About this blog

  • 144 posts
  • 23 024 visits
December 2009
  Sun Mon Tue Wed Thu Fri Sat  
      1 2 3 4 5  
  6 7 8 9 10 11 12  
  13 14 15 16 17 18 19  
  20 21 22 23 24 25 26  
  27 28 29 30 31      

Archives

December 4, 2009

La saleté est bonne pour la santé

La saleté est bonne pour la santé

ELISE DUBUISSON

vendredi 04 décembre 2009, 08:51

Astiquer sa maison sans relâche dans le but de se tenir à distance de la saleté et des bactéries qu'elle véhicule serait une perte de temps ! Plus notre environnement est aseptisé, plus nous serions enclins aux allergies et autres maladies, laisse penser une étude menée sur… des cochons et publiée dans BMC Biology.

La flore intestinale des porcs élevés en plein air est plus riche en bactéries luttant contre les agents pathogènes que celle des porcs de batteries. © s. PIRAUx.



Depuis quelque temps, la piste des facteurs environnementaux est de plus en plus souvent évoquée comme cause de la maladie de Crohn ou d'allergies. Comprenez par là que les médecins ont émis l'hypothèse que suite à l'absence régulière de contact avec des bactéries, nos défenses immunitaires peineraient à s'établir au sein de notre organisme.

Forte de cette hypothèse, l'équipe de Denise Kelly de l'Université d'Aberdeen en Grande-Bretagne, s'est penchée sur la question mais à l'échelle des porcelets. Plus précisément, les scientifiques anglais ont cherché à savoir si l'environnement dans lequel évoluent de jeunes porcs influençait leur système immunitaire.

Ainsi, ces derniers ont « recruté » 54 porcelets qu'ils ont divisés en trois groupes. Chacun de ces groupes étant élevé dans des conditions différentes des autres : en plein air, dans un bâtiment et enfin isolé dans un site confiné où ils recevaient une dose quotidienne d'antibiotiques. Afin d'en savoir plus sur le système immunitaire de ces animaux, les chercheurs ont étudié dans le détail leur flore intestinale. Et pour cause, l'ensemble des micro-organismes qui peuplent le tube digestif des animaux et de l'homme participe activement à la lutte contre les agents pathogènes. Parmi cette flore, on trouve notamment les bactéries de la famille des Firmicutes dont les lactobacillus qui sont connues pour leur efficacité à repousser ces agents.

Résultat : chez les porcelets élevés en plein air, 90 % des bactéries de leur flore intestinale appartiennent à cette famille de Firmicutes, contre 70 % chez les ceux qui ont grandi en bâtiment et 50 % chez les isolés. Mieux encore ! En s'intéressant aux gènes impliqués dans le système immunitaire, les chercheurs ont constaté que chez les cochons sales, ces gènes sont plus actifs que chez les cochons propres. Ce qui laisse bel et bien penser que les cochons élevés en plein air et plus fréquemment en contact avec des bactéries présentent un avantage immunitaire sur leurs comparses élevés en batterie. Reste maintenant à vérifier que cette relation est la même chez l'homme.

Published at 14:19 ( 3 comments / 23 visits )
This post is public

December 1st, 2009

Chez les derniers animistes de l' Europe


A 800 kilomètres à l'est de Moscou, le peuple mari, d'origine finno-ougrienne, perpétue ses traditions religieuses païennes en dépit de la pression de l'Eglise orthodoxe et des autorités locales. Au bout de la mauvaise route qui serpente dans la République des Maris-El, le petit village de Mari-Türek ne se distingue en rien des milliers de bourgs oubliés par le temps dans la Russie. Sans industries, la région sommeille à l'écart des grands axes de circulation du district fédéral de la Volga.
Les plaines interminables de cet endroit reculé recèlent pourtant des centaines de lieux de culte, invisibles aux yeux du voyageur pressé. Car dans la religion traditionnelle du peuple mari, foin d'églises : on y pratique son culte dans les rocha, ces petits bois isolés que l'on aperçoit parfois de la route. La République des Maris-El compte plus de 400 rocha sacrés, parfois minuscules, parfois grands comme de petites forêts.

En ce samedi d'automne, c'est justement la veille d'une grande cérémonie religieuse. Au bout d'un chemin de terre, à l'orée de la forêt, Albert Roukavichnikov veille aux derniers préparatifs. Barbu, affublé d'un haut chapeau blanc tissé et d'énormes bottes, le petit homme est pareil à un lutin sorti du bois. Âgé d'une soixantaine d'années, c'est l'un des karta, les prêtres de la religion traditionnelle marie. Il nettoie avec l'aide d'une dizaine d'hommes une vaste clairière, dispose de grandes marmites autour de celle-ci et coupe quelques branches, avant de psalmodier une courte prière dans cette étrange langue gutturale d'origine finno-ougrienne, "pour implorer les Dieux de préserver la cérémonie de demain du mauvais temps".

Car la religion pratiquée par les Maris compte plusieurs dizaines de divinités, liées à la nature et dominées par Iouma, qui correspond au Dieu suprême. Ce petit peuple de 700 000 habitants, dont 300 000 vivent au sein de la République des Maris-El, a maintenu ses traditions religieuses en dépit des pressions exercées par la Russie tsariste, le régime soviétique et les autorités actuelles de l'Eglise orthodoxe. Linguistiquement proche des Estoniens et des Finlandais, les Maris forment un peu moins de 50 % de la population de leur République. Selon les organisations culturelles maries, environ la moitié des Maris pratiquent aujourd'hui le culte traditionnel, parfois en parallèle avec la religion orthodoxe empruntée au peuple russe, qui constitue l'autre moitié de la population de la République des Maris-El.

Ce dimanche, ils sont quelques centaines à affluer vers la forêt de Mari-Türek dès les petites heures du jour. On vient d'un peu partout, parfois même de la diaspora marie, comme en témoignent les plaques minéralogiques des voitures parfois originaires de la lointaine République de Khanty-Mansiïsk, à 1500 kilomètres au nord-est, un voyage de deux jours.

La lente cérémonie se met en branle. Les fidèles entrent dans la forêt par un porche improvisé, recouvert d'une étoffe blanche. La plupart des familles traînent un sac qui émet des sons étranges : "ce sont les oies qui seront sacrifiées pour les Dieux", explique un fidèle avec sa poche de jute animée. "L'âme des animaux sacrifiés s'envolera, puis après le repas, il faudra brûler les restes de viande, afin que ces animaux se rematérialisent au ciel." En plus des oies, un bouvillon et un mouton seront également sacrifiés.

Aujourd'hui, trois karta veillent à la bonne tenue de cette cérémonie. Lors de la mise à mort, entrecoupée de litanies et de conjurations, ce sont eux qui pourront témoigner de l'envolée de l'âme des animaux. Les hommes vont ensuite dépecer les viandes, cuisinées dans un bouillon clair. Les femmes, elles, accumulent sur les tables des montagnes de crêpes grasses qui constituent l'autre mets sacré de la cérémonie. Un quatrième karta trône au milieu de la clairière. Son rôle est important : il distribue du kvas, une boisson de céréales légèrement fermentée, en bénissant les fidèles contre quelques billets qui financeront l'achat des bêtes sacrifiées.

Il faudra plusieurs heures avant que la véritable cérémonie ne commence. Vers midi, dans un coin de la clairière, l'un des trois karta improvise une longue série de psaumes rythmiques, entouré de ses fidèles agenouillés. Le deuxième karta commence à son tour la prière, puis le troisième, éloignés les uns des autres de quelques dizaines de mètres. Une fois la longue incantation terminée, tous se réunissent autour des tables pour manger la soupe et une quantité impressionnante de pain et de crêpes.

"Les Maris vivent en communion avec la nature : ces rituels nous permettent de remercier les dieux pour cette communion", explique Mikhaïl Aïglov, un homme d'une quarantaine d'années au regard rieur et à la moustache saillante. Un peu jeune pour être karta, il est cependant considéré comme "respectable", ce qui lui permet d'organiser la cérémonie aux côtés des anciens. "La moindre molécule sur terre est partie de la nature, et tout ce qui est nature est divin. Lorsque nous nous réunissons en grand nombre comme aujourd'hui, cela permet de générer une puissante énergie cosmique", explique Micha, par ailleurs gardien de sécurité dans le civil.

