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February 5, 2008

Antho perso 6 : Henri Pichette : La Chambre

 

 

La chambre était haute et profonde

l 'horloge respirait entre les chandeliers

minuit par le miroir glissa comme une loutre

et du jardin venus les génies de la brise réveillèrent

                                dans la chaise la conscience du merisier

 

 

rappelle-toi

tu dansais pour moi

     dans l 'agrément du gazouillis des rondes

                une soeur à chaque main

      le cornemuseux historiait nos enfances

 

 

tu marchais en sabots sur un ciel

                                        constellé de marguerites naines

    un chiffon de soie comme un fin nuage à ton cou

 

 

quelquefois

levant le bras tenant une rose de France

altesse toute droite au milieu de tes demoiselles

                                                qui faisaient révérence

tu souriais à un arbre choisi sur l' horizon

 

 

souviens-toi

quand la porte s' ouvrit au plus jour de mai

une épée de lumière fendit ta robe

ô splendide pudeur l' instant d' une statue

poussée par le désir tu avanças légère

         sous les ombres losangées de la treille

tu éclairas ton épaule au lilas blanc de la tonnelle

et tu passas dans les méandres de mon sang

                                         tel un frisson reptile

 

 

souviens-toi

 

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February 25, 2008

Antho perso 7 : Jean Grosjean

 

 

 

La lune oblongue
 
 
 
Le soir vient de guingois comme un volet
qui bat sur un seul gond. Les hortensias
font un bruit de papier puisque les froisse
ce bruit de char qu’ en passant font les heures.
 
L’ oiseau du jour se tait dans les ténèbres
mais les lampions de la maison vacillent
en souvenir des haies de chèvrefeuilles
qu’ ont tout le jour émues les vents frôleurs.
 
Sommeil qui mets tes deux mains sur mon front,
remporte au moins tes visions sans substance
que je voie se lever la lune oblongue
déjà prête à guetter le point du jour.
 
 
 
 
 
in Les Parvis, Gallimard

 

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