Lundi 19 novembre 2007

Apres le petit déjeuner qui se composait de café/the/chocolat avec du pain du beurre et de la confiture (j’avais emporté de France un paquet de baby-bel) nous sommes partis pour notre première randonnée dans le désert, une demi journée seulement. Il n’était pas de bon ton de porter des shorts, j’ai donc dû porter  le seul pantalon que j’avais (!) .Avec un T-shirt et ma casquette de bédouin de tennis, de la crème solaire,  j’étais équipé pour le désert. Les autres avaient divers accoutrements et beaucoup avaient un chèche, sorte de coiffe que portent les gens du pays. Il faisait une chaleur tout à fait supportable. La randonnée dura environ 3 heures. Le désert est énorme. Pas un être humain à perte de vue, a l’exception de quelques ouvriers qui creusaient dans le sol pour extraire un sable spécial à mortier.

Prendre une douche avant le déjeuner n’était pas si simple, l’eau (froide) coulait avec parcimonie et il fallait se tortiller comme un ver pour se mouiller.  Mais on avait des douches quand même et cela faisait du bien après la marche.

J’essayais de commander une bière pour le déjeuner, Eric, un des marcheurs, m’ayant dit que cela allait peut-être marcher, mais non pas la moindre chance. La Mauritanie est un pays musulman où l’alcool est interdit. Pour le déjeuner on nous servit de la viande de chameau avec un des meilleurs riz que je n’ai jamais mangé.

La ville de Chinguetti, ou nous habitions, est composé d’une vieille et d’une nouvelle ville. Apres la sieste, notre guide nous fit visiter la vieille ville qui date du XVI ou XVIIème siècle.

Une première fois, la ville antique a été engloutie sous la dune (au XIIème siècle). Elle comptait vingt mille habitants (ou 40 000 selon d'autres sources).
Avec le déclin des caravanes commerciales et la création d'autres itinéraires pour les pèlerinages, les habitants émigrent vers Assai ou Nouakchott. La ville actuelle ne compte plus que deux mille habitants, qui survivent difficilement, grâce aux caravanes, au tourisme et aux puits profonds, qui garantissent la pérennité de l'agriculture locale.
Chinguetti est considérée comme la septième ville sainte de l'Islam. Les pèlerins se regroupaient là avant de prendre la route de La Mecque. 

 

 

Il avait été organisé pour nous la visite d’une des 14 bibliothèques privées de Chinguetti.

Le prestige de la ville était grand du XVII° au début du XX° siècle. La ville comptait plusieurs écoles et universités.
Les livres étaient achetés ou rapportés de l'Orient à l'occasion des pèlerinages à La Mecque. Certains manuscrits ont plus de sept cents ans.
Ces ouvrages traitent de sujets aussi divers que le Coran et les sciences religieuses, la grammaire, la philosophie, la poésie, l'astronomie, les sciences, la médecine.
Certains de ces ouvrages présentent une valeur historique et artistique certaine: enluminures dorées, copies d'auteur, manuscrits sur peaux de gazelle. En outre, un grand nombre de documents historiques: lettres, jugements et actes notariés différemment conservés permettent de retracer l'histoire de la cité et du monde saharien environnant. 

Les conditions de stockage sont précaires et malgré les programmes de l'UNESCO, ces manuscrits rares sont rongés par les termites, la chaleur et les moisissures.

La visite de la bibliothèque ne m’intéressait pas trop, heureusement, il y avait aussi des vieilles portes munies de serrures à clé très anciennes et très complexes. La bibliothèque est également le siège d'un petit musée, avec de vieux outils, des jeux, des ustensiles de cuisine, notamment un récipient pouvant conserver le beurre pendant 4 ans ( !),. Trop peu pour moi…

Dans la soirée, se produisit un petit événement rigolo. Nous étions entrain de plaisanter comme d’habitude sur nos possibilités d’obtenir une bière. Le personnel était très gentil et plaisantait toujours avec nous. L’un des serveurs me proposa une bière si je lui payais un coca. Ce qui fut dit fut fait, je lui offrais son coca et il revint avec une bouteille de Champagne ouverte où il restait un quart de champagne éventé mais buvable….. Nous avons bien ri.