Encore aujourd'hui, la religion traditionnelle marie est vue d'un mauvais oeil par la puissante Eglise orthodoxe russe, soutenue par les autorités locales. Vitali Tanakov en sait quelque chose. Lui-même karta, il a voulu publier en 2006 un ouvrage religieux, traitant de "l'énergie cosmique" et "des trois aspects de l'âme". Mal lui en prit : son livre n'a pas pu être édité, ayant été taxé de "littérature extrémiste", une condamnation judiciaire souvent utilisée en Russie à l'encontre des opposants politiques. Ennuyé un temps par le FSB (ex-KGB), l'homme ne décolère pas : "Nous ne demandons rien, nous ne voulons pas d'argent ; nous voulons seulement qu'on nous laisse tranquilles."

A Iochkar-Ola, dans les bureaux de l'éparchie, le centre administratif orthodoxe en République des Maris-El, le Père Vladimir planche sur des textes liturgiques traduits en langue marie au début du XXe siècle, que l'Eglise souhaite réécrire en mari contemporain. Pour lui, la religion marie n'existe pas : "Ce sont des croyances de grands-pères, c'est quasi inexistant aujourd'hui." Selon le Père Vladimir, "80 % de la population de la république est orthodoxe". Et les autres ? "Ce sont des Tatars, des musulmans..."
Alexandre Billette

Le Monde

Published at 16:13 ( 3 comments / 29 visits )
This post is public

November 29, 2009

Humour

L'indien

Un indien arrive au saloon, le fusil de chasse dans une main, et un seau de bouse de bison dans l'autre.

- Bison mugissant vouloir café !

Le serveur lui apporte, l'indien descend la tasse en une gorgée, jette le contenu du seau en l'air,
tire dedans et part. Le lendemain, il revient au saloon et redemande du café.

- Ho ! attends un peu là, s'exclame le patron, on est encore en train de nettoyer ton coup d'hier. C'est quoi c't'histoire ?

- Moi prendre cours de management pour être cadre supérieur. Ça travaux pratiques.
Moi arriver le matin, boire café, semer la merde puis disparaître toute la journée.
*******************************************************************************************


L'invitation à déjeuner

Ernest-Antoine fait les courses de Noël. En s'approchant du coffre de son magnifique 4X4, il aperçoit un homme qui ramasse de rachitiques brins d'herbes poussés à travers le béton du parking.

Ernest-Antoine : excusez moi, mon brave, mais que faites vous ?
Le pauvre : je ramasse de l'herbe, c'est pour la manger, j'en ramène aussi à la maison, on n'a plus rien.
Ernest-Antoine : Ah bon !!!!, si je peux me permettre, tenez voici ma carte avec mon adresse, venez plutôt manger à la maison !
Le pauvre : c'est gentil, M'sieur, mais j'ai une femme et huit mômes, et je, enfin ........
Ernest-Antoine : mais, c'est évident, venez avec votre famille !
Le pauvre : Oh alors, ça, c'est gentil ! mais c'est que les grands y sont déjà mariés, pi z'ont aussi des petits !!!
Ernest-Antoine : allons, mon ami, je vous en prie, venez tous !
Le pauvre : Z' êtes sur, parce qu'y a aussi mes sœurs et mes beaux frères on est nombreux......
Ernest-Antoine : Je vous le dis, j'insiste, ça me fait plaisir, venez tous, autour de chez moi, l'herbe est haute comme ça, si vous êtes nombreux, en trois heures c'est tondu !!!!



Joyeux anniversaire


Le vieux Simon ne savait pas trop quoi choisir comme cadeau d'anniversaire pour sa belle-mère.
Finalement, en désespoir de cause, il opta pour l'achat d'une concession funéraire dans un cimetière très huppé de la ville.

Un an plus tard, pour le nouvel anniversaire de sa belle-mère, Simon ne lui achète rien.
La belle-mère ne manque pas de lui faire remarquer son oubli:

- Alors Simon, tu ne m'aimes plus ? Tu n'as plus de considération pour ta belle-maman ?
- C'est à dire belle-maman, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que vous ne vous
étiez pas servi de mon cadeau de l'année dernière...


Published at 11:00 ( 4 comments / 40 visits )
This post is public

November 28, 2009

Découvertes exeptionelles à Nivelles

Des découvertes exceptionnelles

Ven, 30/10/2009 - 17:17 — Service information

«Du jamais vu! », s'est exclamée une xylologue française en visitant le 2ème cimetière découvert par l'équipe d'archéologues lors des travaux de rénovation de la Grand Place. L'état de conservation, le nombre et la typologie des cercueils sont d'une rareté inattendue. Ces recherches pourront servir de référence internationale et apporter des éclaircissements sur la formation de la ville de Nivelles, au départ de l'abbaye primitive.

Les travaux de rénovation de la Grand Place sont divisés en 3 phases durant lesquelles des vestiges sont apparus et apparaîtront encore.

Le cimetière de l'Eglise de Notre Dame
En mars dernier (phase 1), les pelleteuses se sont mises en route le long de l'Hôtel de Ville du côté de la rue de Namur. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'apparaissent les fondations de l'église Notre Dame et son cimetière d'une densité importante et très éclectique: homme, femme, bébé, enfant, vieillard.
Ont également été trouvés: une canalisation en pierre longeant ces fondations à l'extérieur ; une seconde canalisation en brique le long des mêmes fondations, à l'intérieur de l'église ; un sol en brique appartenant à l'époque où l'église fut aménagée en habitation, avant d'être détruite durant la seconde Guerre Mondiale.
Les archéologues du Service public de Wallonie ont également retrouvé les voûtes des caves des maisons venues se greffer au fil du temps autour des alloirs qui donnaient accès à la crypte de la collégiale.
Au vu des résultats de cette première intervention archéologique, un accord a été conclu entre la Ville, l'entrepreneur et le service d'Archéologie pour une fouille plus approfondie du cimetière en juin et juillet derniers. Sous le niveau supérieur du cimetière, des inhumations en cercueil en bois ont été mises au jour. Le bois a pu être préservé grâce à la nature humide du sous-sol et à l'absence d'oxygène. Ces avantages ont permis d'identifier de multiples modèles de cercueils. La plupart d'entre eux sont trapézoïdaux avec leur couvercle parfois conservé; les planches sont chevillées ou clouées. Certains ont un fond formé de traverses espacées (cercueil à claire-voie); d'autres ont un fond formé de baguettes souples longitudinales s'entrelaçant de part et d'autre de traverses (cercueil clayonné). La présence d'un caveau en pierre a même été mise en évidence lors du creusement de la tranchée pour la pose des murs en L. (face à la rue de Namur)

Conservation exceptionnelle des cercueils
Les cercueils ont d'abord été étudiés sur le terrain puis d'autres renseignements seront fournis lors de l'étude en laboratoire. Alors que les ossements sont simplement conditionnés dans des sachets numérotés, les prélèvements du bois, conservés par l'humidité du sous-sol, demandent des soins spécifiques : les 'planches' ont dû être mises dans des contenants remplis d'eau ou emballées dans du géotextile imbibé d'eau et stockées dans un endroit frais et à l'abri de la lumière.

La conservation exceptionnelle et la grande variabilité des contenants en bois vont apporter des informations particulièrement précieuses pour la compréhension des pratiques funéraires mises en œuvre aux époques mérovingienne et médiévale. Ces informations pourront servir de référence en matière d'anthropologie de terrain dans le cadre d'autres études de sites funéraires. Une xylologue française (spécialiste de l'étude des bois), Anne DIETRICH, est venue renforcer l'équipe déjà composée d'un géologue, de deux anthropologues, de 3 archéologues (Marie-Laure VAN HOVE, Didier WILLEMS et Fredéric HELLER) et de bénévoles.
Toutes ces recherches révèleront certains aspects de la vie des Nivellois d'antant et du développement de la ville.

Voies pavées et canalisations
Les travaux suivant leur cours (phase 2), le terrassement de la voirie le long de la Collégiale a dévoilé l'existence de plusieurs niveaux de voies pavées, d'un collecteur principal en brique et de canalisations reliant probablement les maisons qui bordaient la collégiale jadis.
Certaines canalisations pourraient être mises en relation avec la fontaine du perron datant du XVIème siècle; elles servaient probablement à amener et/ou évacuer des eaux.

Un autre cimetière plus ancien
Depuis peu (phase 3), (les photos montrées sur IP)de nouvelles sépultures ont été mises au jour à l'ouest de la Collégiale
: à nouveau des inhumations en cercueil et d'autres en pleine terre ont été observées. Elles pourraient, quant à elles, remonter au XIème siècle ou avant et être associées à l'église Saint-Pierre qui précéda la collégiale romane. Ce cimetière, que nul ne connaissait, semble se prolonger vers l'avant-corps de la collégiale et vers le nord (en direction du Waux-Hall). Tout ce qui a été découvert a été photographié, inventorié et situé sur un plan.
Il y a peu, une restauratrice s'est rendue sur les lieux car un infime morceau de linceul bleu a été retrouvé ainsi qu'une trace de peinture sur le bois.

