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Rythmes et couleurs ensoleillés

La région de Ziguinchor prépare activement la saison touristique. Pour attirer la clientèle de prédilection qui vient de la France une caravane de presse à été organisée pour différents journalistes en collaboration avec air sénégal international qui apporte sa pierre à l’édifice avec un vol quotidien du Ziguinchor et trois vols en fin de semaine su Cap Skirring

Ziguinchor s’est réveillé ce matin rayonnante de soleil, un temps béni pour une dizaine de journalistes et de photo reporters français d’une caravane de presse pour la promotion de la destination Casamance auprès de la clientèle hexagonale dont la région sud constitue la principale destination. En cette première matinée sur sol ziguinchorois, l’hôtel Néma Kadior au cœur de la capitale régionale exhale mille et une senteurs au milieu du piaillement des oiseaux nichées hors de portée des prédateurs au faîte des fromagers millénaires.

La nuit de la veille a été copieuse et bien arrosé mais ce n’est pas ce qui n’a va empêcher ces vieux baroudeurs  sans doute incités par l’avant gout de ce que leur offre la région, de se lever de pied ferme pour entamer cette  première journée de découverte surtout sous ce soleil rayonnant sur ciel bleu qui n’est pas de nature à leur déplaire et explique sans doute cette ambiance enthousiaste qui se saisit du groupe.

Les esprits sont encore remplis des images de la  veille lorsqu’un un vol régulier de Air Sénégal international  les avaient arrachés de la grisaille française  et déposé après une brève escale à Dakar, sous le farniente du Sud au milieu de cette nature luxuriante. Face à l’importance de l’événement, c’est le maire de la ville Robert Sagna qui a été à l’accueil à l’aéroport redimensionné de Ziguinchor dans une ambiance de rythmes endiablés de Djembés et autres bougarabous des troupes folkloriques de cette contrée  qui ne rate aucune occasion de se plier en quatre pour offrir un séjour agréable à ses hôtes.

L’hôtel Néma Kadior a réservé le même accueil folklorique à ses touristes pas comme les autres. Loin des nuits glaciales de Paris et des berges de la Seine, ils se sont retrouvés le soir sur les rives du Fleuve Casamance à l’hôtel « Kayandoumagne » (mon instrument de labour en Diola) pour un diner à l’air libre sous une trentaine  de degrés. Le dépaysement était sauvage sous les faibles réverbères prises d’assaut par une nuée insectes dont la nature seule détient de la diversité et le nombre. Et de la découverte il y a avait, car  le maitre d’hôtel  avait  au menu de la viande de python et de caïman pour les plus téméraires et un méchoui de mouton. Les ventres remplis  de viande de reptiles ces hôtes d’une nuit avaient déjà un avant gout du dépaysement dans cette zone touristique.

Ziguinchor en cette matinée ensoleillée est  calme et déserte et presque dépeuplé comparé à cette forte frénésie active qui tient en otage les populations des grandes villes au milieu de la pollution sonore et atmosphérique. La capitale du sud  est une ville à hauteur d’homme qui cherche à se remettre de ses séquelles et relancer ses activités économiques parmi lesquelles le tourisme tient une grande place. Le port de avec son dock et la mise en eau prochaine de Aline Sitoë Diatta offre de belles perspectives de développement avec l’afflux de touristes par voie maritime mais aussi la possibilité d’évacuation vers les marchés de consommation, de tous ces produits du crue qui foisonnent dans la région ; des fruits et légumes en passant par les crustacés. C’est dans cette perspective que les routes sont refaites à l’image de celle dite du Sud qui relie Ziguinchor au Cap Skirring via Oussouye sur une trentaine de kilomètres. Les ouvriers qui apportent les dernières touches à ce travail d’orfèvre ne sont jamais trop occupés pour consacrer un peu de leur temps à témoigner leur sympathie à ces touristes qui ont fait la réputation de la région partout à travers le monde et contribué aussi à sa prospérité par les financements directs, par les effets d’entrainement en matière de maraichage, de transport, de commerce d’objets d’art, d’assistance sociale et médicale. C’est une manne pour le pays surtout que les conséquences du réchauffement de la terre font leurs conséquences au sud avec la diminution sensible des pluies et la salinisation des sols qui affecte les rizières. Beaucoup de paysans semblent s’être reconvertis dans la culture de l’anacarde s’ils ne sont pas venus grossir les rangs des oisifs en quête d’aventure et d’évasion à Ziguinchor.

