Monsieur le Premier Ministre,



Vous recevez de nombreux témoignages sur la recrudescence de l'homophobie, qui, en négation des lois de la République, est entrain de devenir un comportement politiquement correct. De nombreuses personnes, et même certains partis politiques, donnent maintenant libre court à leur rejet de la liberté sexuelle inscrite dans la loi.



Si je vous écris, Monsieur le Premier Ministre, c'est pour vous parler de la souffrance de nos enfants, maltraités par la France. Il n'y a pas que les homosexuels qui souffrent, mais des familles entières qui voient leurs enfants, leurs frères et sœurs, être insultés et considérés comme des personnes de deuxième catégorie, au même titre que dautres minorités.



Nos enfants y ont cru. Ils ont cru qu'ils allaient enfin pouvoir avoir la même possibilité que le reste des français de se marier, d'avoir des enfants, de transmettre leur patrimoine, de protéger leur famille des aléas de la vie, d'aimer ouvertement comme les autres. Mais au lieu de cela, ils n'ont vu que la haine, une haine insupportable à mes yeux de mère, de femme, de française.



Par ces manifestations honteuses, par ces débats scandaleux à l'Assemblée Nationale, par la montée des groupes extrémistes, par les prises de position de partis politiques tels que l'UMP, on comprend que les temps de la discrimination n'ont pas disparu.



Ma lettre n'est sûrement pas bien écrite mais elle vient du cœur, pour que vous sachiez, Monsieur le premier Ministre, qu'il y a en France des hommes et des femmes qui ont besoin du soutien du gouvernement pour qu'enfin soit votée cette loi sur le mariage pour tous et que se calme cette haine si douloureuse.



Si je vous écris cette lettre, c'est parce que je crois qu'il est encore possible de faire quelque chose, et je vous remercie de m'avoir lu jusqu'au bout.



Lise Bond