Comme pour les inhumations dégagées près de l'Eglise Notre-Dame, aucun objet n'a été retrouvé dans les tombes. Les archéologues vont dès lors faire appel aux méthodes de datation par dendrochronologie (mesure des anneaux de croissance du bois) et C14. Les résultats ne seront pas connus avant 6 mois.
Après avoir pu déterminer les sexes, les âges, les maladies, les malformations, les liens de parenté et les conditions d'inhumation, les squelettes seront remis à la Ville et seront déposés dans un ossuaire.

Il faut se réjouir que les Autorités communales, les responsables du chantier ainsi que les archéologues arrivent à se mettre d'accord pour que les uns puissent continuer les travaux de rénovation sans retard et que les autres puissent mettre en lumière la richesse de notre patrimoine.

Rappelons néanmoins que ces recherches sur seulement 60 cm de profondeur sont le fruit d'un suivi archéologique et non de fouilles archéologiques proprement dites.

Petite consolation: les archéologues bénéficieront de plus de temps pour fouiller comme il se doit l'endroit où s'érigeait l'église Saint-Paul, à savoir en face du Palais de Justice.

Published at 14:03 ( 4 comments / 36 visits )
This post is public

November 27, 2009

Quand les crocodiles mangeaient les dinosaures

Au Sahara, une équipe du National Geographic a patiemment mis au jour cinq cousins éteints de nos crocodiles, dont trois espèces nouvelles. Tous vivaient à la même époque et occupaient des niches écologiques différentes. Certains couraient sur de longues pattes et beaucoup semblaient déjà doués pour la nage. Les dinosaures étaient là aussi...

Il y a cent millions d'années, là où se trouve aujourd'hui le Sahara, vivait un monde de crocodiles. Certains étaient de taille modeste mais le plus grand, Sarcosuchus imperator, atteignait environ douze mètres et devait peser huit tonnes. Les Anglo-Saxons aiment l'appeler Supercroc. Ce géant n'est pas un inconnu, le Français Philippe Taquet l'a découvert en 1964. La trouvaille de l'équipe menée par Paul Sereno, qui travaille pour le National Geographic, et Hans Larsson, de la McGill University de Montréal, n'est donc pas une surprise.

Mais elle n'est pas la seule. Depuis 2000, ces paléontologistes explorent le Sahara en plusieurs endroits, notamment au Niger et au Maroc. Dans ces sites qui, il y a cent millions d'années, se situaient au cœur d'un continent unique, le Gondwana, en train de se morceler, l'équipe a exhumé cinq autres espèces de crocodiliens, dont trois étaient inconnues de la science. Pour poursuivre l'habitude des surnoms, les découvreurs les ont baptisées Boarcroc, Ratcroc, Dogcroc, Duckcroc et Pancakecroc. Leurs découvertes font l'objet d'une publication scientifique dans la revue Zookeys mais aussi d'un reportage sur la chaîne de télévision du National Geographic, intitulé When Crocs Ate Dinosaurs (Quand les crocodiles mangeaient les dinosaures), diffusé le 21 novembre 2009.

Sur les terres du Gondwana, les crocodiliens ne marchaient pas tous en rampant comme nos actuels crocodiles, alligators et gavials. Certains se dressaient sur leurs pattes, comme les mammifères, et le terme reptile leur convient bien mal (le mot, d'ailleurs, n'est plus guère utilisé dans les classifications actuelles). On connaît même de plus vieux ancêtres des crocodiles aux pattes de gazelles...

Crocodiles fossiles Dent Sereno Mike Hettwer National Geographic
Crocodiles fossiles Dent Seren…










Une belle dent émerge du sol devant Paul Sereno. C'est celle de Kaprosuchus saharicus, une espèce nouvelle, surnommée Boarcroc. On reconnaît une canine. L'animal disposait de trois séries de dents de ce genre. Il mesurait six mètres et ressemblait à nos crocodiles. Mais il marchait – et même courait – sur quatre vraies pattes. © Mike Hettwer et National Geographic

Coureurs, nageurs, farfouilleurs...

Kaprosuchus saharicus, alias Boarcroc – que l'on pourrait traduire par Croc Sanglier – était de ceux-là. Il atteignait huit mètres et impressionne par ses crocs de grandes tailles. Il fait partie des espèces nouvellement décrites, avec Ratcroc et Pancakecroc (Croc Crêpe ou Croc Galette, donc). Le premier, officiellement nommé Araripesuchus rattoides, ne mesurait qu'un mètre de longueur et sa mâchoire inférieure présente des dents qui semblent faites pour creuser le sol ou le fond de l'eau à la recherche de nourriture. Le dénommé Pancakecroc, Laganosuchus thaumastos pour la science, avait la même taille mais sa dentition est toute différente. Les mâchoires légères portent des dents pointues et le crâne est plat (d'où le surnom). Pour les auteurs, pas de doute, ces animaux devaient rester tapis au sol et se jeter sur une proie lorsqu'elle se présentait.

Duckcroc a un museau en forme de bec de canard, comme l'indiquent son surnom mais aussi son nom latin, Anatosuchus minor (les canards sont des anatidés). Long de moins d'un mètre, il devait fouiller la vase à la recherche de larves ou de grenouilles. L'espèce a été décrite en 2003 par Paul Sereno.

Un peu plus grand et plus agile, Dogcroc (Croc Chien bien sûr), ou encore Araripesuchus wegeneri, est connu depuis plus longtemps. Il était capable de courir sur de robustes pattes. Mais, sa longue queue flexible en témoigne, il était probablement aussi un bon nageur.
Dogcroc et Duckcroc devaient aussi être plus malins que nos crocodiles. Paul Sereno a en effet étudié les crânes disponibles au scanner pour déterminer le volume du cerveau. Selon lui, le prosencéphale (la partie avant du cerveau) est plus développée que chez les crocodiles actuels (dont le volume cérébral est en effet très faible).

Au total, le tableau de ces découvertes décrit une faune variée de crocodiliens qui occupent des niches écologiques diverses. Seulement apparentés de loin aux dinosaures, ces crocodiles devaient leur mener la vie dure et, d'une certaine façon, leur ont survécu, sauf à ceux qui avaient eu la bonne idée de devenir des oiseaux.

Published at 19:33 ( 3 comments / 25 visits )
This post is public

November 27, 2009

Recensement de l'étrange faune des grands fonds

Octobre 2010, Londres : le premier recensement global des océans aura lieu. Après dix ans d’études, les explorateurs des profondeurs du programme Recensement de la Vie Marine révèlent le grouillement des créatures qui n’ont jamais vu la lumière du jour.

Au fond des mers, de la frontière entre la lumière et l’obscurité jusqu’aux froides et noires profondeurs. Les scientifiques du Recensement de la Vie Marine (Census of Marine Life) ont inventorié des espèces des profondeurs d’une étonnante variété, abondance et distribution. Ces espèces qui n’ont jamais vu la lumière du jour (ou si peu) vivent dans un monde froid et sombre, jusqu’à 5.000 mètres sous la crête des vagues.

Révélée par des caméras sous-marines embarquées, des sonars et d’autres technologies d’avant-garde, une collection de 17.650 espèces vit des maigres éléments qui tombent au fond des océans, des bactéries qui exploitent le pétrole, le soufre et le méthane ou encore des os engloutis des baleines. Des créatures peu connues et pourtant, comme l'explique Claire Nouvian, menacées.

Census of Marine Life, c’est 344 chercheurs de 34 pays qui ont traqué 5.722 espèces à plus de 1.000 mètres de profondeur et 17.650 espèces sous les 200 mètres, lorsque la profondeur empêche la photosynthèse du fait du manque de lumière.

Ce concombre de mer transparent ( photo cidessous ) vit à 2.750 m de profondeur dans le golfe du Mexique. Il se nourrit des sédiments riches en détritus. © Larry Maddin / Woods Hole Oceanographic Institution

Lorsque ce recensement de 10 ans se conclura en octobre 2010, les cinq projets d’étude des grandes profondeurs auront effectué 210 expéditions, aux prix d’énormes investissements et de contraintes extrêmes. 210 expéditions pour percer les mystères du royaume jusque-là impénétrable de Poséidon.

Bien que les données soient encore analysées et que le rapport final ne sera achevé que pour le 4 octobre 2010, les schémas d’abondance, de variété et de distribution des espèces sont déjà visibles.

L’abondance des espèces est directement reliée à la disponibilité de la nourriture et décroît rapidement avec la profondeur, parallèlement à la photosynthèse.