De Brin, le car de tourisme bifurque vers le Village de Enampor célèbre à travers les dépliants touristes pour ses cases à impluvium (Cases rondes dont les toits de chaumes rondes sont inclinés vers un bassin au milieu de la case pour recueillir les eaux de pluies). Le long du sentier sinueux qui y mène, les femmes têtes couvertes d’énormes chapeaux de paille pour se protéger du soleil récoltent méticuleusement le riz denrée précieuse qui a fait la réputation de la région devenue autosuffisante au point que le diola le plus en vue est celui qui consommait le riz plus ancien.

Enampor n’est plus ce village qui avait tiré sa prospérité du tourisme villageois il y a une vingtaine d’années. Les cases à impluvium,  attractions de l’époque, résistent tant bien que mal, mais le reste a subi la loi de la récession et de l’insécurité. Les rumeurs plus ou moins vraies sur les mines anti personnelles ayant dissuadés  les touristes même le plus accro d’émotions forte à renoncer à descendre de la route goudronnée pour emprunter les méandres vers les villages. Au fil des ans Enampor a perdu de son attrait et faute de touristes l’épicerie reste fermée et la biblio case composée d’ouvrages donnés par les touristes a été transféré à l’école du village. Le guide intérimaire ne désespère pas car souligne t-il la saison vient d’ouvrir  et avec elle, l’espoir d’un afflux touristique à mesure que la confiance revient.

Retour sur la route nationale et cap sur le village d’Edioungou à l’entrée d’Oussouye où un campement à l’orée des bolongs offre une vue imprenable sur une nature vierge. Le site offre diverses possibilités de pêche et de randonnées lacustres et  des centaines de touristes délaissant les circuits balnéaires y séjournent en quête de contact direct avec la nature et les hommes. De Edioungou visite de courtoisie au roi Sibiloumbaye Diédhiou  guide moral plus que souverain des populations autochtones et ensuite  le village de Mlomp avec ses fameuses cases à étages.

La nuit tombe sur le cap avec ses plages de sable fin qui  émergent de cette forêt dense de cocotiers  et de fromagers millénaires et le long des hôtels qui se succèdent les uns plus huppés que les autres, de luxueuses résidences et une gastronomie composée principalement de produits de la mer à portée  d’une clientèle que air Sénégal international se fait un plaisir d’y déposer par un vol quotidien via Ziguinchor et trois vols en fin de semaine sur le Cap skirring.

Le lendemain c’est une excursion à travers les bolongs vers l’île de carabane, une esclaverie et un grand port de commerce jusqu’au milieu des années vingt. Une heure trente au milieu des eaux limoneuses et à travers les méandres cette verdure dense et marécageuse refuges des oiseaux et aussi des crustacés accrochés aux racines des plantes aquatiques. C’est aussi une mine qui donne de substantiels revenus aux femmes qui s’adonnent à la cueillette lors de la décrue des eaux en fin de matinée. Le long du bolong de petits villages qui surplombent l’eau et les poissons dont  la tranquillité est perturbée par le bruit du moteur hors bord, surgissent  de l’eau pour aussitôt replonger plus loin. A un détour le village mythique d’Ehoudj où semble-il,  il est interdit aux villageois de se marier entre eux et d’y être enterrés. C’est bientôt l’île aux oiseaux et dès l’approche aigrettes et spatules, pour échapper  au vrombissement de la pirogue qui trouble leur quiétude, prennent leur envol dans un large bruissement d’aile offrant un magnifique tableau fait de la blancheur de leur plumage à laquelle le bleu du ciel restitue tout son éclat. Ensuite de loin c’est le village côtier d’Elinkine avec sa haie de cocotiers qui borde la plage et puis l’île de carabane et sa plage de sable fin, son port de pêche et l’église bretonne. L’attraction c’est  et cimetière colonial, où a été enterré en 1836, Aristide Protêt de l’Infanterie marine colonial tué d’un coup de flèche par les populations résistantes et qui a choisit de rester debout même mort.

Le dimanche l’attraction touristique reste la messe à l’église de Diembéring où la relecture de la bible et de la  liturgie par les Diola donne un spectacle haut en couleurs.

Alassane DIAWARA