contemporaine, L’Arbre à paroles, 1994 ; Poésie 96 n°65, 1996 ; Anthologie de la poésie portugaise contemporaine, Gallimard, 2003.
Extraits de Les Pas en rond (1963) : « Chiens et marins » (Cães, marinheiros), dans Contes et Chroniques d’expression portugaise, Pocket, 1998 et « Chiens, marins », traduit par Marie-Claire Vromans, dans Des nouvelles du Portugal, Métailié, 2000.
— L'Amour en visite (O amor em visita, 1958), poésie, édition bilingue, traduit du portugais par Magali Montagné. [Paris], Éditions Babel, 1991, 32 pages, 7.62 €
— La Cuiller dans la bouche (A Colher na Boca, 1961 ; O amor em visita, 1958), poésie, édition bilingue, traduit du portugais par Marie-Claire Vromans. [Paris], Éditions La Différence, « Le Fleuve et l'écho », 1991, 208 pages, 15 €
— Les Pas en rond (Os Passos em Volta, 1963), traduit du portugais par Marie-Claire Vromans. [Paris], Éditions Arlea, 1991, 160 pages, épuisé.
— Science ultime (Última Ciência, 1988), poésie, édition bilingue, traduit du portugais par Laura Lourenço et Marc-Ange Graff, postface de Gabrielle Althen. [Paris], Éditions Lettres Vives, « Terre de poésie », 1993, 80 pages, 13.57 €
— Sceaux, suivi de Autres sceaux (Os Selos, 1990 ; Outros Selos), traduit du portugais par Laura Lourenço et Marc-Ange Graff. [Paris], Éditions Lettres Vives, « Terre de poésie », 1993, 52 pages, 12.04 €
— Du monde, précédé de Sceaux, Autres sceaux et Sceaux ultimes, (Os Selos, 1990 ; Outros Selos ; Últimos Selos, 1991 ; Do Mundo, 1994), poésie, édition bilingue, traduit du portugais par Christian Mérer et Nicole Siganos. [Paris], Éditions La Différence, « Le Fleuve et l'écho », 1997, 142 pages, 18.30 €
— Le Poème continu (Poesia Toda, 1953-1996, 1996), somme anthologique, édition bilingue, traduit du portugais par Magali et Max de Carvalho, postface de Manuel Gusmao. [Paris], Institut Camões / Éditions Chandeigne, 2002, 388 pages, 20 €
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mariAna edited this comment 2 months ago.