Concombre de mer transparent
Concombre de mer transparent













Dans les profondeurs, cette abondance dépend de la présence d’au moins un des facteurs suivants :
La présence de courants rapides qui augmentent les chances de rencontrer de la nourriture ;
La capacité des organismes à vivre longtemps et des populations à se multiplier même avec peu de nourriture ;
L’abondance de la nourriture qui sombre depuis les couches supérieures ou la capacité à des organismes à migrer jusqu’à celle-ci ;
La présence d’une alternative à la photosynthèse pour produire de la matière organique, comme la chimiosynthèse par exemple.

Les monstres tapis dans le noir existent…

La distribution des espèces est directement liée à la profondeur. Les changements dans la composition de la faune dépendent des conséquences de cette profondeur sur la physiologie, l’écologie et les conditions des habitats benthiques pour les organismes.

La biodiversité, quant à elle, est plus difficile à comprendre. Par exemple, bien que les fonds vaseux soient monotones et pauvres, la diversité spécifique de ces vases est curieusement maximale au niveau des marges continentales inférieures. Cette diversité des organismes est le reflet des stratégies diverses qu’ils ont dû mettre en place pour vivre dans ces grandes profondeurs.

Découvrez les galeries féeriques ou monstrueuses de cette faune étrange sur le
site de Census of Marine Life.>>>Superbes photos : à ne pas manquer

Dumbo grimpatheutis
Dumbo grimpatheutis



















Published at 19:27 ( 3 comments / 23 visits )
This post is public

November 27, 2009

Un gène contre le cancer


Des chercheurs de l'Université de Grenade ont découvert un gène suicide, dénommé 'gène E', qui induit la mort des cellules tumorales dérivées du cancer du sein, du poumon et du côlon, et en empêche la croissance. L’utilisation de ce nouveau gène pourrait permettre de réduire les puissants médicaments employés actuellement.

Actuellement, la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie présentent des résultats « limités » dans les stades avancés du cancer, « raison pour laquelle il est urgent de trouver de nouvelles thérapies, et la thérapie génique a émergé comme une plateforme thérapeutique avec un énorme potentiel », explique Ana Rosa Rama du Département d'Anatomie et d'Embryologie Humaine de l'Université de Grenade (UGR).

Son travail a démontré qu'il « est possible d'employer la thérapie génique comme appui à la chimiothérapie, améliorant ses résultats au moment d'attaquer le cancer, en réduisant la dose des agents employés et, en conséquence, en contribuant à la diminution de leurs effets secondaires chez les patients. »

Les scientifiques de l'UGR ont utilisé le gène suicide dénommé E du bactériophage phiX174 pour induire la mort des cellules tumorales. Les chercheurs ont étudié diverses techniques dans le but de comprendre le mécanisme d'action du gène E. Leurs résultats indiquent que le gène E induit dans les cellules un phénomène d'apoptose (mort cellulaire programmée), probablement par lésion mitochondriale.

Ils suggèrent également la possibilité de réduire les concentrations d'agents chimiothérapiques utilisés actuellement. Ainsi, dans le cas cancer du poumon, les chercheurs ont obtenu un peu plus de 14% d'inhibition de croissance tumorale et une réduction de cent fois la dose de l'agent Paclitaxel (chimiothérapie) une fois le traitement combiné avec le gène E. Dans le cas du cancer du côlon, les résultats obtenus ont été similaires. Cependant, la donnée la plus importante concerne le cancer du sein, où la dose de l'agent chimiothérapique, la Doxorubicine, a pu être réduite cent fois, obtenant presque 21% d'inhibition de la prolifération tumorale.

Ces nouveaux résultats semblent encourageants et confirment l’intérêt de la thérapie génique dans le traitement de certaines tumeurs toutefois il faudra de nombreuses années de recherche avant qu’elle soit utilisée de façon courante par les oncologues.

J.I.

Sciences-et-Avenir.com
25/11/2009

Published at 17:50 ( 0 comments / 12 visits )
This post is public

November 16, 2009

Combat sur Internet pour supprimer des info privées : témoignages

Des sénateurs ont déposé une proposition de loi concernant le droit à l'oubli sur Internet. Des internautes du Monde.fr racontent leur combat pour supprimer des informations privées publiées sur Internet.
Licencié pour un CV sur Internet par Bernard

Ayant quitté la France pour Genève en 2008, mon patron , que je connaissais depuis 16 ans, m'a viré pour un CV publié sur le site Viadeo ; il y avait ma photo et mon CV, et cela a suffi pour que je sois accusé de "concurrence déloyale" et qu'il utilise l'argument de "perte irrévocable du lien de confiance" pour me licencier.

En Allemagne, pour un CV sur Linkdin, un cadre a été licencié pour les mêmes raisons. Son employeur avait estimé que si le cadre conservait son CV public, c'est qu'il pouvait éventuellement quitter l'entreprise et à ce titre, ne méritait plus la confiance de la société. Pitoyable !
Difficile de faire effacer un contenu personnel sur Internet ! par Mister Gizmo

J'ai un exemple tout simple. Beaucoup d'internautes, lors de leur première recherche sur la Toile, lancent une requête avec leur nom et prénom sur Google ou un autre navigateur. Et là, les surprises commencent. Pour ma part, plusieurs résultats au travers de différents site comme 123people.fr, copainsdavant.linternaute.com, annuaires autres que pagesblanches.fr...
Ce sont des moteurs de recherche qui croisent les données entre elles. Et une vielle photo de vous sera associée à votre dernière adresse, votre pseudonyme, votre numéro de téléphone, vos articles et commentaires publiés sur différents site, votre géo-localisation, les vidéos publiées sous votre pseudonyme, vos sites internet ou blogs. Le tout sur une seule page avec un peu de publicité. C'est une forme de fichage accessible à tous , un véritable fichier "Edvige".

Et lorsque l'on demande au webmaster de 123people.fr d'effacer les données vous concernant, il rétorque que les données sont libres d'accès sur la Toile, comme votre adresse sur les pages jaunes, et que rien légalement ne les empêche de les utiliser à leur avantage.
Chercher un nouveau travail par Agnès

Comment chercher du boulot quand, il y a quelques années, tu as signé de ton nom des pétitions en ligne ? Quand ton nom apparaît sur des tracts syndicaux ? Quand tu as écrit au courrier des lecteurs d'une revue, témoignant d'une activité militante ? Être actif dans le milieu associatif et syndical, ce n'est pas bien vu par les futurs employeurs qui veulent des salariés qui se consacrent corps et âme au travail...

Alors bien sûr personne n'a eu l'intention de nuire, mais le résultat est là : les futurs employeurs tapent ton nom dans Google, et l'affaire est close. Et si tu veux faire modifier ton nom partout, 5 ans après, il faut se lever tôt. Comment espérer que les personnes qui maintiennent les sites trouvent le temps de s'occuper de ton petit cas personnel, alors qu'il y a tant de problème graves à régler, de drames à éviter (chez les sans-logis, les sans-papiers, les exclus de toutes sortes...) ? À l'heure actuelle pas de solution, reste où tu es et fais-toi de plus en plus discret, s'il est encore temps...
Quand je tape mon nom sur Google par Elisabeth

Celui-ci apparaît, avec mon adresse et mon numéro de téléphone, grâce à ma stupidité de m'être affiliée à l'annuaire des auto-entrepreneurs.
Une personne qui ne me veut pas du tout de bien (et qui a un GPS) et dont l'agressivité m'a amenée à déménager dans une région où je ne connais personne, n'a eu qu'un clic à faire pour me retrouver.
Impossible de supprimer un site internet d'association par Bernard

J'ai crée à la fin de années 90 un site d'association de parents d'élèves d'un lycée de l'Est lyonnais comportant les noms et numéros de téléphone des délégués parents d'élèves des 30 classes. Ce site a été mis à jour pendant les années pour lesquelles j'ai eu des responsabilités dans l'association. N'ayant plus d'enfants dans cet établissement, j'ai passé la main à d'autres parents...

Contacté récemment par le nouveau bureau de l'association qui souhaitait créer un nouveau site, j'ai constaté que mon ancien site était toujours en place (avec les coordonnées des anciens délégués), que les recherches sur Google ou Yahoo de mon nom donnaient toujours le lien.

C'est alors qu'à commencé la galère pour effacer les données du site : le site avait été créé sur Libertysurf.fr, qui a été racheté par Tiscali, lui-même par Alice. J'ai dû multiplier les démarches et relances avec des correspondants mails non identifiables et non recontactables me donnant des réponses inopérantes. J'ai fini par avoir un code d'accès et un mot de passe qui m'ont enfin permis de supprimer le site.

