La lune oblongue
 
 
 
Le soir vient de guingois comme un volet
qui bat sur un seul gond. Les hortensias
font un bruit de papier puisque les froisse
ce bruit de char qu’ en passant font les heures.
 
L’ oiseau du jour se tait dans les ténèbres
mais les lampions de la maison vacillent
en souvenir des haies de chèvrefeuilles
qu’ ont tout le jour émues les vents frôleurs.
 
Sommeil qui mets tes deux mains sur mon front,
remporte au moins tes visions sans substance
que je voie se lever la lune oblongue
déjà prête à guetter le point du jour.
 
 
 
 
 
in Les Parvis, Gallimard