D’après mon auteur préféré (S.P), il existerait pour la femme un "crime" de plus que pour l’homme, C’est la coquetterie.



La coquetterie de l’homme n’est qu’un ridicule, c’est la fatuité. Telle femme n’a de bonté que pour s’en donner la grâce. La coquette se plaît à faire d’une joie une douleur et même d’une douleur une joie, car ce qui lui importe c’est dispenser à son gré l’une et l’autre.



Une coquette n’avancera rien qu’elle ne puisse retirer ; elle ruine d’un mot la situation qui s’emblait la mieux établie ; elle autorise l’audace et tout à coup s’en étonne avec une audace plus grande encore. Une femme parfaitement indifférente déconcerte et paralyse la galanterie ; une coquette ne paraît donc jamais indifférente. Mais quel sentiment joue-t-elle ?



Un sentiment qui de sa nature doit rester indéfinissable, car s’il était amour, ce serait un aveu ; s’il était amitié, l’appât serait insuffisant ; s’il était compassion, il blesserait ; or il faut qu’il attire indéfiniment. On pourrait dire que le sentiment qu’elle laisse entrevoir n’est que l’amour possible.



L’art de la coquette consiste à ne rien permettre en laissant croire tout possible.
La coquetterie est un hommage et une insulte à la pudeur ; c’est un jeu de cache-cache derrière le voile de la pudeur, c’est un manége redoutable, c’est un badinage avec la feuille de la vigne.



Une coquette ne se paie point de compliment, elle n’y sent que de l’esprit ; mais un mot du cœur l’intéresse, elle y trouve de quoi faire souffrir.
Toute femme connaît admirablement ses ressources pour plaire ; elle sait produire dans le monde tout l’effet dont elle est capable, effet de beauté, de grâce, d’esprit, d’indulgence et même de simplicité.



Le chef-d’œuvre de la coquette c’est de produire un grand effet de simplicité. Il existe cette différence entre la coquette et la femme galante, que la première en veut au cœur et la seconde aux lèvres