Dommage que les opérateurs (dans ce cas Alice, mais je suis aussi utilisateur de Orange qui a les mêmes défauts), n'aient pas l'obligation de mettre en place des services relation clientèles dignes de ce nom, avec adresse, ligne téléphonique, numéros de dossiers pour être capable de prendre en charge et suivre les problèmes de leurs clients.
J'avoue sans fard une paranoïa aigue sur le sujet par OLQ

Je suis en effet à classer dans la catégorie "maniaque de la vie privée" : j'ai un profil Facebook parce que beaucoup d'amis y sont, mais sans photo, et en accès aussi restreint que possible, et je ne l'actualise pour ainsi dire pas. Je n'ai rempli que les champs indispensables, laissant de côté opinion politique, vie sociale et état de santé. De même, sur les différents sites où j'ai pu passer, je n'ai délivré que des informations que j'ai estimées sans danger.

J'ai plusieurs adresses mails selon les interlocuteurs, et je ne les mélange pas. D'ailleurs, celles qui concernent les marchands du web (Amazon, la Fnac ou un journal de référence sur le net), susceptibles de les revendre, ne renvoient pas à mon nom mais sont au contraire sur le thème "toto@yahoo.fr". Enfin, je passe mon nom sous google ou sous 123people régulièrement, pour vérifier qu'aucune information désagréable n'apparaît. Un ami a tenté une fois de mettre une photo de moi sans mon accord, j'ai réagi et la photo en question a été retirée en moins de douze heures.

Le résultat ? Il n'y a sur le Net que des informations dont j'ai contrôlé le dépôt, en particulier mes activités universitaires et associatives : si j'étais cynique, je constaterais que se construire, consciemment, une image sur le Net est de l'ordre du possible, en ne laissant passer que les informations positives...
La pieuvre Google par Anne - Onyme

A une époque il était de coutume d'écrire sous son vrai nom sur les groupes de discussion (Usenet), l'ancêtre des forums web d'aujourd'hui. Un gentil participant à une discussion un peu trop animée a cru bon de rédiger une fausse dépèche Reuters citant mes nom, prenom et ville, et indiquant que j'avais été arrêté pour divers faits peu recommandables. Je n'ai jamais réussi à faire retirer ces articles de Google. Malgré une plainte auprès de la police, restée clairement sans suite. Le nuisible s'étant caché derrière un proxy anonyme, il n'a jamais été possible de l'identifier.

Quelques années plus tard, Google a ajouté une phrase d'alerte préalable à ce texte pour indiquer qu'il avait été posté depuis un anonymisateur. Mais rien de plus. Cela me porte préjudice. A une époque je ne comprenais pas pourquoi certaines jeunes femmes que je rencontrais disparaissaient peu après avoir appris mon nom, jusqu'à ce que l'une d'elles me donne l'explication. Idem pour les employeurs. Je ne poste bien évidemment pas sous mon vrai nom, je n'ai pas envie que Google une fois de plus rafraîchisse cette histoire en indexant votre article.

Published at 20:52 ( 5 comments / 136 visits )
This post is public

November 14, 2009

Dans quelle langue crie votre bébé ?

Les cris des nouveau-nés seraient influencés par la langue maternelle de leurs parents, selon une étude qui révèle que les bébés germanophones et francophones ne crient pas de la même façon!

Parfois désorientés par les cris de leur nouveau-né, les parents seront peut-être soulagés d’apprendre que lorsque le tout-petit fait entendre sa voix il est déjà dans l’apprentissage de sa langue maternelle. Une étude étonnante menée sur des bébés de 2 à 5 jours montre en effet que leurs cris reproduisent la mélodie de la langue parlée par leurs parents.

«J’ai été la première étonnée», relate Anne Christophe, spécialiste de l’acquisition du langage chez les bébés, chercheuse au BabyLab de l’Ecole normale supérieure (LSCP, ENS/CNRS). L’équipe allemande de Kathleen Wermke (Institut Max Planck, Leipzig), qui travaille depuis plusieurs années sur les cris des bébés, l’a contactée pour cette étude comparant les cris de 30 bébés nés dans des familles françaises et de 30 bébés nés dans des familles allemandes.

Après avoir comparé les cris des enfants, enregistrés pris lors des interactions classiques avec la mère ou le père, et surtout en dehors des situations de douleur ou de faim, Wermke et ses collègues ont constaté que l’intonation était différente chez les Français et chez les Allemands. Pour les bébés français, le pic d’intensité des cris est majoritairement à la fin (mélodie ascendante) alors que pour les bébés allemands il est au début (mélodie descendante).

Ces mélodies correspondent aux intonations des deux langages maternels, expliquent les chercheurs, le français se caractérisant par cette intonation ascendante. «Nous savions déjà que le bébé était très tôt capable de reconnaître sa langue maternelle, dont il entend justement les intonations et la mélodie in utero à partir du troisième trimestre de grossesse, précise Anne Christophe. Ce qui est vraiment nouveau et étonnant c’est de constater que les bébés l’expriment via leurs premiers cris».

Même s’il ne s’agit pas encore de langage, cela suggère que son développement commence très tôt et s’enracine dans les cris des nouveau-nés, avant même l’apparition du babillage. «Ces cris ont sans doute déjà pour objectif d’établir une communication» commente Anne Christophe, cosignataire de l’étude parue dans la revue Current Biology.

Novateurs, ces travaux remettent en cause l’hypothèse selon laquelle les premiers cris sont uniquement contraints par les capacités de l’appareil respiratoire, comme chez les bébés primates non-humains. En effet, chez les nourrissons comme chez les chimpanzés, le larynx débouche directement dans le nez ; ce n’est qu’au bout de quelques mois que le larynx descend, permettant à l’air de passer par la cavité buccale, offrant au petit d’Homme des capacités de vocalises inégalées chez ses cousins primates.

«A cause de cette descente du larynx, on a longtemps pensé que les nouveau-nés criaient comme des bébés chimpanzés. Cette étude révèle que ce n’est pas le cas, qu’il existe déjà une forme de contrôle de la hauteur et de l’intensité des sons chez les tout-petits» précise la chercheuse du BabyLab.

Cécile Dumas

Sciences-et-Avenir.com
10/11/09

Published at 18:49 ( 5 comments / 39 visits )
This post is public

November 11, 2009

Première journée d' école (humour)

Première journée d'école



1er septembre... le prof., procède à l'appel des présences.

-"Mustapha El Ekhzeri"
-"présent"


-"Achmed El Cabul"
-"présent"


-"Kadir Sel Ohlmi"
-"présent"


-"Mohammed Endahrha"
-"présent"


-" Ala In Ben Oit"
Silence dans la classe.


-" Ala In Ben Oit"
Toujours le silence dans la classe


Pour la dernière fois: " Ala In Ben Oit".


Alors, un garçon se lève et dit au prof., c
'est moi, mais mon nom se prononce ...




Alain Benoit.

Published at 16:56 ( 7 comments / 41 visits )
This post is public

November 10, 2009

Humour noir : Pierre Doris nous a quitté

Pierre Doris :

" C'est très beau un arbre dans un cimetière. On dirait un cercueil qui pousse "


"Entre le premier cri et le dernier râle, il n'y a qu'une suite de mots sans importance "

Published at 17:26 ( 6 comments / 32 visits )
This post is public

November 6, 2009

Votre profil Google disponible en seul clic

Le soir



jeudi 05 novembre 2009, 20:18

Google a lancé un outil permettant aux internautes de connaître et « contrôler les données » associées aux services Google qu’ils utilisent. Toutes les informations collectées par Google, quels que soient les services utilisés (messagerie en ligne Gmail, plate-forme vidéo Youtube, service photos Picasa, etc.) sont rassemblées sur une seule page.

<!-- function swapimg(index) { for (var i=1; i

afp

Via cet outil, baptisé Google Dashboard, les utilisateurs peuvent « gérer leurs informations et modifier leurs paramètres rapidement et avec une grande facilité », a ajouté Google en affirmant donner ainsi « un niveau de visibilité et de contrôle sans précédent ».

Les internautes pourront, par exemple, « supprimer tout leur historique de recherche, toutes les vidéos qu’ils auront vues », a expliqué à l’AFP une porte-parole qui a souligné que l’objectif était qu’« ils utilisent (leurs) produits en toute confiance ».

Cet outil, lancé dans 17 langues, est accessible via http://www.google.com/dashboard ou via la page des paramètres de chaque compte Google.

Certains produits Google ne sont pas encore repris dans le Dashboard, tels le service de géolocalisation Google Maps ou Google Livres, mais l’utilisateur en est informé, a indiqué la porte-parole. « Nous travaillons à ce qu’ils soient intégrés très bientôt », a précisé Google.

