La modestie d'un auteur, c'est la peau mince et tendue d'une outre pleine de vent.

Comme un petit coup d'épingle fait crever cela!

La modestie est la timidité de l'orgueil. Dès qu'on a conscience de sa modestie, on la perd.

La fausse modestie consiste à se mettre sur le même rang que les autres pour mieux montrer qu'on les dépasse.

La vraie modestie consiste à se placer bien juste à son rang de taille, car c'est là qu'on s'efface le mieux: derrière les grands on s'étonne, on demande justice; derrière les petits on détonne, on se rehausse.

Les formes de la modestie ont parfois une douceur adulatrice qui en fait suspecter la sincérité.

La générosité d'un homme, d'une femme, se mesure, non pas à ce qu'ils donnent..., mais au prix qu'ils y attachent; c'est pourquoi les libéralités d'un prodigue ne sont que méritoires.

C'est reprocher ce qu'on donne que d'exiger un retour (merci). C'est vendre.

Voir, c'est avoir, dit le poéte. -- Pauvre fou, répond l'homme positif, ce que j'ai, je peux le vendre... et je bénéficie.

S.P