Le groupe américain, très sollicité sur ces questions par les associations luttant pour la protection de la vie privée, précise néanmoins qu’il « recueille et conserve » d’autres types de données qui ne sont pas liées aux comptes Google.

Commentaire :

Je viens de vérifier : cela fonctionne pour tous les services Google que j'utilise.

Published at 17:12 ( 1 comment / 53 visits )
This post is public

November 4, 2009

Vice de fabrication chez les OGM

Les plantes du genre Cucurbita, autrement dit les courges, sont sensibles à une grande variété d’attaques virales. En cas de contamination, leur croissance est alors ralentie tandis que les fruits peuvent être déformés, et donc perdre leur attrait commercial. Les OGM devaient résoudre ce problème, mais ils avaient un vice caché...

Dans le milieu des années 1990, le Département de l’Agriculture américain a approuvé l’utilisation de plantes génétiquement modifiées pour résister à certains virus. Si les agriculteurs y ont trouvé leur compte, les écologistes s’inquiétèrent des éventuelles conséquences. Que se passerait-il si les gènes de résistances introduits, les transgènes, s’échappaient des plantes cultivées pour contaminer des plantes sauvages apparentées ? Quelles seraient les risques d’impacter la biodiversité et les communautés des espèces sauvages ?

L’équipe du biologiste Andrew Stephenson de l’Université de Penn State a étudié pendant trois ans les interactions entre les plantes OGM, les plantes sauvages et les différentes pressions qui s’exercent sur eux : insectes herbivores, maladies virales, bactériennes, etc. Leurs observations sur le terrain ont permis de remarquer que, si après une attaque virale, les OGM étaient épargnés au contraire de leurs voisins, ils souffraient en revanche d’autres fléaux.

Ces plantes devenaient la cible préférée de certains ravageurs, des chrysomèles (la chrysomèle rayée du concombre Acalymma vittatum et le criocère occidental du concombre Diabrotica undecimpunctata), et étaient infectées plus fortement par le flétrissement bactérien (maladie causée par la bactérie Erwinia tracheiphila).

Une force ou un talon d’Achille ?

« Les plantes qui ne possèdent pas le trangène de résistance au virus contractent la maladie virale, explique A. Stephenson, mais, puisque les ravageurs du concombre préfèrent se nourrir de plantes saines plutôt que de plante infectées, ils se concentrent sur les individus non contaminés, essentiellement génétiquement modifiés. »

Comme ces insectes transportent dans leur tube digestif la bactérie responsable du flétrissement bactérien, elles infectent les OGM en déposant leurs fèces contaminés sur les nombreuses blessures quelles infligent aux plantes en les consommant. Au final, les OGM ont un avantage sélectif lors des épidémies virales, mais quand les bactéries ou des pathogènes sont présents, les insectes se concentrent sur les OGM sains. Ils les contaminent alors avec le flétrissement bactérien contre lequel ces plants n’ont aucun moyen de défense.

Fort de leurs trois années d’études, les chercheurs affirment que l’avantage sélectif vis-à-vis des maladies virales a un coût. « Nos travaux ont dévoilé le coût écologique qui peut découler d’un environnement où des OGM se développent au sein de la communauté des êtres vivants du milieu, y compris les insectes et autres maladies » déclare Matthew J. Ferrari, associé à la recherche.

Dans un écosystème basé sur la complexité des interrelations, la modification d’un seul élément peut rompre des équilibres dynamiques. La force d’un OGM pourrait donc devenir son talon d’Achille de manière inattendue. L’estimation du rapport avantages/risques des organismes génétiquement modifiés et de leurs impacts sur l’environnement s’en retrouve donc complexifiée.



Grégoire Macqueron : Futura-Sciences

Published at 09:25 ( 4 comments / 51 visits )
This post is public

November 3rd, 2009

Frissons reptiliens : le roi alligator détroné

AUDREY BINET : "Le Soir" 03/11/2009

Originaires d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Sud, les serpents géants colonisent la Floride. Des écosystèmes précieux risquent d'être déstabilisés.

Relâchés par leur propriétaire, les grands serpents comme ce python birman, finalement éventré par sa gloutonnerie puisque l’alligator qu’il a ingéré lui a percé l’abdomen, s’adaptent très bien.

L'alligator de Floride, capable de glacer le sang de n'importe quel être vivant d'un seul coup d'œil à la surface des marécages, n'est plus le seul maître des lieux. Son royaume est en effet envahi par des prédateurs encore plus redoutables : des serpents géants.

Outre le fait de devoir céder une partie de son territoire à ces cousins lointains, l'alligator doit dorénavant également surveiller ses arrières puisqu'il fait partie des mets appréciés de ces derniers. Qui sont et d'où viennent ces nouveaux occupants ?

Boas constrictors, pythons africains, pythons birmans, pythons réticulés, soit les plus grands représentants de ces reptiles rampants, comptent parmi les envahisseurs. Comme leur nom l'indique pour certains, ces espèces ne sont pas originaires des Etats-Unis mais d'Amérique du Sud ou centrale, d'Afrique ou encore d'Asie. Loin d'avoir « choisi » de coloniser la Floride, ces spécimens se sont retrouvés dans cette nature après que des propriétaires privés, dépassés par les événements, les y ont abandonnés.

Une autre hypothèse avancée par les chercheurs de l'Institut géophysique américain (USGS) est que ces animaux se seraient échappés des animaleries suite aux ouragans Andrew et Katrina qui ont frappé la région en 1992 et 2005. Quoi qu'il en soit, ces rescapés semblent se plaire dans leur nouvel environnement et se sont même adaptés à la zone métropolitaine de Miami ! Selon une étude menée par les experts de l'USGS, le danger que ces serpents représentent pour l'homme est semblable à celui des alligators : des attaques sont possibles mais rares. Pas de quoi semer un vent de panique donc chez les habitants et vacanciers de Floride.

Mais l'incursion de ces grands prédateurs n'en est pas moins préoccupante puisqu'elle risque de déstabiliser des écosystèmes précieux comme ceux qu'abrite le parc national des Everglades qui se trouve à la pointe sud de cet Etat. « Ces serpents atteignent rapidement la taille adulte, ont beaucoup de petits, sont capables de couvrir d'énormes distances et leur régime alimentaire est très large, ce qui leur permet de manger tous types d'animaux », souligne Gordon Rodda, un des auteurs de l'étude.

L'examen de l'estomac de spécimens capturés a révélé les péchés mignons de ces grands serpents. Au menu les chercheurs ont trouvé des chauves-souris, des écureuils, des lézards, des iguanes et des alligators, jusqu'ici rois des marais…

Published at 15:24 ( 2 comments / 31 visits )
This post is public

November 2nd, 2009

Humour pour fana (geek!) d'informatique

C'est Bill Gates qui meurt dans un accident de voiture. Il est accueilli au purgatoire par St Pierre :
"En fait, Bill, je ne sais pas ce que je vais faire de toi. Je ne suis pas sûr si je dois t'envoyer au paradis ou bien en enfer.
D'un côté, tu as aidé la société en mettant un ordinateur dans presque tous les foyers américains, mais d'un autre côté, tu as créé cet abominable Windows.
Je vais faire quelque chose que je n'ai jamais fait auparavant : je vais te permettre de choisir ou tu veux aller."
Bill Gates répond : "Quelle est la différence entre l'enfer et le paradis?"
St Pierre lui dit : "Je veux bien te laisser la possibilité de visiter les deux endroits, si ça peut t'aider dans ta prise de décision."
"Dans ce cas, allons voir l'enfer en premier" propose Gates.

Alors Bill va en enfer. C'était une plage superbe et vierge avec une eau claire avec beaucoup de filles en bikini courant partout, rieuses et offertes. Le soleil brillait et la température était parfaite. Bill en fut ravi.
"C'est le pied ici!" dit Bill à St Pierre. "Si c'est ça l'enfer, alors je veux voir absolument ce qu'est le paradis!"

Le paradis était un endroit perché sur les nuages, avec des anges voletant de-ci de-là, jouant de la harpe et chantant.
C'était beau, mais pas aussi excitant que l'enfer. Bill réfléchit un instant, puis donna sa décision : "Hum, je crois que j'aime mieux l'enfer", dit-il à St Pierre.

Alors Bill alla en enfer.
Deux semaines plus tard, St Pierre décide de rendre visite à l'ancien milliardaire pour voir comment il se portait en enfer.
Lorsqu'il y arriva, il trouva Bill cloué sur un mur, hurlant dans des flammes au fond de caves profondes, se faisant torturer et brûlé par des démons. "Comment ça va?" demanda St Pierre à Bill.
Bill lui répondit :"C'est atroce! ça n'a rien à voir avec l'enfer que j'ai visité il y a deux semaines! J'arrive pas à croire ce qui m'arrive!
Qu'est devenu l'autre endroit, avec la superbe plage et les super nanas jouant dans les vagues?!??!"
"C'était la démo", répondit St Pierre.

Published at 15:43 ( 14 comments / 48 visits )
This post is public

October 30, 2009

ANTIVIRUS : 6 sur 7 desactivés par des experts au congrès iAwacs

Conviés par l'école ESIEA de Laval, des spécialistes se sont attaqués à sept antivirus honorablement connus pour tenter de les désactiver. Le résultat a de quoi étonner : en moins d'une heure, six logiciels ont été désarmés, ce qui aurait laissé le champ libre au moins discret des virus. Pour Futura-Sciences, Eric Filiol, directeur de la recherche de l’ESIEA, revient sur cet exploit peu commun et instructif.

Avec l'émergence d'Internet, les virus informatiques ont connu une croissance exponentielle. Petit à petit, les médias se sont emparés du problème, avec la mise en avant de virus célèbres tels que MyDoom.A, I Love You, Tchernobyl ou encore Blaster. Bien qu'immatériel, ce microcosme informatique n'est pas sans conséquences sur le monde réel. Les spams et phishings (hameçonnage) ont un coût, en infrastructures réseaux et de dédommagement des victimes potentielles.

L'exemple le plus impressionnant est sans conteste le troyen (cheval de Troie) Srizbi qui contrôle un réseau de 450.000 ordinateurs zombies (un botnet), capables d'envoyer 60 milliards de spams par jour, sur un total de 100 milliards recensés à l'échelle mondiale. Dans son rapport d'étude sur les spams de 2007, Nucleus Research estimait le coût des fameux pourriels à 712 dollars par an et par employé. Au-delà des enjeux économiques, l'écologie s'en mêle aussi... Ainsi en 2008 MacAfee publiait un Rapport sur l'empreinte carbone du spam dans les messageries. L'étude de l'éditeur d'antivirus annonçait 17 millions de tonnes de CO2 rejetées pour 62 milliards de spams.

La menace fantôme

Face à cette menace aux visages et aux conséquences multiples, de nombreux logiciels antivirus sont à disposition sur le marché. Mais font-ils vraiment le poids face au génie déployé par les créateurs de virus ? La question de la fiabilité d'un antivirus reste encore assez floue pour le grand public. Pour faire le point sur la question, l'lESIEA (Ecole Supérieure d'Informatique Electronique Automatique) vient d'organiser un congrès sur la sécurité informatique , iAwacs (International Alternative Workshop in Aggressive Computing and Security).

C'est en France, à Laval, que s'est tenue la première édition de l'iAwacs. D'éminents spécialistes en sécurité informatique ont été conviés dans les locaux de l'ESIEA, pour mettre à l'épreuve les antivirus les plus vendus dans le monde. Le but ? Désactiver ces logiciels, comme aimerait le faire un pirate... Ce concours, organisé en marge de débats et conférences sur des thèmes tels que la cyber-guerre, a fourni des résultats aussi étonnants qu'inquiétants. Le principe se résume par une citation affichée sur le site du congrès « Améliorer la sécurité en adoptant l'esprit de l'attaquant ».


Il faut « avoir une bonne hygiène informatique », Eric Filiol. © ESIEA

Le protocole du test consistait à désactiver, par accès physique, un antivirus installé sur un PC doté du système d'exploitation Microsoft Windows XP. Ce choix s'explique naturellement. Comme Eric Filiol, co-organisateur du congrès, nous le rappelle, « Windows XP est la plateforme la plus répandue dans le monde professionnel », il était donc naturel de se pencher en premier lieu sur ce système d'exploitation. Du côté des privilèges, les étapes ont été mises en œuvre en mode administrateur, un palier de droits souvent utilisé par le grand public, pas toujour au fait des dangers d'une telle configuration. La performance était établie lorsque l'ordinateur dont l'antivirus avait été désactivé se laissait infecter par un virus ordinairement détecté. La configuration choisie pour le laboratoire illustre un état de vulnérabilité critique plus courant qu'on ne le pense. L'enseignant chercheur explique le choix de cette configuration unique par le fait qu'il s'agit ici d'une « première étape ».

En France, l'expérience... est risquée pour les experts !

Placés sur les configurations types et chronométrés, les pirates improvisés ont dû neutraliser les antivirus en moins d'une heure. Sur les 7 antivirus testés, 6 ont cédé dans des délais compris entre 2 et 40 minutes. Le dernier, Dr Web, a survécu à l'heure impartie. Mais le logiciel, aussi résistant soit-il, présentait des signes des faiblesse qui auraient permis, selon les participants, de le neutraliser avec davantage de temps. Le résultat est sans appel, les deux géants du secteurs, MacAfee et Norton, n'auront tenu que quelques minutes. Plus rassurant, le célèbre Kaspersky peut s'énorgueillir d'une résistance de 40 minutes.

Effectuer ce type d'étude en France n'est pas sans risque, si l'on en croit les organisateurs. De l'aveu d'Eric Filiol, directeur de la recherche de l’ESIEA et du laboratoire de cryptologie et virologie opérationnelles, et de Robert Erra, directeur du laboratoire Sécurité de l’Information et des Systèmes à l’ESIEA, « la loi de 2004 sur la confiance dans l'économie numérique est trop floue sur ce point… Une personne peut être poursuivie si elle parvient à désactiver un antivirus. Si, faute d’un cadre juridique clair, la recherche dans ce domaine est bloquée en France, nous prendrons beaucoup de retard, notamment par rapport à nos partenaires européens. Avec seulement deux participants nous obtenons des résultats qui font frémir… Imaginez si la quarantaine d’experts que nous avons réunis avaient tous participé au concours ! ». En effet, sur la quarantaine d'experts sollicités, seuls deux ont accepté de participer.

A quel saint se vouer ?

Du côté des éditeurs des logiciels incriminés, seul AVG a délégué un collaborateur, qui était présent lorsque le logiciel de sa firme a craqué. L'entreprise a vu dans cet événement un excellent moyen d'améliorer son produit. A l'inverse, les retours de MacAfee, Dr.Web et Gdata minimisent les résultats du concours. Le trio s'appuie sur le fait que les méthodes employées par les experts pour mettre à mal leurs progénitures ne sont pas publiables grâce à la loi de 2004. A l'inverse d'AVG, c'est ici la politique de l'autruche qui prime... Eric Filiol regrette ce manque de transparence et c'est pour rétablir une honnêteté intellectuelle qu'il justifie l'organisation du concours.

Car le but n'est pas ici de jeter la pierre, mais simplement d'illustrer la vulnérabilité des antivirus, qui comme tout outil doivent être utilisés avec bon sens. Pour Eric Filiol : « La preuve par l'expérimentation est une nécessité pour l'évolution de la recherche dans le domaine de la sécurité ». La chose n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Ainsi le géant Microsoft a-t-il réclamé le passage de son Microsoft Security Essentials sur le gril.

Devant ce constat alarmant sur ce type de logiciels, une question peut se poser. Peut-on se passer des antivirus si eux-mêmes sont faillibles ? La réponse donnée par le chercheur est non. Selon lui, il faut continuer d'utiliser les antivirus mais rester prudent sur l'utilisation de l'outil informatique. Il faut selon ses termes « avoir une bonne hygiène informatique ».

Faut-il abandonner Windows et préférer GNU/Linux ou le Macintosh, supposés être plus à l'abri des attaques ? Eric Filiol parle d'un « mythe du libre dangereux », partant du principe que « la nature a besoin de variété ». En fait, c'est l'hégémonie de Windows qui lui vaut les foudres des codes malveillants. Selon Eric Filiol le même cas de figure se présenterait si Linux ou Mac dominaient le marché. Ainsi, il rappelle que des vulnérabilités existent chez Apple comme chez Linux, son équipe ayant déjà développé des codes malveillants destinés à ces systèmes.

Opération réussie pour le laboratoire de cryptologie et virologie opérationnelles de l’ESIEA, dont l'initiative d'un tel défi aura le mérite de faire réagir la sphère des solutions de sécurisation informatique. D'ailleurs son directeur ne souhaite pas s'arrêter en si bon chemin. Un élargissement des tests aux systèmes d'exploitations Vista et Seven est envisagé, ainsi que l'adoption d'un panel plus vaste d'antivirus mis à l'épreuve. Rendez-vous est pris pour les 12, 13 et 14 mai 2010, dates du prochain iAwacs.

Published at 20:09 ( 6 comments / 39 visits )
This post is public

October 27, 2009

Le corbeau freux connaît -quelques- lois physiques

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Placé devant des situations physiquement possibles ou impossibles, un corbeau freux réagit comme un enfant humain de six mois et plutôt mieux qu'un chimpanzé. Une preuve de plus des capacités intellectuelles des corvidés.

Les corbeaux, et plus généralement les corvidés (les corneilles, les pies, les geais, les choucas...), n'en finissent pas d'étonner les scientifiques, qui découvrent depuis maintenant de nombreuses années des signes d'intelligence jusque-là prêtés aux seuls primates.

On savait déjà que les corvidés fabriquent des outils. Des corneilles plient des tiges de fer ou cassent de brindilles pour en faire des crochets et des pics, et d'autres, au Japon, ont découvert comme utiliser les voitures comme des casse-noix, de préférence aux feux tricolores.
Plusieurs expériences ont cherché à mesurer plus précisément les capacités cognitives des corvidés. La dernière en date a été réalisée au Royaume-Uni, par un zoologiste au nom prédestiné, Christopher Bird, de l'Université de Cambridge, et Nathan Emery, de la Queen Mary University of London. Les mêmes avaient démontré au début de l'année 2009 que des corbeaux freux (Corvus frugilegus) parvenaient à utiliser des petites pierres pour actionner un distributeur automatique de nourriture installé au fond d'un tube en verre.

Cette fois, leur étude, publiée dans les Proceedings of the Royal Society, a porté sur une question posée depuis longtemps : les corvidés ont-ils une certaine connaissance des lois physiques fondamentales ? On sait en effet que des primates, mais aussi les très jeunes enfants humains, ont une idée sur quelques principes du monde physique. Par exemple, ni un singe ni un bébé ne s'attendent à voir un objet flotter en l'air.

Un œuf est plus lourd que l'air

C'est ce point qu'ont voulu vérifier Bird et Emery chez un corvidé, le corbeau freux, en utilisant une méthode expérimentale mise au point chez les bébés humains. Une scène, ici en l'occurrence une image, est montrée au sujet, dont le visage est filmé et on mesure le temps durant lequel le regard s'attarde sur un détail. Il est en effet connu qu'un bébé ou un singe regarde plus longtemps une scène qui lui semble anormale.

Les deux zoologistes ont procédé de cette manière avec des corbeaux freux, profitant d'une curiosité naturelle de ces oiseaux. Les corbeaux de l'expérience avaient devant eux un trou percé dans une paroi et ne pouvaient s'empêcher d'aller y jeter un œil. Derrière se trouvait une image montrant un œuf et une table, le premier parfois simplement posé ou parfois en l'air.

Les corbeaux ont brillamment réussi le test et, comme chez les très jeunes enfants, s'arrêtaient davantage (1,5 fois plus longtemps) sur les situations physiquement impossibles. Selon les auteurs, les performances sont semblables à celles d'un bébé humain de six mois. Les corbeaux semblent même plus malins que les chimpanzés dans un cas, celui où l'œuf semble fixé sur le bord de la table (la situation 2 dans l'image au bas de cet article). Cette position surprend un corbeau mais pas un chimpanzé.

Le résultat ne bouleverse pas nos connaissances sur les capacités des corvidés mais il apporte une preuve supplémentaire de l'intelligence de ces oiseaux. Peut-être devrait-on regarder différemment les pies qui, depuis plusieurs années, pullulent dans les villes et leurs abords...

Published at 16:25 ( 6 comments / 63 visits )
This post is public

October 17, 2009

La photo change de dimension


LE MONDE | 15.10.09 | 17h04 •

D 'aucuns la croyaient condamnée avec l'arrivée de la vidéo. La photographie ne s'est pourtant jamais aussi bien portée. En dépit de la crise, il devrait se vendre cette année, en France, environ 5 millions d'appareils photo numériques, soit un peu moins qu'en 2008.

Selon l'édition 2009 du baromètre annuel réalisé par Ipsos pour le compte du Syndicat des entreprises de l'image, de la photo et de la communication (Sipec), 87 % des personnes qui pratiquent la photographie possèdent désormais un appareil photo numérique. Si les derniers achats s'expliquent encore principalement par la volonté de passer de l'argentique au numérique, la dynamique du marché s'appuie de plus en plus sur le renouvellement de l'appareil ou sur le premier équipement, notamment pour les plus jeunes.

Tandis que la crise a affecté la consommation de certains produits électroniques grand public, la photo semble donc miraculeusement épargnée. "Même si les progressions en valeur sont inférieures aux progressions en volume, comme sur la majorité des produits technologiques, on note que le marché n'est pas dynamisé par les seuls produits d'entrée de gamme mais par des équipements à plus forte valeur ajoutée", note Marc Heyraud, du Sipec. "La progression confirmée du secteur des reflex (les appareils les plus perfectionnés) confirme la place qu'a su garder la photo parmi les loisirs préférés des Français", se félicite-t-il. Et les intentions d'achats devraient se maintenir à un niveau élevé dans les prochains mois.

Quand il est l'heure du choix, les Français se montrent très attentifs au prix, surtout pour les appareils compacts. Mais la capacité des promotions à déclencher l'acte d'achat est moins forte que par le passé. D'ailleurs, ce sont les reflex, plus chers que les compacts, qui enregistrent la plus forte progression d'achat. Ils séduisent une population de plus en plus en plus vaste et non plus uniquement les passionnés et les professionnels.

L'évolution du nombre de photos prises au cours des six derniers mois est contrastée. Elle est en baisse chez les possesseurs de téléphones portables dotés d'un appareil photo numérique ou équipés d'un compact. Elle augmente chez ceux qui détiennent un appareil plus perfectionné (bridge et reflex). Les Français conservent par ailleurs autant de photos que lors de la précédente enquête. Ils sont sans doute moins boulimiques de photos et cherchent à réaliser de beaux clichés.

Une autre enquête menée par Opinion Matters pour Nikon et portant sur 12 259 personnes dans 12 pays européens montre que les voyages et les paysages constituent les sujets favoris, pour 68,3 % des Européens.

La famille (61,3 %) puis les amis (55,9 %) sont ensuite les sujets privilégiés. Si les Russes sont particulièrement narcissiques (34,2 % prennent des photos d'eux-mêmes), ils sont seulement 8,6 % des Français à le faire. Enfin, pour 7,5 % des Européens, c'est dans le domaine intime et érotique qu'ils pratiquent de préférence l'art de la photographie...

La plupart de ces clichés ne finiront pas dans un album ou dans la mémoire d'un ordinateur. La moitié des images prises par les Européens sont désormais publiées en ligne.

Autre enseignement, les sites communautaires se popularisent comme "lieu" d'affichage des photos, essentiellement auprès des lycéens et des étudiants, mais également auprès des jeunes couples. Désormais, 59 % des lycéens partagent leurs photos sur des sites communautaires alors qu'ils n'étaient que 19 % il y a encore un an.

Parallèlement, regarder des photos faites par des proches sur des sites Internet de consultation photo est une pratique qui tend à se répandre. Près de 60 % des amateurs de photos numériques consultent en ligne des clichés réalisés par leurs proches, une part en augmentation significative par rapport à l'enquête précédente.

Pas question, néanmoins, de diffuser n'importe quoi. Les Français veulent de plus en plus contrôler leur image, et, par conséquent, la manière dont ils souhaitent être perçus par les autres, lorsqu'ils prennent des photos et les partagent en ligne.

"Partager une image n'est pas un geste anodin, juge Stéphane Hugon, docteur en sociologie, responsable du Groupe de recherche sur la technologie et le quotidien à Paris-V. Chez les jeunes, notamment, ce partage prolonge une fonction relationnelle et agit comme une célébration de la relation au groupe. Le moment du partage donne une force de cohésion aux personnes qui y participent, et vient cristalliser un imaginaire commun."

Toutefois, les Français veulent protéger l'image qu'ils donnent à voir d'eux-mêmes. Un tiers d'entre eux partagent en ligne uniquement les photos et les vidéos qu'ils ont sélectionnées. Ils sont vigilants lorsque leurs amis mettent en ligne des clichés qui les concernent. Et ils demandent souvent à leurs amis de supprimer les photos qui leur déplaisent.
Les Français aiment les photos. Surtout quand elles les mettent en valeur.

Joël Morio

Published at 15:35 ( 2 comments / 47 visits )
This post is public


← previous 1 2 3 4 5 6 7 8 next →

( 144 posts )

rss Latest posts - Subscribe to the latest posts of Marc Co

 

Català | Čeština nové | 中文 | Deutsch | English | Español | Esperanto | Ελληνικά | Français | Galego | Italiano | Nederlands | Português | More...